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 Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]

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MessageSujet: Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]   Sam 7 Avr - 16:04           
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Son panier se balançait de haut en bas selon un rythme bien entretenu. Il était recouvert d'un linge tâché sur les bord par de la terre, un peu de sang aussi puisqu'elle avait retrouvé un peu plus tôt un lapin qui s'était prit dans le collet qu'elle avait posé la veille au milieu des herbes. L'immensité de la plaine s'étendait devant elle, son spectacle toujours plus agréable de minute en minute, alors que le vent insufflait un parfum de liberté aux environs.
Il était quatre heures, et elle devait se hâter, car le maître n'apréciait pas du tout qu'elle arrive en retard, d'autant plus maintenant qu'elle le soupçonnait d'avoir appris pour sa félonie. Elle s'était engagée dans la rébellion quelques semaines plus tôt, et avait depuis était chargée de stopper un convoi chargé de gagné Kerdéreth en passant par les plaines. Il venait du Reflet seul savait où, quelque part dans l'horizon, là où personne n'avait les moyens d'aller jeter un oeil inquisiteur dans le royaume de l'Ombre.
Un sourire malicieux, presque rieur, de ceux qu'ont les personnes qui sont contente de leur petit coup en douce, s'étira sur les lèvres de la démone qui gambadait toujours. Elle chantonnait à voix basse une chanson mi-paillarde mi-révolutionnaire en fixant le trait fin quasi indiscernable qui marquait la fin du Continent Inférieur pour rejoindre le ciel. Elle passa devant la tour de réunion par un sentier de terre. Ses murs décrépis lui apportèrent quelques secondes d'ombre avant qu'elle ne la dépasse. Elle s'était mise à siffloter.
Au nord, les gigantesques murs sur lesquels s'ouvraient les Portes Closes barraient le regard. Et au-dessus des plaines rocheuses indiscernables depuis la position de la démone, le Continent Supérieur jetait son ombre imposante. Elle observa quelques secondes, sans s'arrêter, un morceaux de roche énorme qui se détachait du plafond que formait le Continent Supérieur. Il chut à une rapidité effrayante avant de se fracasser avec grand bruit sur le sol de pierres. Les sifflements furent très courtement interrompus avant de reprendre, imperturbables.

Le chemin partait en zigzag au milieux des hautes herbes du Champ de Bataille. Quelques insectes faisaient du bruit dans les environs mais cela mis à part, seule la démone venait troubler le silence. Ses cheveux gris argent accrochaient les rayons du soleil et les renvoyaient brillamment, jouaient avec eux, comme pour les surpasser dans leur lumière. Le sourire n'avait pas quitté le visage de la démone lorsqu'elle quitta soudain le sentier en sautillant dans les herbes, d'un pas guilleret.
Le ciel et les nuages en écran de fond, elle se guida à travers les herbes parfois plus hautes qu'elle. Au milieu de ces mêmes herbes, le sang avait déjà coulé, de nombreuses guerres s'étaient déjà déroulées, pour aboutir à un statu quo relatif entre les trois pays du Continent Supérieur. Le sang des victimes nourrissait encore cette terre que la rebelle foulait en sifflottant. Elle traversa encore les herbes plusieurs minutes avant de retrouver une piste. Au fil de ses pas, la plaine se fit ensuite plus rase, alors qu'elle s'éloignait de plus en plus de l'ombre du Continent Supérieur. La chaleur allait crescendo mais ne l'atteignait pas, malgré sa robe noire et son tablier. Alors qu'elle faisait route ainsi, un petit animal à fourrure blanche déboula sur le chemin. Elle s'arrêta un court instant. L'animal huma le sol en quête de quelque-chose puis leva la tête vers elle. Les deux êtres s'observèrent rapidement, puis la petite bête prit la fuite vers le sud-est. Le furet disparut bientôt dans les herbes.

La démone reprit son incessant chemin, mais cette fois, elle avait enfin trouvé une piste intéressante. En chantant de nouveau, elle quitta le sentier une fois de plus.

Elle court, elle court Dextrae,
Mais moi je l'attrapperai.
Elle court, elle court la Gardienne,
Mais moi je bris'rai mes chaînes.
Elle entonna le couplet avec entrain en se dirigeant dans le sens contraire qu'avait pris la bestiole. Le furet avait détalé. Pas sans raison. Elle entendait déjà les bruits de chariots qu'on devait tirer sur une route pavée. Voilà ce qu'Oliana cherchait.

Elle cessa de chanter après quelques mètres et ce fit plus discrète. Arrivée à seulement quelques pas de la piste, elle se cacha derrière une pierre bienvenue, et utilisa son poste d'observation pour détailler ce qu'elle était venue chercher. Un convoi circulait bien sur la route. Le sourire d'Oliana s'étira. Il y avait trois courtes caravanes tirées par des boeufs. Un éclaireur faisait des allers-retours dans les herbes, bien loin d'elle en tout cas. Deux soldats à cheval et en armure précédaient le convoi, deux autres le suivait. Celui qu'elle supposa être le maître caravanier marchait à côté de la première caravane, et encourageait ses bêtes.
Oliana n'eut pas besoin de réfléchir, son esprit tordu avait déjà préparé un plan. Tout ce qu'elle avait à faire c'était d'aller plus vite de le convoi, et de poursuivre sur la route sur un demi kilomètre. Le tout à présent était de contourner le convoi.



Dernière édition par Oliana Mésyrhis le Lun 9 Avr - 13:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]   Sam 7 Avr - 22:58           
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[HRP: Il court, il court le furet... HemHem... C'est une chanson des Auberges de Vendée ça, non ?]

L'horizon. La limite floue entre la terre et le ciel, frontière toujours aussi éloignée et inaccessible. Unique point de contact entre l'immensité astrale et la terre. Le vent soufflait délicatement, traçait son chemin dans les herbes hautes comme les traces de l'invisible. La végétation, triste et ancienne avait repoussé sur le terreau des cadavres amassés au fil des combats. Quelques fois il arrivait de trouver une épée, un casque datant de temps reculés et de combats achevés. Caesar sentait cette mort qui planait, l'empreinte de ces spectres éphémères partis aux cieux ou aux flammes. Le silence était comme la surface d'un lac, la douce brise dans les herbes était comme une onde qui résonnait, qui était là sans pour autant perturber la continuité de ce lac.

« On dit que les alchimistes voient le monde conique. »

C'était Lucrèce. Elle fixait le dôme du monde d'un air perplexe. Caesar la regarda, d'abord étonné puis amusé. Elle était absente, comme plongée dans les abysses de son esprit tourmenté. Sa tête fantomatique et insensible redescendit et s'orienta alors vers son frère. Elle n'attendait aucune réaction de la part de Caesar, elle aurait pu parler seule de la même façon mais la présence fournie par le Borgia lui procurait une sensation de dialogue.

« Ils forment la population laborieuse du Cap. »

Depuis les siècles passés, Caesar ne cherchait plus le sens des paroles de Lucrèce, il avait bien compris que c'était comme chercher la fin d'un paradoxe. Il s'éloigna de sa soeur, cette dernière s'envola comme une fumée emportée au loin par le vent. Il se retrouva seul. Caesar ne savait pas où elle était partie mais cela lui arrivait souvent. Il haussa légèrement les épaules et prit de la vitesse, filant au travers des herbes hautes sans pour autant les toucher, au loin, cependant de plus en plus proche, il aperçut une femme à l'apparence plutôt jeune, impression contrastée par une chevelure grise très proche du blanc. Il s'arrêta, invisible, face à elle. Ses yeux gris regardaient au travers du fantôme sans même soupçonner son existence. Elle cheminait sur le sentier à peine décelable entre la pâle végétation.

« Elle court, elle court Dextrae,
Mais moi je l'attrapperai.
Elle court, elle court la Gardienne,
Mais moi je bris'rai mes chaînes.
»

Elle continua ainsi à clamer un chant révolutionnaire. Puis, elle finit par taire sa douce et patriotique contine pour centrer son attention sur une suite de trois caravanes un peu plus loin. Escortées par quatre cavaliers en armure resplendissante, montant fièrement leurs destriers. Le fantôme retint un petit rire, tout cet équipement coloré et brillant du grand chevalier que portaient les quatre soldats ne servait qu'à se faire tuer de loin. La silhouette de Caesar commença soudain à se dessiner à côté de l'inconnue, imittant de façon exacte la posture de cette dernière. À quelques centimètres du sol, d'abord un buste apparut puis le corps et les membres prirent forme. Transparent, aux couleurs très atténuées, on pourrait presque douter de sa présence. Caesar fixait la caravane de la même façon que la jeune femme, avec des yeux de prédateur, cette imitation paraîtrait presque comique ou caricaturale. Sans la regarder, toujours dans la même position qu'elle, il murmura avec un sourire :

« Bien belle journée pour cueillir des fleurs... »

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MessageSujet: Re: Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]   Lun 9 Avr - 13:12           
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[Hrp : Peut-être, je ne sais pas vraiment ^^ Le fait est que je l'avais dans la tête. Les sources d'inspiration ne se commandent pas...]

Son regard était fixé sur les deux premiers soldats. Si elle bougeait, ils la repéreraient certainement, à moins qu'ils ne soient aveugles. Elle changea ses appuis dans sa position inconfortable. Elle baissa la tête derrière le rocher qui l'abrittait et ferma les yeux, le temps de prendre pleinement le contrôle de ses moyens et de faire le vide dans son esprit. Lorsqu'elle les rouvrit quelques secondes plus tard, elle était fin prête. Elle eut un rictus moqueur en songeant à quel point il était facile de mettre cette mission en oeuvre... Cela apprendrait à la Dextrae à surveiller ses arrières. Cela lui apprendrait que dans l'obscurité factice de la masse désorganisée du peuple, il y avait toujours des gens qui étaient là pour la contrer. Et cela lui apprendrait également que ces mêmes gens étaient prêts à renverser le pouvoir en place.

Une herbe lui chatouilla le visage et elle l'écarta d'un revers de main. Son attention focalisée sur le convoi, elle s'apprêtait à déguerpir lorsqu'une voix s'éleva à ses côtés :

Bien belle journée pour cueillir des fleurs...
Oliana tourna la tête vers la source de la voix, tout élan abandonné, les sourcils froncés. Une silhouette presque transparente se tenait à quelques centimètres d'elle, dans la même position. La démone eut un mouvement de recul qui faillit la faire basculer au sol, la rendant visible de la caravane. Une main sur la pierre, elle avait néanmoins trouvé une prise solide. Sa courte surprise passée et désireuse de ne pas se faire remarquer, elle détailla ce nouveau personnage qui faisait à présent parti du décors, intriguée. Oliana ne doutait pas qu'il se soit matérialisé là, bien qu'elle n'ait jamais aperçu d'esprit ou d'âme errante. Il devait s'être rendu visible il y a quelques secondes à peine, pour qu'elle ne l'ait pas vu. Son regard erra plus particulièrement sur son sourire, qu'elle aurait volontiers qualifié d'indéchiffrable.

Le maître ou Nays, eux, auraient certainement su comment se comporter devant une telle apparition. Mais Oliana ne savait rien de cette race du Continent Double sur laquelle on contait pourtant de nombreuses légendes. Partagée entre son envis de poursuivre sa mission le plus rapidement possible et la curiosité naturelle qu'il l'animait soudain envers l'inconnu, elle se tourna enfin vers lui. Ses paroles éveillèrent alors en elle un écho singulier. Elle ne ramassait pas de fleurs ! Pourquoi croyait-il qu'elle ramassait des fleurs ? Avait-elle l'air d'une enfant gambadant dans les près ?

Qu'est-ce qui vous fait dire que je cueille des fleurs ?, lança-t-elle dans un murmure quelque peu irrité.
Elle se reprit vite, oubliant tout aussi brusquement qu'elle l'avait ressenti la vexation d'être prise pour une enfant. Le convoi continuait sa route dans un grand bruit de roues et de sabots sur les pavés. Au loin, l'éclaireur s'est rapproché. Cet état des lieux permis à Oliana de prendre une décision sur la conduite à suivre. Elle ne pouvait pas laisser le convoi trop s'éloigner ou sa chance de le coincer serait mince, mais elle disposait tout de même de quelques secondes devant elle. Elle aurait aimé mettre sa rencontre à profit pour augmenter ses connaissances sur le personnage qui se trouvait à ses côtés, ainsi que sur sa race en elle-même. Oliana fouilla dans ses pensées. On a jamais de réponse sans question, voilà un principe que la démone savait mettre en application. Au bout d'une ou deux secondes seulement, elle parvint à trouver qu'est-ce qui serait pour elle le mieux de demander, avant toute chose.

Qu'est-ce qui vous amène ici, Monsieur ?

Un nuage entrava la course des rayons du soleil. Oliana leva les yeux vers le ciel. L'heure, elle avait oublié l'heure. La masse cotonneuse passée, la démone se rendit compte que le temps avait bien avancé. Trop occupée à ses activités, elle n'y avait pas trop prêté attention. Elle chassa cette pensée. Le maître pourrait bien attendre un peu... et puis tout indiquait que Nays lui avait rendu visite après qu'elle soit rentrée de voyage et qu'ils devaient se trouver ensemble à la propriété alors... le maître ne prêterait pas attention à un léger retard.
Une moue perplexe sur le visage, son regard se tourna vers l'inconnu. Sa curiosité faisait surface morceau par morceau, et un fleuve de question naissait chaque seconde dans sa tête. Elle en avait des tas à poser, mais elle avait appris qu'il fallait toujours attendre que l'on réponde à la première interrogation posée avant d'en prononcer d'autres, question de politesse élémentaire. La politesse... quelque-chose qu'Oliana trouvait parfaitement inutile mais qu'elle s'appliquait à mettre en oeuvre. Le maître était particulièrement intransigeant là-dessus. La démone retint un soupir. Le maître, le maître, toujours le maître... Si seulement il pouvait la laisser tranquille ! Il avait bonne mine avec ses règles, et son éthique, et tout le reste. Lui il était noble, elle était sa domestique. Qu'est-ce qu'elle en avait à faire elle, de ce que les bonnes manières préconisaient ? Elle retint un second soupir. Oui, le monde était tellement injuste. Aussi bien la cuisine, le ménage et les courses que les règles d'éthiques, tout lui tombait toujours dessus.

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MessageSujet: Re: Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]   Lun 9 Avr - 16:17           
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La jeune femme eut ce qui semblait bien être un sursaut. La bouche de Caesar s'étira en un sourire. Satisfait de l'effet provoqué par sa venue. Il se pencha encore un peu plus pour bien se cacher derrière le rocher, plus pour imiter l'inconnue que pour passer inaperçu, après tout, il s'en fichait de cette caravane et de l'éclaireur qui veillait à éviter les embuscades et filatures sur le chemin. Il était là, il repartirait, simplement de passage il ne risquait rien.

« -Qu'est-ce qui vous fait dire que je cueille des fleurs ? »

Elle ne semblait pas avoir apprécié la remarque du fantôme. Cependant elle se reprit assez vite, elle semblait côtoyer couramment les bonnes manières sans pour autant les adopter totalement. Caesar ne répondit pas immédiatement, au contraire il attendit, il savait que l'inconnue voulait continuer à parler. Il l'observa avec des yeux grands ouverts et un sourire enfantin, comme un bambin attendant un conte de fées. Après quelques secondes, elle continua :

« - Qu'est-ce qui vous amène ici, Monsieur ? »

Le Borgia ferma les yeux, bailla et s'étendit dans l'herbe. Le visage malicieux de ce dernier prit des courbes d'un étonnement exagéré, presque théâtral.

« - Oh mais vous ne cueillez pas de fleurs ! D'ailleurs, où voyez vous des fleurs ? Il n'y a pas de fleurs ici ! Quelle curieuse idée que voilà ! »

« - Monsieur, Messire, moi c'est Cæsaaaar... Accompagné de la si fine appellation familiale. Borgia.. »

Il avait dit cette dernière phrase avec un ton sarcastique bien marqué. Remarquant l'attitude de son interlocutrice ainsi que son coup d'oeil vers la position du soleil, il toussota puis dit d'un air faussement courroucé et indigné :

« Je ne vous retiens point ! Inconnue... Qui êtes vous, que faites vous dans ma vie ? Oh ne le prenez pas mal car je ne vous demande point d'en sortir ! Donc vous cherchez à stopper cette caravane qui semble aller en direction de l'Ouest, vous êtes une rebelle, révoltée, indignée demandant l'insurrection du peuple, pensant simplement et naïvement qu'une personne peut faire la différence ? En empêchant les caravanes d'entrer en Kerdéreth, c'est à la populace que vous faites du mal car la reine, elle, elle y survira. Cherchez plutôt à gagner votre vie et à emménager en Equalza, ainsi vous pourrez oublier la méchante majesté. »

Il avait dit cela plutôt rapidement, à tel point qu'il dut reprendre son souffle. Il eut un petit rire puis son image se concrétisa, devenant de moins en moins transparent jusqu’à devenir simplement translucide.


[HRP: Les curés sont souvent source d'inspiration... ]

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MessageSujet: Re: Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]   Jeu 12 Avr - 13:47           
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Il s'appelait Caesar Borgia et se fichait d'elle sans prendre la peine de le masquer. Oliana afficha un air outré. Qui avait parlé de fleurs en premier ? Ce n'était pas elle aux dernières nouvelles ! Enfin, au moins il s'était présenté... Ses commentaires quant à la rébellion, eux, lui donnèrent plutôt à réfléchir. Il n'avait pas tout à fait tort quand il disait que si elle arrêtait le convoi elle nuirait plus au peuple qu'à la reine. Enfin en théorie il lui était de toute façon impossible de nuire à la Dextrae, à moins de se rendre à son palais et de lui faire la peau. Mais Oliana n'en était pas là. Elle n'avait jamais tué personne, ne comptait pas le faire prochainement d'ailleurs, et une mission de la plus haute importance – hem – lui avait été remise, à savoir arrêter ces caravanes. Que pouvait-elle donc faire maintenant ? Ou plutôt que devait-elle faire, pour servir les intérêts qui lui paraissaient justes ? La justice était tellement abstraite... Renfrognée à l'idée de ne pas pouvoir trouver de solution au problème qu'on lui posait, Oliana se laissa tomber par terre. La position était confortable...
Mais le fantôme avait également parlé d'économiser et de partir en Equalza. Cela posait encore plus de problèmes dans la petite tête surchargée de la démone. Elle gagnait de l'argent et n'en dépensait que très peu. Elle pouvait économiser. Elle qui pestait tout le temps contre le maître, elle n'aurait qu'à se mettre en place une petite vie tranquille, dans le pays toujours rose de Lynn Eleskan. En fait, sans le fantôme, l'idée ne l'aurait même pas effleurée. Malgré tout ce qu'elle pouvait bien dire elle se sentait liée au domaine Mésyrhis et à son maître par un lien qui dépassait l'entendement. Un jour, il lui avait raconté la manière dont il l'avait trouvée. Il lui avait sauvé la vie, et depuis il l'avait acceptée sous son toit. Elle aurait été à sa place, elle se serait déjà mis à la porte depuis longtemps...


Je m'appelle Oliana Mésyrhis, apprit-elle au fantôme qui l'avait nommée « l'iconnue », ou plutôt on m'appelle ainsi car je ne connais pas mon vrai nom. Je suis ravie de faire votre connaissance Messire Caesar Borgia. Même si vous me faîtes tourner en bourrique, vous m'avez tout l'air d'être une compagnie agréable. Et vos remarques sont judicieuses et frappent juste à ce qu'il apparaît. Je fais partie de la rébellion et on m'a chargé de tout mettre en oeuvre pour que ces caravanes n'arrivent pas à bon port... je ne sais même pas ce qu'elles transportent. Et puis vous savez... je ne peux pas partir pour Equalza. Je suis la domestique d'un noble... une personne importante là d'où je viens, et il a beaucoup fait pour moi. Je ne peux pas me soustraire à mon devoir envers lui. Ou alors si je le peux mais je ne suis pas sûre de le vouloir. De toute façon je ne saurais pas quoi faire à Equalza. Je ne connais personne là-bas, et puis ma seule amie habite ici, sur le Continent Inférieur.

La démone espéra d'autres conseils avisés de la part du fantôme, quoiqu'elle q'attendait aussi à quelques railleries. Elle hausse les épaules. Elle ne faisait même plus attention au convoi qui filait toujours droit sous le soleil. Et puis finalement, Oliana prit conscience qu'à trop parler d'elle, elle n'avait appris que le nom et le prénom de son interlocuteur. Elle se gratta la tête, ordonnant les nombreuses questions qu'elle avait en tête à lui poser. Elle arriva à choisir les plus pertinentes pour les prononcer à voix haute.
Mais dîtes-moi Messire Caesar, êtes-vous un esprit, ou une âme errante ? J'ai entendu quelque part qu'il existait une différence entre les deux. Et puis vous n'avez toujours pas répondu à ma première question : « que faîtes-vous ici ? ». Je veux bien que ma présence vous ait distrait et je m'en excuse mais elle ne doit pas être la raison de votre venue en ce lieu.
Un tour d'horizon lui confirma rapidement ce qu'elle savait déjà, il n'y avait pas grand chose à voir dans cette partie des plaines. Elle jeta un oeil interloqué au fantôme. Elle lui trouvait un air sombre ou bien malicieux par intermittence. Elle ne savait pas grand chose de lui mis à part qu'il s'appelait Borgia et ce nom ne lui disait fichtrement rien. Vu le personnage elle avait un doute concernant à une éventuelle appartenance à la bourgeoisie ou à la noblesse. Ignorant si c'était un esprit ou une âme errante elle ne pouvait émettre que des spéculations sur une vrai « vie » à un moment donné pour le fantôme. En même temps, son maître – dont le cercle de connaissances était relativement vaste – ne fréquentant aucun Borgia, cette vie si elle avait eu lieu devait être lointaine.
Qu'est-ce que Caesar Borgia pouvait bien trouver à faire ici ?

* Trop curieuse *, se morigéna la démone.
À moins qu'il n'ait aucun but concret pour se trouver ici. Peut-être errait-il au hasard sur le Continent Double. Une vie éternelle devait parfois paraître longue...

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MessageSujet: Re: Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]   Sam 14 Avr - 10:32           
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La jeune inconnue se décida à se laisser tomber au sol aux côtés du fantôme, sur l'herbe jaunie par le temps. Une bourrasque de vent vint troubler le silence étrange de l'antique et délaissé champ de bataille. Quelques secondes passèrent, Caesar regarda alors fixement et patiemment la jeune femme jusqu’à ce qu'elle réponde :

« Je m'appelle Oliana Mésyrhis, ou plutôt on m'appelle ainsi car je ne connais pas mon vrai nom. Je suis ravie de faire votre connaissance Messire Caesar Borgia. Même si vous me faîtes tourner en bourrique, vous m'avez tout l'air d'être une compagnie agréable. Et vos remarques sont judicieuses et frappent juste à ce qu'il apparaît. Je fais partie de la rébellion et on m'a chargé de tout mettre en oeuvre pour que ces caravanes n'arrivent pas à bon port... je ne sais même pas ce qu'elles transportent. Et puis vous savez... je ne peux pas partir pour Equalza. Je suis la domestique d'un noble... une personne importante là d'où je viens, et il a beaucoup fait pour moi. Je ne peux pas me soustraire à mon devoir envers lui. Ou alors si je le peux mais je ne suis pas sûre de le vouloir. De toute façon je ne saurais pas quoi faire à Equalza. Je ne connais personne là-bas, et puis ma seule amie habite ici, sur le Continent Inférieur. »

Les yeux du fantôme étincelèrent, Oliana Mésyrhis, une domestique au service d'un noble. Des bribes de souvenirs firent irruption dans les pensées de l'esprit. Plus de sept-cent ans plus tôt, les domestiques de la famille Borgia étaient soumis à un semblant d'esclavage. Il se releva à moitié, il éprouva soudain une certaine sympathie pour Oliana. Il tourna le buste pour voir la caravane, sur la longue piste qui, peu à peu s’éloignait, ils n'entendaient déjà plus le bruit des sabots des chevaux. Il fronça les sourcils puis s'apprêta à envisager une réponse lorsque la jeune domestique reprit la parole :

« Mais dîtes-moi Messire Caesar, êtes-vous un esprit, ou une âme errante ? J'ai entendu quelque part qu'il existait une différence entre les deux. Et puis vous n'avez toujours pas répondu à ma première question : « que faîtes-vous ici ? ». Je veux bien que ma présence vous ait distrait et je m'en excuse mais elle ne doit pas être la raison de votre venue en ce lieu. »

L'élite en baisse qu'était la noblesse ne signifiait plus grand chose, du moins, par rapport aux époques passées. Caesar soupira, de fins nuages vinrent obstruer progressivement le puissant astre incandescent, assombrissant ainsi les grandes plaines du champ de bataille.

« À l'identique du monde entier, vous êtes toujours rattachée a un lieu par des ancres qui, secrètement, vous retiennent prisonnière. Et il faut bien des années pour s'en détacher. S'il y est quelqu'un pour vous faire tourner en bourrique, c'est bien vous-même, me trompè-je ? Vous vous forcez à être incapable de quitter ce qui vous torture. Même si le terme torture est sensiblement exagéré, je pense qu'il est cependant juste. Je suis un Esprit. J'ai vécu, j'ai foulé la vie mais, à mon plus grand désarroi, j'ai été plongé dans un déshonneur qui dépasse ce que quiconque peut imaginer. »

En effet, plutôt que de devoir se repentir de ses fautes, de cesser de répandre la cruauté, il eut préféré se condamner à une éternité maudite à errer sur terre. Il resta quelques secondes en silence avant de reprendre :

« Jamais je n'ai vu l'au-delà, la mort ne m'a même pas regardé, je ne méritais point de voir son visage, elle m'a laissé ici, jetant mon corps en pâture aux insectes et enfermant mon esprit chez les vivants. Je suis ici depuis des centaines d'années. Dans 199 années je fêterai, seul, mon millénaire. Vous pensez que cela me réjouit ? L'immortalité est bien plus terrible que vous ne l'imaginez. Je suis venu ici, car c'est un lieu où je me suis fait bien des amis, malheureusement éphémères. J'ai vu bien des combats, les esprits des défunts accueillis par la mort dont j'évitais le regard, empli de honte. Ce que je fais ici c'est errer, patienter, attendre désespérément le jour où les choses basculeront. J'observe le livre de l'histoire des terres suspendues qui s'écrit. Quelques fois, une nouvelle page se forme. J'attends ces moments car ils sont ma seule distraction. Bientôt, dans un jour, un an, une décennie, un nouveau chapitre naîtra, ça se sent, ça se voit et ça se comprend. Le futur est un brouillon qui est fait pour être changé, et vous, les vivants êtes tous les protagonistes de ces évènements qui ne sont que des péripéties pour l'âme du monde. Moi, je suis le spectateur. voilà donc ce qui fait ma présence en ce lieu : Je voyage en attendant que l'Âme du monde se mette en mouvement. »


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MessageSujet: Re: Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]   Mar 17 Avr - 13:33           
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Oliana écouta avec une attention passionnée. Écouter la prose de Caesar Borgia raisonnait dans sa tête comme la lecture de l'un de ces vieux chapitres de cuir que le maître gardait dans sa bibliothèque et qu'elle feuilletait avec délice, car ils lui donnaient accès à toutes ces réflexions que d'autres âmes mènent ailleurs, dans un quelque part inconnu, avec leur propre histoire. Ce qui avait toujours fasciné Oliana dans ces lignes, c'était l'attention de l'auteur ; c'était de capter, au détour d'une phrase, et sous la tenture que formait des procédés d'écriture dont elle n'avait aucune connaissance, toute la pureté de la pensée de l'écrivain. Il lui était arrivé très peu souvent de ressentir cette même fascination, sauf peut-être quelque fois lorsqu'elle écoutait à la porte du maître et qu'il s'adressait à l'une de ces Grandes Personnes qui détenaient parfois quelques talents d'orateurs. En ce jour toutefois, c'était vraiment différent. Tout l'intérêt qu'elle avait bien pu porter aux livres était là, à nouveau avec elle, pour écouter quelqu'un parler. Elle trouva une grande tristesse dans les paroles de Caesar Borgia, ainsi que cette perspicacité qu'elle lui avait déjà décelé précédemment. Il semblait receler un grand savoir que seule pouvait apporter une longue vie – ou une longue mort. C'était plutôt une grande expérience, qu'il lui semblait percevoir et pénétrer en elle, quelque-chose de transcendant...

La tête penchée dans son expression la plus concentrée, la démone se laissait bercer par la rumeur des paroles et la caresse du vent. Elle nota entre deux pensées que son interlocuteur s'était fait plus consistant. Lorsqu'il se tut, elle se sentit autrement plus apaisée qu'à tout autre moment de son existence. S'ils avaient été là, le maître et Nays auraient trouvé moyen de proférer quelques remarques à ce sujet. S'il l'avait connue, Caesar se serait posé des questions. Oliana remua par terre. Le discours avait laissé la place au silence. Ce ne fut qu'alors que la démone prit conscience que les bruits des roues des caravanes avaient déserté la zone. Elle se redressa pour jeter un oeil. Elles n'étaient plus visibles que difficilement derrière les herbes hautes, loin sur le chemin. Oliana se mordit la lèvre inférieure. Elle avait eu pour mission d'arrêter ce convoi... Dans sa tête, de nombreux éléments se mirent en place, organisant une concordance qui semblait avoir valeur de loi : ne pas obéir à la reine valait la punition, ne pas accomplir son rôle après engagement dans la rébellion valait la punition. De tout côté, elle allait être puni. C'était comme ça.
Ses yeux d'argent se portèrent à nouveau sur l'Esprit devant elle. Il n'avait pas été là et brusquement il était apparu. Ce moment qu'elle passait avec lui ne vaudrait que quelques minutes dans sa vie. Dans l'existence de Caesar Borgia, cela équivaudrait à des poussières. Tous deux s'étaient croisés, ils repartiraient. Ce moment existait sans être réellement. Elle comprit ce dont parlait le fantôme. Elle comprit la longue éternité qui l'attendait, et l'éphémère de l'instant.


Je me trompe peut-être moi-même. Je suis peut-être prisonnière. Mais chacun n'est-il pas prisonnier à sa façon. Nous sommes tous l'esclave de nos conditions. Vous par exemple. Je pourrais vous demander pourquoi vous ne cherchez pas à retrouver un semblant de vie normale si l'immortalité est si longue. Je ne sais pas ce que vous désirez mais le fait est que, le vouliez-vous ou non, vous êtes retenu par votre condition d'esprit. Ma condition à moi est d'être domestique, et dévouée à la rébellion. Quoique je fasse je serai toujours attirée par Kerdéreth car je chercherais toujours àpoursuivre la révolte, jusqu'à ce qu'Alidane Dextrae pende au bout d'une corde ou que j'y pende moi-même, et je ne saurais comment me débrouiller ailleurs, loin du maître. C'est un facteur que je ne peux que prendre en compte. Je me sais attachée mais je ne peut rien y faire...
C'est comparable à la description que vous donnez de la marche du monde. L'histoire s'écrit. Je pense que nous sommes tout bonnement impuissants dans cette écriture. Elle nous dépasse. Le temps passe et apporte de nouveaux événements avec lui. Ils ne sont qu'un point dans votre existence ou dans celle de ce monde, mais ils sont définis. Seuls certains d'entre eux seront capitaux. Vous aurez sans doute la chance de les voir. Moi sûrement pas. Et puis ma petite vie n'intéresse sûrement pas la Grande Histoire de ces terres... Que je reste ou pas auprès de mon maître n'aura aucune influence sur elle, mon histoire non plus. Je resterai prisonnière de ma condition. Voilà tout.


Oliana se sentit soudain vidée de tout sentiment, comme si elle venait d'être essorée. Elle tenta d'établir une vue d'ensemble de ce qu'elle avait dit mais se trouva dans l'incapacité de définir quelque-chose de clair. Elle rit soudain. Elle se sentait lavée. Tous les tracas complètement minimes qu'elle avait eu en arrivant ici s'étaient évaporés, ils n'entraient plus dans sa ligne de considération. Seuls restaient les mots qui s'épanouissaient en ce lieu. Caesar devait certainement se demander quelle raison avait motivé son accès de rire. Elle bascula en avant pour se rapprocher de lui.
Je crois que je n'ai jamais tenu un discours semblable. Après coup, il me paraîtrait même peu clair. J'espère ne pas vous avoir embrouillé avec mes réflexions. Force m'est de constater que vous possédez un bien plus grand savoir que moi. Mes paroles doivent vous paraître un peu ridicules...
Oliana n'avait jamais accordé son respect à la légère. Il ne lui semblait pas d'ailleurs qu'elle ne l'ait jamais accordé à personne, sauf peut-être contre son gré à Nays et au maître. Mais elle réalisa tout à coup qu'elle portait, après quelques minutes à peine, Caesar en haute estime. Elle lui décocha un sourire.
Et quand pensez-vous que l'Âme du monde va se mettre en mouvement ? Vous avez dû en voir des choses avec toutes ces années, vous devez bien avoir une petite prévision. Et que pensez-vous des années qui se préparent ? Pensez-vous que la situation du monde pourrait s'améliorer ?

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MessageSujet: Re: Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]   Dim 1 Juil - 20:30           
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Caesar eut un sourire, après son long monologue, il fixa fermement son regard sur Oliana. Attentif au moindre geste, tressaillement et soubresaut. Après un silence empli de réfléctions, au plus grand plaisir du fantôme, la demoiselle Mésyrhis répondit.


« Je me trompe peut-être moi-même. Je suis peut-être prisonnière. Mais chacun n'est-il pas prisonnier à sa façon. Nous sommes tous l'esclave de nos conditions. Vous par exemple. Je pourrais vous demander pourquoi vous ne cherchez pas à retrouver un semblant de vie normale si l'immortalité est si longue. Je ne sais pas ce que vous désirez mais le fait est que, le vouliez-vous ou non, vous êtes retenu par votre condition d'esprit. Ma condition à moi est d'être domestique, et dévouée à la rébellion. Quoique je fasse je serai toujours attirée par Kerdéreth car je chercherais toujours àpoursuivre la révolte, jusqu'à ce qu'Alidane Dextrae pende au bout d'une corde ou que j'y pende moi-même, et je ne saurais comment me débrouiller ailleurs, loin du maître. C'est un facteur que je ne peux que prendre en compte. Je me sais attachée mais je ne peut rien y faire...
C'est comparable à la description que vous donnez de la marche du monde. L'histoire s'écrit. Je pense que nous sommes tout bonnement impuissants dans cette écriture. Elle nous dépasse. Le temps passe et apporte de nouveaux événements avec lui. Ils ne sont qu'un point dans votre existence ou dans celle de ce monde, mais ils sont définis. Seuls certains d'entre eux seront capitaux. Vous aurez sans doute la chance de les voir. Moi sûrement pas. Et puis ma petite vie n'intéresse sûrement pas la Grande Histoire de ces terres... Que je reste ou pas auprès de mon maître n'aura aucune influence sur elle, mon histoire non plus. Je resterai prisonnière de ma condition. Voilà tout.
»

Le Borgia fut d'abord surpris puis enchanté par la qualité de la parole de la domestique. Elle aurait fait une éminente noble si elle avait vu le jour au bon endroit, mais il arrive quelques fois que le destin ait eu d'autres desseins, d'autres plans tous plus justifiés les uns que les autres.

« Je crois que je n'ai jamais tenu un discours semblable. Après coup, il me paraîtrait même peu clair. J'espère ne pas vous avoir embrouillé avec mes réflexions. Force m'est de constater que vous possédez un bien plus grand savoir que moi. Mes paroles doivent vous paraître un peu ridicules...
Et quand pensez-vous que l'Âme du monde va se mettre en mouvement ? Vous avez dû en voir des choses avec toutes ces années, vous devez bien avoir une petite prévision. Et que pensez-vous des années qui se préparent ? Pensez-vous que la situation du monde pourrait s'améliorer ?
»

Caesar eut un léger rire puis, dans un long mouvement s'étendit de tout son long. Il respirait lentement, observant les fins nuages vaporeux glisser tranquillement dans les cieux sans se soucier de soucis mondains. Il orienta ensuite ses yeux sur la jeune femme qui se tenait à ses côtés, peut être qu'elle allait s'offenser du temps de silence ou peut être allait elle simplement le savourer. Elle était bien plus que la jeune résistante banale que Caesar avait vu au début, elle tenait un discours admirablement énoncé. Il prenait son temps, car lorsqu'il n'y a aucune parole, cela laisse de la place à la pensée. Il se tenait là, confortablement installé dans l'herbe abîmée par le soleil, sur cette plaine qu'autrefois il avait vu en terre de sang et de larmes. Après un petit laps de temps silencieux, il tourna la tête vers le ciel et répondit :


« Vos paroles, ne me paraissent point ridicules, bien au contraire, elles m'enchantent et me font vivre, elles sont d'une qualité inestimable. Nous sommes tous prisonniers, vous autant que moi, mais vous, vous semblez être dans une certaine harmonie avec les murs qui vous retiennent, même s'ils vous déplaisent, ils vous resteront aussi proches que vos propres pensées. Un esclave peut être heureux de son sort, n'en reste il pas moins un esclave ? Cela s'applique également à vous.
En ce qui me concerne, je ne pense pas pouvoir vivre en humain comme si j’étais de chair et d'os car ce serait un travestissement, un mensonge, humain, je ne le suis plus, je ne l'ai pas été depuis ma naissance. Si vous saviez le nombre de morts, ne serait-ce que les victimes de la folie de ma soeur, les Borgia n'ont jamais été des humains, seulement des corps vides assoiffés de pouvoir.

Lorsque je vous ai dit qu'une personne ne pouvait point faire la différence c'était avant de voir ce que vous êtes vraiment, ce que vous ne montrez pas physiquement, il est possible de changer les choses, . Vous n'êtes absolument pas impuissante face à l'histoire qui s'écrit, certes le destin est pour vous si grand que les conséquences de vos actes vous sembleront minimes mais en réalité, ce sont ceux qui l'ignorent qui créent les péripéties qui forment le destin. Et, n'oubliez pas qu'il est tant d'autres histoires que celle du monde, vous pouvez tenter de changer le cours des évènements mais ce serait vain, commencez tout d'abord par tracer votre légende personnelle, celle qui vous permettra de prendre le contrôle de votre destin avant d'influencer celui du monde.
Le destin vous à fait naître asservie mais c'est à vous de décider du reste de votre légende personnelle car lors de votre mort vous ne verrez pas votre vie comme un souvenir mais plutôt comme une histoire, un conte, l'oeuvre d'un artiste. Voilà ce que j'appelle la légende personnelle.
»


« La situation de monde ne s'améliorera pas, elle ne s'est jamais améliorée. Elle changera, elle a déjà changé; mais le monde est grand et il ne faut pas se fier à l'utopie qu'est la paix. La situation s'améliorera, se dégradera différemment à chaque endroit du monde. Peut être la situation en Kerdéreth s'améliorera-t-elle, peut être empirera-t-elle mais celle du monde restera inchangée car lorsque les marrées sont hautes à Kerdereth elles sont basses autre part et vis versa. Je suis incapable de dire comment le monde évoluera car ce n'est pas moi qui le ferai changer, le temps à fait de moi un élément du paysage. »

Ayant achevé ces paroles, Caesar plissa légèrement les yeux, Oliana, cette étonnante et fascinante domestique, il se demandait d'ou pouvait venir ce charisme et cette éloquence habituellement si rare.

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MessageSujet: Re: Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]   Mar 24 Juil - 18:29           
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Les paroles finies, venait le silence. La brise caressa la joue de la domestique. Caesar s'était mis à l'aise. Elle le trouvait singulier. Qui avait-elle vu auparavant déguster le calme de cette façon ? Nays ? Elle ne pouvait pas s'empêcher de parler, le manque de parole lui était plus qu'inconfortable : pour elle, il était malsain. Le maître ? Elle ne le voyait que lorsqu'il avait quelque-chose à lui dire, ou quand elle l'espionnait entrain de dire quelque-chose à quelqu'un d'autre. Le reste du temps il travaillait, en silence certes mais son occupation faisait qu'il n'en tenait pas compte. Elle ne connaissait pas grand monde d'autre... Le constat était donc fait. Il était si particulier d'assister à cette scène, un fantôme apaisé profitant de l'instant sous les rayons du soleil. Oliana ne le lâchait pas des yeux tant elle était absorbée par cette vision.
Au bout de quelques temps d'observation, elle s'allongea au milieu des herbes, et ferma les yeux. Il y avait dans l'air une agréable odeur, celle des prairies. La démone ferma les yeux. À travers ses paupières, elle voyait des tâches de lumière, celle du soleil l'éblouissait même les paupières closes. Elle ne rouvrit les yeux que pour se saisir d'une herbe haute qu'elle coupa. Elle se rallongea et la mâchonna tranquillement. Elle savait que Caesar se remettrait à parler, ses paroles lui étaient si délectables qu'elle ne pouvait que les attendre. Elle savoura donc quelques instants lumineux, en agréable compagnie, quelques instants paisibles.

Alors qu'elle était dans cet état d'apaisement entre l'éveil et le sommeil, elle entendit le fantôme se remettre à parler. Elle releva la tête, s'installa sur les coudes, et écouta. Les compliments la firent rougir : on ne lui en faisait jamais. Elle baissa la tête l'espace de quelques secondes, avant de la relever pour fixer à nouveau Caesar. Encore une fois, sa prose fut un délice. Elle en apprit un peu plus sur lui, et si c'était possible, sur elle. Il fallait parfois des avis extérieurs pour se rendre compte de sa propre condition.
Le passage sur la légende personnelle lui plut beaucoup. Elle n'avait jamais prit ses actes en compte, pensant qu'ils n'importaient guère. Le monde se passerait bien d'elle ! Oui mais pour elle ? Elle qui était si individualiste et égocentrique, elle n'avait jamais pensé que sa vie avait son importance, car elle était son seul et unique bien. Elle imagina un peu ce que pouvait représenter sa propre légende personnelle à ce jour. Ce ne fut qu'alors qu'elle comprit qu'elle avait toujours agit pour les autres, jamais pour elle. Il était temps qu'elle envisage un point de vue différent. Il lui fallait prendre son envol, se découvrir, et écrire la suite de cette légende.
Enfin, Caesar établit un portrait des évolutions du monde. Oliana fit la grimace. Elle n'apréciait pas trop l'idée que la situation puisse changer à ce point. Elle reconnaissait toutefois que le fantôme avait raison. Par le passé déjà, le Continent Double avait connu plus d'un changement. Néanmoins elle avait espéré que le fantôme puisse lui annoncer de futurs jours de paix, de ces jours où elle saurait qu'il n'y aurait plus de reine sanguinaire, et où elle serait libre, où le peuple pourrait aller, tranquille, d'un bout à l'autre du Continent, sans avoir la crainte des bandits et des assassins.

* Ce temps-là, se dit-elle, n'est pas encore venu. *

Oliana retomba dans l'herbe. Des graines de pissenlit s'envolèrent au loin sous l'effet du mouvement. Elle les regarda partir, le temps de trouver par quel bout commencer sa réponse. Pour une fois, elle avait l'impression que lorsqu'elle parlerait, on l'écouterait vraiment.
Pauvre monde..., soupira-t-elle. Il aurait dû en être autrement pour nous. J'aurais aimé vivre en temps de paix. Je suis certaine que je m'y serais plue. J'aurai couru sans peur dans les champs. Essoufflée je me serais arrêtée au bord d'un ruisseau où j'aurais prit le temps de goûter le fluide élixir en toute quiétude.
Elle ne put que refermer les yeux le temps de visualiser la scène. La paix avait toujours été un idéal pour elle.
Ma vie est bien différente de celle qu'elle aurait été en ce cas. Peut-être la votre l'aurait-elle été aussi. Votre vie semble avoir été malheureuse... Vous savez, je vous en plains. Vous n'avez pas l'air homme à mériter cela. Vous avez peut-être commis des erreurs, des fautes, je ne sais pas. Mais à vos paroles je sens que vous souhaitez vous en repentir.
Elle fit une pause, une pensée venait d'effleurer son esprit. Elle se redressa pour regarder Caesar dans les yeux.
Messire Caesar, vous m'avez beaucoup éclairé, en seulement quelques minutes. Et je ne pense pas avoir jamais tenu telle conversation. Je me sens différente, du moment que je vous parle au moment où j'étais avant, au moment où je serai ensuite. Je vois ma vie... disons différemment. Avec un peu moins de fatalité. Vous savez en réalité, paix ou pas paix, je ne vis pas ma vraie vie, et j'en ai beaucoup souffert, j'ai m'y du temps à l'accepter. Enfin... je m'explique bien sûr parce que vous ne pouvez pas savoir. Disons... je ne suis pas née domestique, je ne sais même pas... Enfin... mon maître m'a trouvé. Je devais avoir l'âge de deux ans. J'étais... tombée du ciel, ou plutôt d'un endroit inconnu, juste devant lui. Il m'a adoptée, puis a fait de moi sa domestique. Je ne lui en veux pas, il me traite bien, et puis après tout il m'a prise en charge, mais... peut-être que si j'étais restée à l'endroit d'où je suis venue, ma vie aurait été différente. Peut-être même meilleure...

Sa voix avait pris un accent triste, ce pourquoi elle s'était arrêtée. Caesar, par ses paroles et sa présence, sans le vouloir, l'avait amenée à se confier. Très peu de personnes étaient au courant de son histoire, car elle ne la racontait jamais. Ce morceau de sa « légende personnelle », le commencement en quelque sorte, ne serait connu que de ceux qui y figureraient. Le fantôme, avec ses paroles, était entré dans une partie de sa vie qu'elle souhaitait garder dans un coin de sa mémoire, car son enseignement lui avait été bénéfique, et elle savait qu'il lui serait utile plus tard, lorsque des choix difficiles s'imposeraient à elle. Elle pourrait raisonner un instant et penser : « Le vaste monde marche sans moi, mais je marche avec le vaste monde. Ma voix compte, pour moi, et je ne dois pas l'accorder à la légère. »
Elle en était à cette réflexion quand un couinement lui fit lever la tête. À quelques pas, le furet qu'elle avait vu tout à l'heure la regardait avec ce regard attentif et farouche qu'ont tous les animaux. Elle fut surprise de le voir là. Elle esquissa un geste vers lui mais il fut le plus rapide. La petite bête s'en fut sans demander son reste. Oliana resta interloquée une bonne paire de minute.

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MessageSujet: Re: Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]   Lun 22 Avr - 9:54           
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Oliana préparait sa réponse, elle ne mit pas longtemps. Le fantôme l'écouta, calmement, attentivement. Elle était douée d'un charisme rare, un charisme spontané, natif, qui ne demandait qu'à se faire ressentir. La paix, elle en parlait avec tant d'espoir, d'envie, cela produisait un effet troublant, comme ci les beaux jours étaient soudainement devenus plus proches, plus probables. Caesar ne voulait pas tuer les espoirs d'Oliana, d'ailleurs même s'il en avait eu l'intention, il ne l'aurait pas pu. Elle n'était donc point née domestique, non, elle était née à la croisée des chemins. Quelques jours auraient tout changé, peut être aurait-ce été bien pire, ou peut être pas. Cette fois ci il n'attendit pas longtemps avant de répondre, il esquissa un sourire.

« Le sentiment de ne pas vivre sa propre vie n'est qu'une illusion car les autres vies que vous auriez pu avoir n'existent finalement pas, c'est une fatalité et elles n'auraient de toute façon pas existé. Imaginez que vous soyez née une lune plus tard, vous n'auriez point été recueillie par votre "maître", peut être vous appelleriez-vous toujours Oliana mais vous ne seriez pas la même personne, pas la même vie ni la même légende personnelle. Votre vie est caractérisée par deux aspects principaux : Votre esprit et votre passé. Votre esprit dépend du passé. Un passé différent entraîne une vie différente donc une autre personne. Si vous êtes ce que vous êtes aujourd'hui, c'est parce que votre maître vous a recueillie, ne vous occupez pas des autres personnes qui auraient pu découler de votre naissance sans suivre le même chemin car elles ne sont pas vous, ni les mêmes opinions ni le même caractère.
Votre vie peut être influencée par des choses qui pourtant vous semblent insignifiantes à l'échelle d'une existence, d'ailleurs il en est de même pour le monde, vous pensez ne point pouvoir influer sur l'histoire du monde ? Pourtant vous le faites déjà et ce n'est pas près de s'arrêter. Bien au contraire.

Concernant ce que vous disiez me concernant, que je ne semble pas mériter ce destin, que je semble mériter le pardon. Voyez vous, il est facile de se repentir 700 ans après sa mort, mais c'est trop tard. La force maléfique qui détruirait toute existence, aurait beau jeu de pleurer dans les millénaires de solitude qui suivront mais ceux qui sont en mesure d'accorder le pardon ne seront plus là. Je ne peux m'accorder le pardon à moi même, c'est illégitime. Ni moi, ni ceux qui me voient aujourd’hui sans m'avoir vu hier.
»


Durant sa longue réponse, Caesar avait remarqué un furet, fin élancé, l’œil attentif, il semblait intéressé, peut être intrigué par Oliana. Le fantôme reprit lentement son souffle, allongé sur le sol, il ne sentait que plus le sang de ceux qui autrefois avaient foulé ce sol, il entendait les cris, les cors de guerre retentissant dans la plaine. La présence de la mort sous leurs pieds commençait à envahir le fantôme. Il tenta de faire taire les échos du passé qui découlaient de ses pouvoirs d'osmo. Ferma fermement les yeux, les rouvrit. Il se redressa à moitié, jambes pliées, bras posés sur les genoux. Il fixait l'horizon, une petite forme sombre s'était dessinée au loin sur la route, encore très loin, presque indiscernable elle se rapprochait lentement. Qu'était-ce ? Une caravane, un cavalier, un convoi ?


[HRP: Ça faisait longtemps que j'avais pas répondu, vraiment désolé du temps d'attente immense... ;D]

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MessageSujet: Re: Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]   Mar 28 Mai - 15:05           
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[HRP : Comme tu le noteras au fil du RP, j'étais relativement inspirée, mais je conçois que j'ai eu beaucoup de mal à trouver une suite ^^ j'espère que celle-ci t'iras. Dans le cas contraire, fais-le moi savoir. Je suis prête à recommencer Wink Désolée de l'attente, et du probable décalage avec la trame de base, c'est mon premier RP depuis des lustres me semble-t-il x)]

Au milieu des herbes calmes, l’esprit avait soudain l’air tourmenté. Sa réponse témoignait bien d’un certain remord concernant son passé mais c’était autre chose. Elle crut lire dans ses yeux le plus funeste sort du monde et perdit le fil de la conversation. Il ferma alors les yeux avec force avant de les ouvrir. De nouveau clairs semblait-il. Mais qu’est-ce qui avait pu obscurcir ses pensées à ce point ? C’est alors qu’elle capta l’attention qui animait son corps soudainement, que rien ne semblait justifier. Elle porta son regard du côté de l’horizon et aperçut ainsi le point noir qui défilait sur la vaste ligne. Oliana se releva, le vent recouvrant sa prise sur sa silhouette jusqu’alors protégée, assise, parmi les herbes. Un souffle sec balaya ses cheveux qu’elle dut remettre en place. Ses longues mèches blanches captaient le soleil tandis que la démone contemplait l’arrivage.
Qu’est-ce donc ? Les caravanes passent à heures fixes pour le ravitaillement et celle-ci est bien en avance…
Sans en tenir plus compte que cela, la domestique chercha de quoi ils pouvaient bien parler plus tôt, sans que cela lui revint. Elle se rappelait toutefois nettement les yeux de l’esprit peu après.
Cela n’a aucun rapport, mais vous semblez… perturbé… y-a-t’ il un problème ?
Avant que son interlocuteur n’ait le temps de répondre, elle se retourna vers le lointain bord du Continent Inférieur. Plus si loin que ça cette caravane. C’était étrange une caravane de provision si rapide… d’habitude Oliana avait plutôt l’impression que ses conducteurs flânaient devant le paysage au lieu d’avancer. Et quel cheval aurait tiré son chargement aussi vite ? Elle perçut alors au fur et à mesure de sa progression, la longueur grandissante de la « caravane ».
Ce n’est pas une caravane, remarqua-t-elle à haute voix. C’est un convoi.

Les hommes et les femmes se pressaient à grand bruit dans un entremêlement agressif de bois et de fer. Alors que des ombres instables se précisaient sur le chemin, un homme à longue vue en interpela un autre, grand, chauve, barbu, balafré, hautain. Agaçant.
Si j’en crois ce que je vois, alors il y a deux personnes sur notre route.
Jamais personne sur notre route, contra l’autre, et il talonna son cheval.
L’éclaireur qui l’avait renseigné arqua un sourcil et ralentit sa monture. Il jeta un œil à la plaine sur laquelle on voyait s’étendre le Continent Inférieur jusqu’à ses limites les plus lointaines. Ou les plus sombres.

Alors ça rêvasse ?, l’interpella une femme brune à la silhouette altière qui venait de le rejoindre.
Et toi Annelyse ? Tu bavasses ?, l’accosta une autre, plus taciturne.
Les trois cavaliers rejoignirent le bout de la file, laissant les dépasser des hommes en armes les rares chariots en queue de peloton, et surtout les imposantes créatures ailées qui portaient rapidement le gros de la cargaison, par la voie des airs. Ce n’était pas un convoi improvisé.

Mesdemoiselles, vous perturbez l’éclaireur, fit remarquer le seul homme de la petite compagnie.
Navrées, marmonna la dernière venue. Tu te plaisais peut-être plus en la présence du commandant ? C’est vrai qu’il est homme adorable, cracha-t-elle, sarcastique.
Emi’, ça va bien la bonne humeur, souffla l’autre.Je ne le trouve pas très rassurant ce Effrik…, poursuivit-elle sur un autre ton.
Trois regards convergèrent vers la tête du convoi. Le chauve conversait avec un autre homme, tout aussi imposant. Il faisait régner le respect, et restait écrasant de fermeté, même de dos.

D’après ce que j’ai entendu, lança celui qui tenait à avérer ses propos, il tient ses marques des créatures de l’île Dévoreuse, durant sa quête des terres inconnues.
Moi on m’a dit qu’il les tenait de la reine elle-même.
Ses deux acolytes retinrent leur souffle. Le temps s’arrêta. Le regard de la femme à leur côté, déjà noirci par le maquillage qu’elle tenait de sa tribu du désert, n’en était que plus sombre.
Tu veux dire Dextrae ?
La rébellion telle que nous la connaissons balbutiait à peine que les premiers en venaient déjà aux mains face au royaume. Les affrontements n’étaient qu’une pluie de brindilles contre la forteresse de Riéza. Ils attaquèrent groupés dans la nuit noire, telle des ombres que l’agitation de la ville eut tôt fait d’étouffer. Ils étaient quelques dizaines à venir par derrière, alors que le gros des troupes était brisé contre les murs d’enceinte au-devant. Et c’est là qu’ils la virent. Seule et sans armes. Ils attaquèrent dans l’instant. Mais il était déjà trop tard pour eux. Alors que les derniers corps des attaquants sombraient devant la place forte, des gardes surgirent de nulle part au milieu des jardins pour enrayer la dernière menace qui faisait trembler la capitale. Ils furent massacrés. Sauf trois d’entre eux. Ils tinrent bon, jusqu’au bout du combat, les gardes chutant les uns après les autres, rejoignant la terre du sol à leur pied, au milieu des fleurs et du luxe si écrasant du côté desquels ils combattaient. Mais leur adversaire le plus terrible restait. La reine des Ténèbres, noire dans la nuit noire, comme un tourment matérialisé parmi les vivants. Ils n’auraient pas dû venir ce soir-là, c’était sûr. Les renforts arrivaient déjà mais s’arrêtèrent à plusieurs mètres, comme retenus par une force invisible. Alors face à leur adversaire immobile, ils trouvèrent bon d’attaquer. Elle dégaina et les deux premiers tombèrent. Il ne restait qu’Effrik. Elle contra toutes ses attaques et se déroba à sa force. Comme il était à bout de souffle, elle utilisa son terrible pouvoir, et le mutila. Mais ce soir-là, elle n’avait tué personne. Les trois résistants furent laissés à l’extérieur des murs de Riéza où ils ne revinrent jamais, et Effrik prit la tête de la rébellion.
Ceux qui se tenaient à ses côtés frissonnèrent. L’air se fit soudain plus lourd, et l’éclaireur dut s’éclaircir la gorge pour réussir à parler de nouveau.
Comment tu sais tout ça ?
On me l’a dit.
Les deux soldats qui suivaient la fille du desert échangèrent un regard blème. Cependant, on ne leur laissa pas le temps de commenter, quoiqu’ils auraient bien fait remarquer que soudain, Emilrya semblait tout aussi terrible qu’Effrik. Celui-ci les rejoignait au trot.
Ça traîne derrière ?, lança le chef. Jay’ ? Mon éclaireur s’est fait la malle peut-être ?
Du tout commandant.
Regagnes ta place à l’avant alors. Emi’, ‘Lysa, en formation. Je vous préviens, cria-t-il ensuite, si j’en vois un parler, il ne pourra plus se servir de sa mâchoire à part pour avaler la soupe de grand-maman. Il y a des gens en bordure de route. Pas de bruit. Silence, comme si de rien était, et polis avec les invités. Si quelqu’un se met en travers du chemin, descendait-le.

Oliana peinait à croire ce qu’elle voyait. Le convoi était de plus en plus gros, les chevaux et les créatures ailées s’agitaient de toute part, au milieu d’une fourmilière de soldats. Mais aucun ne portait le blason des Dextrae, ou d’une autre contrée. La domestique taisait sa peur face cette redoutable assemblée, des centaines de questions n’en obstruaient pas moins ses pensées.
Désolée de remettre cette conversation à plus tard, mais je crois qu’il va falloir attendre qu’ils passent d’abord. Avant de retrouver le calme.
Ce qui impressionnait le plus la démone, c’était les griffons. Ces bêtes n’étaient pas rares sur les terres, mais s’en procurer nécessitait de l’argent, et d’être suffisamment expérimenté. Sans compter que ce qu’ils transportaient relevait encore du mystère.
Ils ne tardèrent pas à arriver à leur hauteur. La troupe hétéroclite défila devant leurs yeux sans leur adresser la parole. Parfois quelques yeux étonnés les dévisageaient. Peut-être n’était-il pas monnaie courante de trouver au milieu d’une plaine de combat déserte une jeune fille aux longs cheveux blancs et un Esprit tel que Caesar. Un homme remonta la file sur un imposant cheval brun, aussi imposant que l’était semblait-il, dans de moindres proportions, son cavalier. Alors qu’il les croisait, Oliana nota les nombreuses marques sur les bras et son visage. Des coupures ou des brûlures, ou peut-être les deux. Il les salua d’un signe de tête, son regard impénétrable.


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Il court, il court le furet... [Pv Caesar Borgia]

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