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 La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]

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Carnet de Voyage
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MessageSujet: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Jeu 11 Juin - 22:55           
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Sur la route du sud menant à la Faille au ciel, une cavalière seule se laissait porter au gré des vents. La vaste contrée de Jasdéràn la laissait pensive. Elle croisait peu de monde sur son chemin, elle avait donc tout le temps de réfléchir. Il lui suffisait de regarder de l’avant, là où elle aurait dû voir Equalza et où elle ne voyait déjà plus rien, pour s’embrumer un peu plus l’esprit de sombres pensées.
Et puis ce n’était pas comme si elle rentrait de la commémoration annuelle de son village, en hommage aux victimes de la malédiction… Les seules images qu’elle gardait claires étaient celles de son passé, ce qui ne la rendait que plus triste. Ils s’étaient tous rassemblés pour les anciens morts, les enfants qui comme elle se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. Sauf qu’elle était la seule à avoir survécu… pour combien de temps encore ? Telle était la question qui la rongeait.
Alors qu’elle quittait le village, elle avait songé à son retour dans son appartement dévasté. Depuis l’attaque de la Mage contre elle à Equalza, elle n’y avait pas remis les pieds. Elle songea un bref instant à Solan qui l’avait aidée dans cette mauvaise passe, à Daora qu’elle avait croisée en chemin, à Haelza qu’elle avait hébergée au village. Ces gens lui avaient fait oublier pour un peu ce qu’elle était : une cible, d’une malédiction qui ne cesserait que lorsque sa vie cesserait aussi. A présent elle était seule, seule avec ses pensées, accablée.
Son cheval se rendait bien compte que sa cavalière n’était pas très en forme. Il tenta de la distraire à plusieurs reprises, piaffant d’impatience, se campant sur le chemin sans plus bouger, ou finalement, déviant de leur trajectoire initiale. Cependant la Conteuse avait la tête ailleurs. Les lignes s’écrivaient au fil de son esprit. Il fallait qu’elle mette sur papier ses dernières rencontres, avant que sa vue déficiente ne l’en empêche.
Sa mère lui avait conseillé de s’adresser à un spécialiste à Ilistil dont elle avait eu vent par des voyageurs qui, eux aussi, avaient une enfant malvoyante. Cependant, il lui semblait déjà avoir vu tous les spécialistes du monde. Elle n’avait plus envie de voir encore quelqu’un qui, un instant, lui ferait croire qu’il allait pouvoir la guérir, avant de prononcer les mots fatidiques « on ne peut rien faire ». Ça n’aurait été qu’une perte de temps. Elle avait bien autre chose à faire.
Ce fut alors qu’elle songeait à ceci que son cheval s’arrêta pour la énième fois. Cependant cette fois, la Conteuse y prêta une toute autre attention. Le vent arrivait avec force sur son visage, sans obstacle. On voyait le ciel très près. Impossible de voir plus loin. Elle tourna la tête à gauche, à droite. Le ciel. De chaque côté.

« Par le Reflet, où est-ce que tu m’as amené, toi ? Ce n’est pas par là que nous allons pouvoir traverser ! Et où est la route ?
Le cheval broutait déjà à ses pieds sans plus lui prêter attention. Elle se sentit brusquement encore plus seule que sur le trajet. Elle voyait très clairement le soleil descendre dans le ciel. Bientôt, il ferait nuit. Elle avait escompté dormir à l’abri à Equalza, après avoir traversé la Faille en fin de journée. Cependant, dans ces configurations… Catherine, abattue, sauta de cheval. Elle rebroussa chemin, les deux bras devant elle pour ne pas heurter quelque-chose. Il fallait qu’elle retrouve le sentier. Il ne pouvait pas être bien loin. Elle ne pouvait pas s’en être écarté il y a si longtemps…
Au milieu de la brume de sa vision, elle cherchait au sol un infime changement de teinte entre le vert de l'herbe et le marron de la piste. Toutefois, elle marcha plusieurs mètres, se tordit le cou à regarder dans tous les sens, sans retrouver son chemin.

-Bon sang !, se récria-t-elle, exaspérée.
Ce ne fut que lorsqu’elle entendit le hennissement étouffé de son cheval qu’elle se résolut à s’arrêter. Elle allait trop loin. Elle avait déjà perdu le chemin, mieux valait ne pas perdre aussi son cheval. Elle s’en retourna donc vers celui-ci qui gambadait de-ci de-là et trépignait sur place tel un joyeux luron. Catherine ne le voyait pas, mais elle le devina. Ceci la laissa encore plus désemparée.

-Bien… puisque tu insistes ! Tu as gagné ! Nous dormirons là cette nuit ! A la belle étoile, oui ! Mais je te garantis que demain, tu as intérêt de retrouver le chemin !
Tout en parlant à sa monture, elle se mit en quête de bois pour un feu.
-Parce-que je ne vais pas le retrouver toute seule le chemin que je sache ! Tu veux que je fasse comment, moi, maintenant ? Par le Reflet, une demie aveugle et une vieille bourrique en voyage, en voilà une mauvaise idée.
La bête ne semblait plus lui prêter la moindre attention. La Conteuse se mit alors en tête de la desseller. Elle finit ensuite d’amasser un tas de bois assez conséquent, et alluma un feu.
-Et bien sûr je n’avais pas pris de réserve pour un éventuel repas… »
Catherine attacha son cheval à un arbre, et s’installa près du feu. A la tombée du jour, et alors que le froid commençait à s’étendre partout sur le Continent, les flammes la rassérénèrent. Elle écrit alors tout ce qui lui passait par la tête : ses rencontres, sa mésaventure du jour… Alors que, aux alentours de 22h, elle levait son regard vers le lointain, et qu’elle ne vit que le ciel, elle décida qu’il était plus que temps pour elle de trouver le sommeil. Elle s’installa, et s'endormit sans plus de cérémonie.

Son repos ne dura pas bien longtemps. Aux environs d’une heure du matin, un cauchemar la réveilla. Une énième fois, elle revivait en rêve le jour de la disparition de son amour de l’époque. Elle se réveilla en pleurs et en sursaut, transpirante de sueurs froides. Elle rejeta vivement ses couvertures près du feu éteint et se leva sous le regard médusé de son cheval. Elle n’y voyait strictement rien, ou presque. Elle voyait les étoiles, celles qu’elle se plaisait à observer plus jeune. Elle avança vers la Faille. Elle se trouva bientôt à un mètre du bord, en prise à des vents de plus en plus violents qui la décoiffait avec application. Où que son regard se pose, sous ses pieds, là en bas, ou au-dessus de sa tête, il y avait des étoiles partout.
Elle était si proche du vide… Et l’air était si revivifiant lorsqu’il venait d’en bas… Elle resserra sa veste sur ses épaules. S’assit non loin du bord, l’esprit plus tranquille. Elle songea alors à sa mère… la fée. Elle lui avait toujours défendu de réclamer ses ailes. Sous l’emprise de la malédiction, elle était certaine que cela la condamnerait à la chute infinie… Cependant, ici au moins, si elle sautait, la chute la ferait simplement s’écraser sur le Continent Inférieur, et ne la condamnerait pas à tomber sans fin…
Catherine n’avait jamais été suicidaire. Cependant soudain, elle trouvait un attrait tout particulier à cette Faille qui lui tendait les bras.

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Ven 12 Juin - 23:59           
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Satisfaite d’elle-même, une tache bleue au milieu d’un océan de verdure avançait tranquillement. Thrain profitait autant que possible du paysage.  Pour une fois, il faisait du tourisme, enfin dans la mesure où un Chasseur de Prime peut faire du tourisme bien évidement. Autrement dit, il n’avait pas de chasse en cours et, chose rare, il ne devait d’argent à personne dans cette région. Sa dernière traque dans les alentours du Bois des Trois Tiers lui avait permis de capturer non pas une, mais trois têtes mises à prix. Une vague histoire d’assaut de la par de plusieurs bandes contre une riche caravane en provenance de Konora avait forcé trois petits groupes à se regrouper. Thrain sourit à nouveau en se souvenant de sa stupeur, et de la stupeur des deux autres qui étaient devenu ses cibles au moment où leurs regards s’étaient croisés. Lui n’y croyait pas en les reconnaissant pour avoir déjà vu leurs visages sur des avis de recherche. Tant de chance, ce n’était pas humain. Eux, ne comprenaient pas ce qui était arrivé à leurs gardes respectifs. Ils étaient sur le point de se battre pour leurs libertés quand l’un d’eux avait reconnu ma marque à la poitrine. XIII, l’Assassin. Il s’était aussitôt rendu, vite imité par les deux autres.
 
D’habitude, Thrain n’aimait pas que son passé resurgisse ainsi. D’autant plus, qu’il faisait tout pour le fuir, et que pour cela il avait renoncé à être un assassin pour devenir Chasseur de prime. Mais capturer plusieurs cibles en même temps faisait augmenter la récompense de la prime : celle-ci était multipliée par le nombre de cible capturé. Autrement, dit, Thrain avait touché le pactole en traînant ces trois hors-la-loi à Konora. Et sans trop se battre. Sa nature souvent capricieuse l’empêcher généralement ce genre de coup d’éclat, et avait tendance à le faire vivre avec un sacré paquet de dettes. Et puis, clairement, il avait tendance à se laisser distraire par tout et rien. Le plan initial de ce chasseur de prime inconstant était de se rendre à Kaélène pour rembourser des dettes sur place avant de récupérer une chasse en direction de Riéza : la capitale disposait en permanence de traque pouvant avoir lieu partout dans le continent double. L’objectif était de rembourser ses dettes là-bas  avant que tout le bénéfice de sa précédente chasse ne soit dévoré par des dépenses futiles. L’autre chasse ayant pour raison d’être le paiement des frais de voyage.
 
 
Mais finalement, pris d’une envie subite, Thrain avait décidé de faire un long détour pour le simple plaisir de passer par le centre du monde. Une fantaisie de plus en somme. Mais pour une fois, il pouvait se la permettre. Ou tout du moins, la réaliser sans s’endetter. Du coup, il profitait pleinement du paysage, goutant à l’ivresse de se sentir au centre du monde. Mais cette ivresse ne fut que très passagère. Alors qu’il traversait les plaines de Jaderan,  il commença à s’ennuyer. En réalité, si le paysage était très beau, l’ancien assassin n’était pas vraiment du genre à s’extasier devant la nature. Après avoir longuement voyagé de par le monde, les paysages avaient fini par ne le toucher que de manière assez fugitive. Bien sûr, découvrir de nouveau paysage l’enchantait mais il lui en fallait toujours plus. Une fois découvert, un lieu perdait bien vite tout attrait pour lui.
 
Alors qu’il commençait à se demander combien de temps encore il allait demeurer dans ces plaines, il remarqua des traces en dehors de la piste. L’instinct de Chasseur avait la vie dure. Même pendant des vacances celui-ci ne le lâchait pas. Secouant la tête, amusé, il allait se détourner quand il remarqua qu’une deuxième trace avait dévié sans raison, et avait pris un itinéraire parallèle aux traces plus anciennes. Intrigué, Thrain se rapprocha pour examiner ces traces. Le soleil couchant n’aidant pas, il dut faire un effort pour interpréter les traces. Et ce qu’il en dégagea l’intéressa vivement. Les plus anciennes étaient clairement anarchiques. On aurait dit que le cheval choisissait librement la voie qu’il empruntait. Les traces un peu plus récentes, elles, restaient toujours à une distance assez proche des premières traces. A certains endroits il apparaissait que quelqu’un avait également analyser les traces.
-Une personne est suivie. Constatât-il dans un sourire. Et bien, moi qui commençais à m’ennuyer ! Voila de quoi me distraire.  
L’idée que la dite personne était suivi par des amis devant la rattraper ne l’effleura même pas. Premièrement, si c’était des amis, quelle besoin avaient-ils d’analyser les traces ? Ils auraient du savoir où l’autre allait. Peut être avaient-ils oubliaient ? Thrain s’en moquait tout comme il se moquait du fait que cela ne le concerne en rien. Il venait de trouver quelque chose d’intéressant sous la dent et y renoncer était clairement hors de question.

C’en était fini du tourisme. Thrain était maintenant focalisé sur une nouvelle traque. C’est en souriant dans la pénombre qui tombait qu’il remontait maintenant les traces. Appréciant l’ironie qui avait fait d’un traqueur une cible, il remontait doucement mais surement la piste. Si celui qu’il suivait était un autre Chasseur de Prime, peut être pourrait-il lui rafler sa proie ? C’était toujours amusant de faire jouer la concurrence. Cela permettait d’améliorer sa réputation. Et un jeune comme Thrain en avait bien besoin. Assassin reconnu dans le milieu, il était encore un nouveau né dans le monde des Chasseur de Prime. S’il voulait accéder aux meilleures chasses, il devait faire ses preuves.
 
C’étaient de belles explications bien logiques et réfléchis. Mais dans les faits, Thrain cherchait surtout à se distraire. Il vivait au jour le jour et prévoir ses coups futurs autant à l’ avance lui était totalement étranger. La nuit s’annonçait belle, le paysage était beau, et il avait trouvé une occupation. Il n’avait besoin de rien d’autre pour être satisfait de sa soirée.
 
Pendant de longues heures il traqua sa proie avec application. Il failli perdre les traces lorsque celles-ci quittèrent la piste. Intrigué, il continua prudemment, sa progression doublement ralentie, par l’obscurité et par son envie de surprendre la proie. Finalement, les traces se séparèrent. Thrain en déduisit que le traqueur avait du trouver sa proie. Il hésita un instant puis décida de suivre la cible de celui qu’il nomma l’Autre. Il voulait savoir à quoi ressemblait la cible avant de neutraliser un concurrent potentiel.
 
Ce qu’il découvrit le fit grincer des dents. Une jeune femme. Seule. Enfin, avec un cheval. Que pouvait-on bien vouloir à une pareille personne ? Ne voulant pas s’approcher, il observait de loin. Apparemment elle dormait non loin d’un feu mourant. Elle n’allait donc pas disparaître comme cela. Et Thrain avait besoin de réponse. Avec un air bien plus sombre attestant du fait qu’il n’avait pas aimé ce qu’il avait découvert, il décida d’aller poser des questions à l’Autre. S’il y avait une raison de traquer une jeune femme, il voulait la connaitre.
 
Rebroussant son chemin, il reprit sa traque et fini par tomber sur l’Autre. Il était vêtu armure de cuir. Une épée pendait à sa ceinture, et un arc était attaché à la selle de son cheval. Il avait fait halte à une certaine distance du camp de la jeune femme. Il semblait calme, mais jouait quand même avec un poignard tout en se tournant de temps en temps pour regarder dans la direction de sa proie. La conclusion s’imposa d’elle-même.
 
Thrain n’aimait pas ce type. Et bientôt, lui non plus ne l’aimerais pas.
 
Dans le but de confirmer sa déduction, il resta cacher jusqu’à ce que l’homme se lève. Toujours immobile, ce n’est que lorsque l’autre fit un pas dans la direction de la jeune femme, la main sur le manche de son poignard que Thrain se coula à sa suite. Ayant pris soin de synchroniser ses pas avec celui de la cible pour masquer le bruit de ses pas, il se glissa furtivement dans son dos. Quand l’Autre sentis sa présence, il était déjà trop tard. Une épée le menaçait déjà.
-Un pas de plus, un geste ou un mot sans que je te l’ai autorisé et tu es mort, susurrât-il d’un ton aussi froid que la mort. Tu vas gentiment répondre à mes questions, et j’en resterais peut-être là. Peut-être. Que lui veux-tu ?
-Qui es-tu ? Qu’est ce que je veux à qui ?
Thrain secoua la tête puis piqua la peau de l’homme du bout de son épée. Ce n’était qu’un avertissement, mais il laissa le bout de son épée planté pour bien lui faire comprendre qu’il était sérieux.
-Tu m’as mal compris, et en plus, tu te fiches de moi. Donc, je recommence, et si tu ne comprends toujours pas, je te transperce le cœur. On se comprend ?
Evidemment, Thrain bluffait. Il ne comptait pas tuer cet homme, mais il détestait être pris pour un idiot. Aussi fit-il volontairement chuinter sa deuxième épée en la sortant de son fourreau. Un peu de stress supplémentaire ne ferait pas de mal à son otage.
-Bien, reprenons mainteant. Que lui veux-tu ? reprit-il d’un ton parfaitement neutre fois.
C’était le ton que XIII utilisait autrefois avant de mettre à mort ses cibles. L’homme ne s’y trompa pas. Suffisamment aguerris pour reconnaître une voix dénuée de toute émotion, capable de tuer sans sourciller, il dévoila tout. C’était un contrat. Il devait ramener la jeune femme à une certaine personne. Une personne inconnu et qu’il jura ne pas pouvoir décrire. Un mage selon lui, capable de changer d’apparence. Il y avait bien une prime à la clef, mais Thrain n’acceptait plus les commanditaires inconnus depuis qu’il avait mis fin à la vie de XIII l’Assassin. . Il ne savait que trop bien que ceux qui ne jouait pas franc jeu avec les mercenaires et autres Chasseurs de Prime avaient des choses à se reprocher. Or il n’avait pas cessé de tuer pour rester du mauvais côté de la loi.
 
Thrain décida rapidement d’avertir la jeune femme à son réveil, puis remercia le mercenaire pour les informations avant de l’assommer proprement d’un violent coup à la tête. Comme la jeune femme était à cheval et qu’il se voyait mal faire un brin de route avec elle à pied, il récupéra à son profit le cheval de l’Autre. « C’est pour le punir de ses mauvais principes, » s’auto justifia-t-il. Après avoir ligoté le mercenaire inconscient avec la corde qu’il avait du réserver pour la jeune fille, Thrain le traîna jusqu’au bord du chemin, pour que quelqu’un le trouve le lendemain. Même s’il n’appréciait pas que quelqu’un puisse accepter une traque pareille, il ne pouvait pas le laisser ainsi.
Une fois sa besogne accomplie, il décida de veiller non loin du camp de la jeune femme jusqu’à son réveil pour lui annoncer qu’elle avait une prime sur le dos. Il aurait pu la réveiller pour cela, mais Thrain n’avait aucune envie de la réveiller pour lui annoncer une nouvelle pareille. Bien plus tard, alors que le manque de sommeil commençait à se faire sentir, la jeune femme commença à pleurer doucement. Thrain se redressa attentif, le paysage était toujours aussi calme. La jeune femme pleurait dans son sommeil. Un cauchemar sans doute. Réveiller par celui-ci, Thrain la regarda se lever, puis se diriger vers la faille. Immobile, il l’observa sans bouger, et quand il la vit s’assoir non loin de la faille, il décida d’aller lui parler. Il se dirigea donc dans sa direction, sans chercher à masquer son approche pour ne pas lui faire peur.
-C’est une bien belle nuit.

Ces mots s’élevèrent doucement au-dessus du bruissement du vent lorsqu’il ne fut plus qu’a quelques pas d’elle. Il ne pouvait pas décemment lui annoncer de but en blanc qu’elle était devenue une cible. 

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Sam 13 Juin - 15:46           
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Le regard perdu dans le flou lointain, au milieu des étoiles, la Conteuse se redressa petit à petit. Elle entendait du bruit. Quelque-chose, ou quelqu’un, approchait. Son impression fut confirmée par un hennissement de son cheval. Il s’avérait donc assez invraisemblable qu’il s’agisse d’une bête. Ou alors c’était un prédateur. Elle se trouva donc parfaitement droite, lorsque les mots retentirent dans son dos. Une voix d’homme. Toujours dos à lui, alors qu’il finissait sa phrase, elle tendit la main vers… l’emplacement habituel de son épée. Elle se rendit compte qu’elle ne l’avait pas remise à sa ceinture à son réveil. Elle se trouvait donc sans défense aucune. Un concours de circonstances qui aurait pu s’avérer fatal.
Elle espéra que l’homme n’avait pas vu qu’elle avait porté la main à son épée. Cela ne ferait que la mettre un peu plus dans les ennuis. Il fallait qu’elle fasse face. Il aurait été trop bête de mourir d’un coup dans le dos. Elle se releva donc lentement, sans geste brusque. Elle portait une large chemise d’homme blanche par-dessus laquelle elle avait passé une épaisse veste de laine marron, et un pantalon de toile crème. Les lacets de ses bottes de cuir n’étaient même pas noués si elle devait s’échapper en courant. Ses cheveux étaient lâchés, en prise au vent. Pas d’arme visible. Elle se retourna vers l’inconnu, et entreprit de le localiser, sans se dévoiler ni inquiète, ni aveugle. Sinon, il n’y aurait que plus de chances qu’elle soit considérée comme sans défense.
Elle avait de la chance que son ouïe soit fine, car ainsi elle put se référer à la source du son pour fixer son regard, même sans voir son interlocuteur. Elle espérait qu’avec la nuit noire alentour, il n’y verrait que du feu. Que l’obscurité dissimulerait le vague dans le regard.

Catherine se tenait à présent debout et droite devant l’inconnu. L’air frais ne l’aidait pas à trouver une stature suffisamment solide, ce qu’elle déplora. Néanmoins, elle était assez calme à présent pour se composer une voix très assurée. Ce fut donc sans hésiter, et d’une voix bien forte et distincte qu’elle s’exprima :

« C’est une nuit bien claire, propice à l’observation du ciel. Pourtant je ne me doutais pas de croiser quelqu’un en ce lieu. Nous sommes loin du sentier qui longe le bord du pays dans la plaine, et à quelques heures des auberges et de la passe de la Faille. Je ne crois pas non plus avoir vu de village à proximité. Alors dîtes-moi, Monsieur, qui êtes-vous, et que faîtes-vous en ces lieux ?
Elle préférait se montrer méfiante quoiqu’elle ait très rarement fait de mauvaises rencontres de ce type : en pleine nuit, quelqu’un se dirigeant délibérément vers elle… Toutefois, il était surtout rare qu’elle se mette dans pareille situation. En général, elle faisait toujours en sorte de se retrouver en sécurité pour la nuit. Un moment d’égarement, et la voilà en proie à tout et à rien, à l’inconnu.
Elle resserra sa veste contre elle. Elle entendit son cheval piaffer. Cette bête était décidément incontrôlable. Elle fit un pas dans sa direction puis se rendit compte que l’homme était au milieu du passage entre elle et son cheval. Bien, elle s’arrêta, prit son courage à deux mains, toujours sans montrer hésitation ou inquiétude.

-Peut-être, si vous y êtes disposé, pourriez-vous me raconter tout cela près d’un feu. Il fera plus clair et plus chaud. Je vais également calmer mon cheval. J’ai l’impression que les inconnus l’inquiètent.

Elle fit en sorte de le contourner à une distance raisonnable de quelques mètres. Elle espéra qu’il ne se rendait pas compte qu’elle ne regardait pas où elle allait. Même si elle affectait de le faire elle doutait que ce soit crédible longtemps. Heureusement pour elle, elle n’heurta ni arbre ni pierre, et le bruit que faisait son cheval était amplement suffisant pour qu’elle se dirige vers son camp. De plus, elle avait développé un sens de l’orientation certain qui lui permettait de se rappeler d’à combien de pas dans quelle direction se trouvait telle, ou telle chose qu’elle avait préalablement repéré autour d’elle.
Un sens salutaire qui lui permit, sans presque jamais tourner le dos à l’homme qui venait d’arriver, d’atteindre son cheval. Elle n’y aucun mal à le calmer, grâce à quelques caresses et le doux son de sa voix. Une fois que sa monture consentit à se tenir tranquille, elle s’en retourna vers le feu éteint, sur lequel elle plaça du bois dont elle avait fait un tas non loin, et entreprit de l’allumer. Le feu ne tarda pas à prendre, et sa chaleur et sa lumière la réconfortèrent. Elle s’assit donc non loin, son épée à présent à portée.
Elle doutait maintenant d’avoir à l’utiliser. Si l’homme en avait après elle, il aurait été facile pour lui de la stopper de sa course. Restait donc à savoir qui il était, et ce qu’il faisait ici, chose qu’elle lui avait demandé un peu plus tôt. Elle était à présent prête à recevoir la réponse.

-Vous pouvez venir vous asseoir. Vous n’allez pas rester debout dans le froid. »
La présence de l’homme l’intriguait et en bonne Conteuse, elle avait hâte de connaître son histoire. Cela lui empêchait de repenser à son mauvais rêve, et à ces derniers jours.

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Sam 13 Juin - 18:45           
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Après avoir pris la parole, Thrain s’était arrêté à une certaine distance d’elle. Trop se rapprocher aurait pu être mal interprété, or il préférait éviter les malentendus. Ce qu’il avait à lui annoncer n’avait clairement pas besoin d’être entacher par le doute. A ce titre, le réflexe de la jeune femme qu’il nota du coin de l’oeil, celui de tendre la main vers sa ceinture, le fit légèrement sourire. Au moins, elle n’était pas sans défense. Enfin, elle ne l’aurait pas été si elle avait eu son arme sous la main. Amusé, à la pensée que l’on pouvait oublier son arme, il leva les yeux au ciel et fut instantanément foudroyé par la beauté du paysage.

Thrain avait l’habitude d’observer les étoiles la nuit. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’il campait si souvent à la belle étoile. Mais il n’avait jamais été devant un gouffre pour regarder le ciel. Pendant qu’elle se relevait, il admira le paysage. Il voulait renvoyer l’image de quelqu’un de parfaitement inoffensif. Bien sûr, ses deux épées rangées dans leur fourreau n’aidaient pas, mais au moins elle n’était pas dégainer. Thrain était volontairement détendu. Rien ne pouvait laisser penser qu’il était prêt à s’en servir, et d’ailleurs, il ne l’était pas et surtout, ne le voulait pas.

La jeune femme une fois levé s’exprima d’une voix forte et assuré. Bien que le vent lui fasse perdre un peu de crédit, Thrain nota tout de même l’aplond de la jeune femme. Face a un homme inconnu, et armé, de nuit et désarmé, la jeune femme avait un sacré répondant. Thrain était en train de choisir ses mots lorsque le cheval piaffa. Il tourna la tête pour le regarder, alors que la jeune femme commençait à se diriger vers lui.

C’est en remarquant son arrêt que Thrain réalisa qu’il s’était placé entre elle et son cheval. Couper la retraite à sa cible. Une vieille habitude qui avait la vie dure. Il s’adressa une réprimande mentale pour cette erreur : cette jeune femme n’était pas une cible. Enfin, pas la sienne en tout cas. Il baissa la tête pour s’excuser et fis un pas sur le côté au moment où elle reprit sa route vers son cheval. Non sans lui avoir au par avant proposé de lui raconter son histoire auprès du feu. Thrain acquiesça doucement.
-Il serait agréable de profiter d’un bon feu en effet.

Alors qu’elle retournait vers son cheval, Thrain continua à observer la vue. Mais cette fois, il n’admirait pas le paysage. Il réfléchissait à la façon dont il lui présenterait la chose. N’aimant pas mentir, c’était forcément la vérité qu’elle allait apprendre. La question était donc de savoir quelle forme prendrait cette vérité. Une forme épurée pour la ménager ? Ou un récit non altéré et complet. La laissant s’occuper du feu, il réfléchissait. Il ne craignait pas qu’elle prenne la fuite et de toute façon quand bien même elle l’aurait fait, cela n’aurait pas changé grand-chose pour lui. La poursuivre n’était pas à l’ordre du jour et de toute façon, il ne tenait pas à passer pour un dangereux psychopathe. Il restait donc sans bouger face à l’abime.

Ce n’est que quand elle l’appela qu’il se résolut à la rejoindre. Étouffant en lui-même un soupir face à ce qu’il devait faire, il se retourna et se dirigea vers le feu. En se rapprochant, il l’observa tranquillement, sans la dévisager. Rien dans sa tenu ne suggérer qu’il avait à faire à une personne dangereuse, ou une guerrière. Il nota tout de même avec amusement qu’elle s’était assise près du feu, à porter de son épée cette fois. Il ne savait pas si elle savait s’en servir, mais il avait pour principe de ne jamais sous estimer une arme. Bien que celle-ci ne soit pas en or, il ferait en sorte qu’elle ne quitte pas son fourreau.

Thrain s’étira puis s’assit en face d’elle, en faisant attention de ne pas lui couper la retraite une nouvelle fois. Laissant ses bras derrière pour le soutenir, il leva la tête et contempla le ciel étoilé. Sa position et sa gorge offerte ne lui permettait pas de se saisir de ses armes rapidement. De cette façon, il voulait lui signaler clairement qu’il n’était pas un ennemi. Mais la lueur du feu gâchait un peu la beauté des étoiles, aussi n’admira-t-il pas bien longtemps le ciel. Après deux ou trois longue seconde, il reprit une position plus naturelle, et regarda le feu.
-Je m’appelle Thrain. Et comme vous pouvez vous en douter, je vous mentirais si je vous annonçais que je suis ici par hasard. Mais que ce soit bien claire, je ne vous veux aucun mal.

Le chasseur de prime fit alors une courte pause, planta son regard dans celui de la jeune femme et commença à décrire la fin de sa journée absorbé par ses pensées. Il décrit d’abord sa promenade, puis la découverte des traces. Son intérêt immédiat pour celle-ci, la traque qui suivit et finalement la découverte. D’abord de la jeune femme, puis du mercenaire.
-Je ne sais pas qui était cet homme, mais c’était clairement un mercenaire. Et je suis désolé de vous l’apprendre, mais vous étiez son contrat. Si cela peut vous rassurer, il ne voulait pas vous tuer mais de vous enlever. Je me suis occuper de lui, mais j’ai pensé que vous deviez être avertis. Donc, je suis resté non loin de votre camp. Je comptais attendre le jour pour vous annoncer cette mauvaise nouvelle, mais vous vous êtes réveillée. J’ai donc profité de l’occasion. J’espère que je ne vous ais pas fait peur, cela n’était pas dans mes intentions…

Son récit fini, Thrain détourna le regard de la jeune femme et resta silencieux. Depuis qu’il avait arrêté de tuer, ses émotions était revenu. Et si autrefois, il lui aurait annoncé cela sans un remord, aujourd’hui, il se sentait profondément désolé pour une personne qui somme toute ne semblait rien avoir fait justifiant un tel contrat.

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Lun 15 Juin - 21:23           
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Au milieu des étoiles, au sein du Continent, au bord de la Faille au Ciel deux silhouettes se perdaient dans l’ombre. Perdues, au milieu de la pairie, on aurait pu les croire seules. Néanmoins, à quelques encavelures, un cheval noir quitta le sentier qui menait à la Passe vers Equalza. Sombre, presque invisible dans la nuit, un cavalier pénétrait dans la praire. Alors qu’il s’engageait au milieu des herbes folles secouées par la brise, un quelque-chose l’arrêta. Non loin, à terre, un homme se trouvait apparemment inconscient. Le cavalier sombre démonta, sa vaste cape voltigeant autour de lui. Son capuchon voilait presque entièrement son visage, cependant il laissa entrevoir un instant de longues boucles dorées.
L’inconnu fit quelques pas, jusqu’à discerner le visage de l’homme, ligoté. Il poussa alors un grognement de rage et s’en retourna à pas rapide vers son cheval. La bête s’impatientait, aussi s’élança-t-elle très vite lorsque son maître s’installa de nouveau sur la selle. Ils quittèrent une bonne fois pour toute le sentier, et disparurent dans la nuit noire, le bruit des sabots frappant le sol devenant la seule preuve de leur existence.

La Conteuse, maintenant confortablement installée près des flammes (et plus en sécurité une fois son épée à son côté, il fallait bien le reconnaître) profita de la lueur du feu pour tenter de distinguer quelque-chose de son interlocuteur. La lumière chaude qui s’en dégageait lui permit de distinguer des vêtements masculins. Ce qui ne l’avança pas beaucoup. Elle ne parvint pas à savoir grand-chose du visage. Elle eut néanmoins l’occasion de se rendre compte qu’il avait l’air tranquille, et ne montrait aucun signe d’agressivité à son égard. Par principe, étant donné qu’elle était une femme, seule, maudite, et aveugle, elle préféra cependant garder ses distances, et préserver sa sécurité.
Du moins jusqu’à ce qu’elle en apprenne plus sur cet homme. Et justement, il semblait disposé à l’informer du but de sa visite. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine, croisa ses bras pour y poser sa tête. Elle était prête à écouter. Elle affecter de regarder dans sa direction comme une voyante, en s’aidant du son de sa voix, tout en faisant mine d’être parfois absorbée par telle ou telle invisible chose. Elle se débrouillait relativement bien pour masquer son début de cécité.
Elle apprit ainsi que l’homme s’appelait Thrain. Il lui raconta comment, de passage dans la région, il avait trouvé ce Mercenaire prêt à la faire prisonnière. Elle fronça les sourcils. Se pouvait-il que la Mage qui l’avait maudite ait cherché à la faire enlever ? Pourquoi maintenant ? Dans tous les cas, ses plans avaient une nouvelle fois échoué, ce qui l’étonnait. La malédiction n’avait pas eu beaucoup de mal à tuer les autres enfants de son âge. Pourquoi pas elle, alors même que, maintenant, la Mage s’attaquait délibérément à elle ? Elle se sentait, de plus, prise pour cible depuis le début de la malédiction. En effet, c’était ses parents qui avaient participé à démasquer la Mage. Catherine présentait que celle qui la pourchassait désirait sa peau plus qu’une autre.
Ce qui ne collait pas avec le fait qu’elle soit toujours en vie. Cela n’avait, peu importe sa façon d’analyser les choses, aucun sens à ses yeux. Et elle doutait qu’elle apprenne un jour le pourquoi du comment de ces choses-là. Il faudrait pour cela qu’elle ait une conversation approfondie avec la Mage… et cela ne semblait pas tout à fait envisageable dans le contexte actuel.
Catherine apprit aussi que cet homme, qu’elle ne connaissait en rien, s’était occupé de celui qui cherchait à lui nuire. Il lui avait donc notamment, extorqué des informations, ce qui lui permettait d’être à peu près sûre que c’était celle qui l’avait maudite qui était à l’origine de toute cette histoire. Et donc il lui avait évité de gros ennuis. Presque sans le savoir. Et sans la connaître. Elle fixa son regard sur lui avec un brin d’admiration. Il aurait pu se mettre dans les ennuis jusqu’au cou si ceux qui lui avaient voulu du mal avait été plus efficaces. N’avait-il aucun sens du danger ? Avait-il un excès de confiance ? Se savait-il plus puissant que l’ennemi ?
Dans tous les cas, il l’avait pour ainsi dire sauvée sans y être obligé. Elle lui devait bien des remerciements. Ce qu’elle s’empressa de faire :

« Eh bien… je ne peux que vous remercier. Je pense que vous ignorez à quel point vous m’avez aidée… et à quel point vous auriez pu vous mettre en danger par la même occasion. Vous avez eu de la chance de n’avoir affaire qu’à des hommes de main.
La jeune femme ne souhaitait pas s’étendre sur son histoire, même si cet homme lui avait sauvé la vie. S’il voulait en savoir, il lui demanderait, mais elle ne dirait pas tout de but en blanc. En revanche, il s’était présenté, et elle trouvait donc juste de décliner à son tour son identité.
-Puisque vous vous êtes présenté, et que je ne peux dorénavant plus vous prendre pour un ennemi, c’est mon tour ! Je m’appelle Catherine, et je suis Conteuse de mon état.
Certes, il allait être en droit de se demander comment une Conteuse pouvait se trouver mêlée à des histoires d’enlèvement. Mais chacun avait bien ses propres histoires, et il devait se douter qu’elle aurait les siennes, comme elle se doutait qu’il aurait lui aussi les siennes.
Elle se demanda ce qu’il était alors le plus convenable de faire. D’abord, qu’allait faire Thrain ? Avait-il une destination en vue ? Voyageait-il de nuit ? Surtout, elle se demandait si, maintenant qu’elle savait qu’il ne représentait pas un danger, elle ne devrait pas lui avouer qu’elle était aveugle, on ne sait jamais. Pour sa part en tout cas, elle aurait bien repris la route maintenant. On ne savait pas ce qui pouvait roder dehors, l’apparition de ceux qui voulaient l’enlever ne faisait que le prouver.
Ils n’étaient plus en sécurité ici. Elle mit ses affaires qui traînaient à portée dans un sac. Elle attacha également son épée à sa ceinture, avant de se tourner vers Thrain.

-Que comptez-vous faire maintenant ? Vous étiez en route vers un endroit précis ? Pour ma part je me rendais à la Faille au ciel… quand je me suis rendue compte que je déviais de ma trajectoire, avant d’atterrir ici. Je pense que nous ferions mieux de ne pas traîner en ce lieu. J’ai des ennemis… disons plutôt coriaces. Il ne manquerait plus qu’autre chose me tombe dessus, et nous serions tous deux dans de beaux draps. Ce n’était peut-être qu’un avant-goût de ce qui pourrait arriver maintenant. Après ce que vous avez fait pour moi je ne compte pas vous laisser courir ce risque. Je vous avoue que je n’aime pas voyager de nuit. Mais, dans ses circonstances, je pense que c’est ma seule option. Je vais me remettre en route tout de suite.
Elle préféra commencer à ramasser ses sacs et à seller son cheval en même temps qu’elle écoutait l’avis de Thrain. Seller son cheval avec si peu de lumière s’avéra être une entreprise relativement ardue, et cela lui prit plusieurs minutes. Elle accrocha ensuite les sacs à l’arrière de la selle.

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Mar 16 Juin - 0:46           
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Le vent qui courait dans la prairie était frais, et l’heure tardive n’arrangeait pas les choses. Rien d’étonnant donc qu’un homme ayant veillé toute la nuit dans le froid frisonne un peu. Et cela même s’il était tout proche d’un bon feu. Pourtant, et contrairement aux apparences, le froid n’était pas responsable de ce frison. Non, c’était davantage une sorte de pressentiment, une intuition. Son goût pour les  chasses intéressantes s’agitait. Sans vraiment trop savoir pourquoi, Thrain avait l’impression qu’il venait de s’immiscer dans une affaire très intéressante. Mais de la à apprécier celle-ci…

Il n’avait pas vraiment de preuve pour étayer son intuition, c’était vraiment instinctif. Certes elle était à coupler avec une bonne part d’observations des réactions de cette jeune femme mais celle-ci ne prouvaient pas grand-chose pour autant. La surprise de la jeune femme surtout n’était pas celle prévu. A moins qu’elle n’ait l’habitude d’être poursuivis, découvrir que quelqu’un lui avait collé une prime sur le dos aurait du la perturber.  Certes elle l’avait été, mais Thrain avait l’impression qu’elle s’attendait à pire. Comme si le fond de la mission n’était pas celui auquel elle s’attendait. Une telle réaction était assez inhabituelle. Et aussi, fichtrement intéressante.
Ce sont ses remerciements qui finir de le convaincre de changer quelque peu ses projets. Ainsi, si lui-même ignorait la porté de ses actes, cette jeune savait à quoi s’en tenir ? Mais le véritable élément qui le convainquit de rester fut la mention du danger. Ce type, un homme de main ? Donc, juste un vulgaire sous fifre aux ordres d’une personne ou d’un groupe ? Un sourire fugitif éclaira le visage de Thrain. Mais c’était un sourire dur. Il venait d’interrompre quelque chose. Et il avait bien l’intention de finir ce qu’il avait commencé. Le mercenaire inconscient n’était plus le seul à plaindre. Son commanditaire allait bientôt devoir faire face à des menus problèmes.
-Ce n’était pas grand-chose, pour l’avoir pisté, je savais qu’il était seul, et je me suis ménagé un effet de surprise. Sans compter, qu’après avoir compris ses intentions, je ne pouvais décemment pas le laisser s’en prendre à une jeune femme endormie. N’importe qui, à condition qu’il en ait les moyens aurait fait pareil.

Un court silence suivis sa réponse. Thrain aurait bien voulu en apprendre davantage sur elle et son histoire, mais il ne tenait pas non plus à livrer la sienne. Les hommes se méfiait, non sans raison il devait bien le reconnaitre, des Homonculus. Et être un assassin professionnel était également assez mal vu. Alors une personne qui avait ces deux tares à son actif était rarement bien accueillie. Et s’il avait fini par accepter son passé, il n’en restait pas moins que dans l’intérêt de ses relations avec autrui, son passé avait tout intérêt à rester cacher. Tout comme son ascendance.  Aussi hésitait-il à lui demandait directement des informations sur elle-même et la nature de ses problèmes de peur qu’elle ne fasse de même.

Finalement, c’est Catherine qui relança la conversation.  Ainsi donc, elle était conteuse. Cela ne faisait que confirmer ce que Thrain avait déjà compris : Cette jeune femme était une personne tout à fait ordinaire qui n’avait fait de mal à personne. Cette confirmation le fit grincer des dents. Un combat, c’était une affaire de personne concerné. Soldat contre soldat, tueur contre tueur. Si une personne venait à s’impliquer, alors on envoyait des chasseurs de prime, la milice ou une autre forme d’autorité. Mais un civil, un innocent n’avait pas à être impliqué. Ce qu’avait fait ce commanditaire était intolérable. Et cela allait se payer.

Thrain se força ensuite à se détendre. Il inspira profondément, puis regarda à nouveau les étoiles au loin. Sa décision était prise. Il partait à nouveau en chasse. Mais pour lui-même cette fois. Il ne pouvait pas pardonner ce genre de comportement. Même Zaguine n’avait jamais impliqué un innocent avec ses contrats. Lui-même n’avait jamais accepté un contrat concernant une personne innocente. Ce qui lui avait valu quelque problème d’ailleurs, mais lui permettait aujourd’hui encore de se regarder dans une glace.

Aussi, lorsque Catherine lui demanda ce qu’il allait faire et mentionna vaguement ses problèmes, sa réponse était déjà toute prête. Il ne la laisserait pas partir ainsi. De toute évidence, elle allait avoir besoin d’un brin d’aide, or Thrain comptait bien lui offrir cette aide. Et s’il pouvait également exprimer sa façon de penser à celui qui lui avait collé une prime sur le dos, il ne s’en priverait pas.
-Je vous suis, je n’ai rien de particulier à faire, et je ne peux pas tolérer le fait qu’un civil se retrouve avec une prime sur le dos. Et puis, si vos ennemies sont si coriace, un peu d’aide ne sera pas de trop je pense. Si vous voulez partir tout de suite, je vous laisse vous préparer. Je vais aller chercher le cheval du mercenaire, ainsi je ne vous retarderais pas en étant à pied. Je serais de retour sous peu.  Gardez vous.

Sans attendre sa réponse, il observa rapidement les alentours et, ne voyant rien de suspect, se dirigea rapidement vers le camp du mercenaire. Son cheval était déjà sellé, cela lui ferait gagner du temps. Il n’aimait pas spécialement voyager à cheval, mais il ne voulait pas ralentir Catherine. Il rejoignit le cheval et d’un mouvement souple se hissa sur selle. Après un dernier regard vers l’endroit où il avait laissé le mercenaire inconscient, il fit faire demi-tour au cheval et pris le chemin du camp de Catherine. Bien que trop loin pour voir s’il s’était réveillé, il espérait au moins que le mercenaire n’aurait pas à trop souffrir de la faim et de la soif avant que quelqu’un ne le trouve et le libère. Finalement, il haussa les épaules et se rassura en se disant qu’il l’avait cherché. Traquer une conteuse…. Cette histoire lui restait vraiment en travers de la gorge.

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Mar 16 Juin - 18:05           
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L'homme lui fit part de son souhait de vouloir l'accompagner. Le visage de Catherine se fendit d'un sourire franc alors qu'elle regardait dans sa direction. Décidément, où qu'elle aille, elle trouvait toujours de l'aide. Un chose que la malédiction n'avait pas su empêcher. Elle écouta Thrain avec toute son attention, et accepta bien sûr son aide, en le remerciant une nouvelle fois :
"C'est trop aimable à vous. J'accepte votre aide avec plaisir. D'autant plus que... je préfère vous le dire tout de suite si vous ne vous en êtes pas rendu compte : je suis malvoyante. En journée déjà je n'y vois pas grand chose. Alors la nuit, je n'y vois rien du tout.
Au milieu de la discussion elle releva néanmoins le mot "civil". Elle en déduisit que lui n'en était donc pas un. C'était de plus un homme prêt à aider n'importe qui, et qui en avait les moyens. Un bien curieux personnage en somme. Elle aurait adoré connaître son histoire. Toutefois, ce n'était pas le moment.

Toujours avec le sourire, elle le laissa aller récupérer le cheval de l'homme qui avait tenté de l'enlever. Elle l'entendit d'abord s'éloigner, puis plus rien. Elle détacha alors son cheval, déjà surexcité à l'idée de repartir. Quelle bête décidément ! Elle le laissa piaffer son coin, alors qu'elle rejoignait la lumière du feu. Elle se pencha pour l'éteindre, éparpilla les morceaux de bois qu'elle recouvrit de terre. Alors elle se releva, dans le noir le plus total. Pas tout à fait, elle voyait les étoiles, tout autour d'elle, au-dessus des arbres, dessiner la cimes des quelques arbres qui l'entourait. Le spectacle, qu'elle n'avait pas eu le loisir d'observer depuis longtemps avant ce soir, suffit à la rassurer. Malgré les événements, tout allait bien, ça pourrait être pire. En fait, la tentative d’enlèvement de ce soir, maintenant qu'elle y pensait, la rassérénait plus qu'autre chose. Cela ne faisait que redémontrer, comme elle le pensait tout à l'heure, que la Mage ne pouvait pas l'atteindre.
Elle entendit alors les bruits de sabots d'un cheval qui approchait. Elle fronça un sourcil. Thrain avait été pour le moins rapide. Elle patienta quelques secondes, jusqu'à voir la silhouette du cheval qui approchait au pas, se découpant au milieu des étoiles.

-Bien, allons-y."
Elle s'apprêta alors à rejoindre son cheval. Néanmoins, le silence l'inquiéta soudain. Ou plutôt, le silence, qui laissait entendre le bruit de la corde de l'arc que l'on tend, de la flèche qu'on ajuste. Elle ne rendit compte qu'alors que son cheval s'était mis à s'agiter beaucoup plus qu'à cause de l'excitation que lui procurait la perspective du voyage. Le sang de la Conteuse se glaça. Elle voulut crier, mais sa voix resta bloquée dans sa gorge.
Elle avait eu raison de vouloir quitter le camp tout de suite. Toutefois, il était déjà trop tard. Ses poumons se vidèrent de leur air. Tous ses sens en éveil, elle se tendit vers la silhouette étrangère face à elle. Elle se laissa tomber au sol au moment où elle sentit partir la flèche. Son cheval hennit de plus belle, alors que celui de son assaillant repartait, se plaçant entre elle et son cheval. De nouveau, elle entendit l'arc se tendre.

La peur la tenaillait. Sa respiration reprit, elle haletait. Elle se releva et se mit à courir dans le même temps. Elle allait se faire tirer comme un lapin. Alors qu'elle avait à peine parcouru dix mètres, elle s'arrêta brusquement. Les étoiles s'étendaient partout entre Equalza, Jasdéran, et le Continent Inférieur. Elle était au bord du vide. Elle fit volte face. Le cheval était en face, son cavalier sur le dos. Elle savait qu'une flèche l'attendait. La personne qui lui en voulait devait savourer ce moment. Enfin, elle la tenait.
Catherine se retourna. Elle sentit que la flèche allait partir. La seule voie de secours, s'il y en avait une, se trouvait en bas. Alors elle fit ce qu'elle avait à faire. Elle se jeta dans le vide. La flèche ne fit que frôler son dos. Ce fut la dernière sensation qu'elle eut avant de basculer. Ensuite, le vent se chargea de sa masse qui chutait à toute vitesse.
A cet instant, seulement elle hurla. Elle dévala mètre après mètre, ballottée par les courants d'air. La vitesse l'empêchait de respirer correctement, l'empêchait de ralentir son rythme cardiaque. Les secondes défilaient, aussi rapides que lentes. Eternelles et minuscules. Elle était partout et nulle part à la fois, perdue dans l'immensité des étoiles. Néanmoins le brusque souvenir du Continent Inférieur se rappela à elle. Alors, la chute prit fin.

Sur le Continent Supérieur. Une silhouette à cheval était penchée dans le vide et observait la silhouette qui disparaissait en hurlant dans le noir de la nuit. Des douze enfants, il n'en restait plus aucun. Elle fut prise d'un terrible rire, incontrôlable, qui se répercuta aux alentours, mêlé aux hurlements.

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Mer 17 Juin - 14:38           
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Alors que Thrain se dirigeait tranquillement vers le camp, sur le dos de son cheval fraichement récupéré, il pensait à la dernière chose que Catherine lui avait apprise. Ainsi, elle était malvoyante. Dans le noir, il n’avait rien remarqué. Alors qu’il essayait de diriger ce stupide animal récalcitrant vers le campement, il se demandait ce que cela pouvait faire d’être privé d’un sens. La vue, dans ce cas précis. Sans cette faculté, se battre semblait impossible. Pas pour un humain en tout cas. Mais en y réfléchissant chaque sens était un véritable trésor en soit. Levant les yeux au ciel, il se dit qu’il avait vraiment de la chance d’être un Homonculus.

Mais à peine avait-il quitté la route des yeux que le cheval refit des siennes. Thrain soupira. Il n’avait jamais spécialement apprécié ce genre d’animaux. Il avait beau maîtriser les bases, elle ne semblait pas suffisante en ce moment précis. Ce cheval ne l’aimait pas. Et il voulait son maître de toute évidence. Lorsque la fichue bestiole s’arrêta une fois de plus, excédé, Thrain mis un coup de talon un poil plus fort que nécessaire. L’animal protesta évidement, mais ce ne fut pas ce qui capta l’attention du Chasseur de prime.
Non, ce qui le fit brutalement sauter au sol et courir comme un forcené vers le campement, ce fut un hurlement de frayeur absolue. Catherine ! Thrain maudit sa stupidité : il l’avait laissé seule alors qu’elle lui avait pourtant dit qu’elle était menacée. Il devait faire vite, sinon cette erreur le tourmenterait sans doute a jamais. Et pendant qu’il courait aussi vite qu’il le pouvait, son esprit s’échauffer. C’était une civil bon sang ! Quel genre d’enfoiré pouvait bien vouloir la peau d’une malvoyante à ce point ?!

Courant aussi vite que possible, il n’en essayait pas moins d’être discret. Alors qu’il arrivait sur le camp, la situation devint brutalement limpide. Un archer sur un cheval riait comme un démon à côté du gouffre alors que Catherine n’était nulle part. Sans hésitation, il se précipita vers l’archer. Celui-ci trop occupé à rire ne le remarqua qu’au dernier moment, mais il était déjà trop tard. Thrain l’avait déjà attrapé, il le jeta a terre brutalement et s’installa sur lui pour l’empêcher de bouger, sa lame dégainé d’un mouvement souple mordit aussitôt la chair tendre du cou. Un filet de sang coula, mais il n’y prêta pas attention, tout entier focalisé sur sa cible. Contrairement a ce qu’il avait cru, c’était une femme. 

Sous l’effet de la colère, ses pupilles s’étaient fendus, et ses yeux brillaient maintenant du même éclat qu’un Homonculus pur sang. Personne ne croisant son regard ne pouvait plus le prendre pour humain. Et tout le monde aurait sérieusement craint pour sa vie. La cavalière encore sous le choc se reprit toutefois très vite. Le visage blond de la jeune fille qu’il maintenait à terre se brouilla, ses cheveux blanchirent, son nez s’allongea, et ses pommettes se creusèrent soudainement. En une fraction de seconde ce n’était plus la même personne. Mais le Chasseur de Prime n’en avait cure. Ce qu'il voulait, c’était des réponses. Et peu importait les moyens, il comptait bien la faire répondre à ses questions. D’une voix parfaitement neutre en contradiction totale avec la violence qu’il usait pour la maintenir au sol Thrain interrogea la mage.  
-Qu’as-tu fait d’elle ?
-Elle est morte ! Il n’en reste plus aucun !  

Thrain fit semblant de ne rien avoir entendu, puis saisit la mage par le col, et lui cogna méchamment la tête contre le sol puis replaça sa lame sur son cou, encore un peu plus près qu’avant.
-Décidément, les gens ne comprennent plus quand on leur parle ces derniers temps. Constata-t-il froidement. Et du temps, vois-tu, j’en manque cruellement. Donc je te donne une deuxième chance de me répondre. Tu peux me faire perdre encore un peu de temps mais dans ce cas je prendrais ce qu’il te reste de temps à vivre pour rembourser celui que tu m’as fait perdre, vu ?
Ses yeux fendus trouvèrent ceux de la mage. Et ce qu’elle y lut la convainquit de parler. Une promesse de mort vibrait sur son coup, et à cet instant précis elle ne doutait pas que sa vie ne tenait qu’à un fil.  Thrain ne cherchait plus à refréner ses instincts de tueur. Il aurait sans doute pu le faire s’il l’avait voulu, mais le fait qu’une civile avait peut être été tué en son absence ne lui donnait pas envie de faire le moindre effort. Bien au contraire, son sang lui criait même de chercher réparation par le sang. Et il devait bien reconnaître que l’idée le tentait.

La mage essaya de parler, mais la lame l’en empêcha. Thrain voyant cela, souleva son épée de quelques millimètres pour lui permettre de s’exprimer. Aussi immobile qu’une statue, Thrain écouta. Elle l’avait raté. Mais Catherine avait du sauté dans le vide pour échapper à la flèche. Était-elle encore en vie ?  Au moins, il pouvait se rassurer sur un point, elle n’avait pas été tué avant d’être jeter du haut de cette falaise. Il restait encore de l’espoir. Un très mince espoir, mais même si elle avait survécu à la chute, le continent inférieure ne la raterait pas.

Ayant appris ce qu’il voulait, Thrain releva son épée, alors que la mage déglutissait, sans doute soulagé de voir la lame s’éloigner, Thrain décida de lui laisser un autre souvenir. Il lui fracassa le nez avec le pommeau de son épée puis la rengaina sans perdre de temps.   Une fontaine de sang jaillit du nez brisé, et la mage dorénavant libre y porta ses mains en gémissant. Alors qu’elle peinait à reprendre ses esprits, Thrain se saisit de l’arc qui était tombé et le brisa comme s’il s’agissait d’une brindille.
-Ce que je t’ai apporté n’est qu’un avant goût du malheur qui t’attend si son corps gît brisé en bas de cette falaise. Si elle est vivante, remercie le ciel de l’avoir épargné, je n’aurais pas à te retrouver pour te demander des comptes. Je n’aurai aucune pitié pour une personne qui implique des civils dans des combats.

Il fusilla une dernière fois du regard le corps qui essayait de se relever puis se lança.  Sans prendre le temps de réfléchir, il se rapprocha du bord, puis commença à descendre la paroi. C’était clairement de la folie, mais Thrain n’avait jamais vraiment fait attention au bon sens avant de se lancer dans une quelconque action. Ses compétences en escalade ne lui permettaient pas de descendre une falaise aussi longue. Certain passage était trop compliqué, et pour agile qu’il soit, il n’était clairement pas équipé pour descendre la frontière naturelle entre les deux continents. Aussi, quand cela était nécessaire, il se laissait purement et simplement tomber dans le vide sur quelques mètres, pour se rattraper à une paroi plus facile en peu en contrebas. Il n’aurait su dire combien de fois il béni son corps quasi immortel, ni combien de temps de dura la descente.

Par miracle, il n’était jamais tombé que ce ne soit lui qui ait volontairement lâché prise. Davantage habitué à escalader des maisons pour traquer une proie en ville, il se débrouillait également en falaise, mais  il se préparait davantage. Il ne prenait pas d’épée pouvant gêner ses mouvements, et encore moins son arme favorite. Non, il aurait sans doute préférer de petit poignard plus discret, et moins encombrant. Il soupira en songeant à sa situation actuel : Coincer sur le dernier aplomb rocheux avant l’absence de terre, il était coincé. Poursuivre la descente était maintenant impossible. Thrain jeta un regard désolé vers le sol du continent inférieur, une bonne cinquantaine de mètres plus bas.
-Je ne pouvais pas y couper, hein ? Se désola-t-il en lui-même.

Il respira un bon coup, détacha ses armes et leurs fourreaux puis les laissas tomber. Cela lui brisait le cœur de devoir infliger une telle chute à des épées de si bonnes factures. Mais, ce n’était rien comparé à ce qu’il l’attendait lui, et il le savait. Bon sang,  au moins cinquante mètres ! se répétât-il mentalement. Je suis vraiment le pire des abrutis fini. Il serra les dents, se rapprocha du bord, hésita puis se lança.

La chute fut très courte. Et pourtant elle sembla durée une éternité. Thrain avait beau se répétait que cinquante mètres ne le tueraient pas à l’impacte, qu’il n’était pas humain, et que même un humain aurait pu survivre, il n’en menait pas large, et ne put s’empêcher de paniquer en voyant le sol se rapprocher à toute allure.
Dans un « BOUM » monumentale le chasseur de prime s’écrasa. Il aurait bien gémit, mais le choc avait expulsé tout l’air contenu dans ses poumons. Complètement sonné il resta allongé là sans bouger le temps que la douleur reflux. Un Homonculus ne pouvait pas être blessé longtemps, sauf avec de l’or. Mais la douleur elle était tout de même perçut dans son intégralité. Thrain aurait donné presque n’importe quoi pour s’évanouir, mais cela n’avait pas été le cas. Il ferma les yeux, et attendit que la douleur passe pour y voir plus clair et se mettre à la recherche d’indice sur le sort de Catherine.

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Jeu 18 Juin - 21:07           
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i]Et après la tempête... le calme. Le cœur de Catherine battait à plus de cent à l'heure, si vite qu'il semblait vouloir s'arracher de sa poitrine. Et sa respiration était bloquée depuis plusieurs secondes maintenant. Depuis qu'après avoir chuté jusqu'à ne plus voir d'étoiles autour d'elle, plus que le noir que dessinait l'ombre du Continent Inférieur, soudain, tout s'était arrêté. L'air caressait ses cheveux et sa peau, elle planait. Peut-être en fait s'était-elle écrasée en bas et ceci était un aperçu de la vie après la mort. Pourtant elle ne se souvenait pas d'avoir percuté le sol, et était pourtant sure que ce fait là l'aurait marqué. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, et restait à planer miraculeusement en rond, portée par un courant d'air chaud. Elle regardait tout autour d'elle pour essayer de saisir l'instant.
Elle vit un oiseau de proie se laisser porter par le même courant, juste en-dessous d'elle. Encore une fois, cette vision la saisit. Elle chutait ! Comment, par le Reflet, pouvait-elle se trouver à planer comme un oiseau ? Ce fut en regardant de plus en plus fixement l'oiseau que la réflexion se mit en route dans son esprit. Pour voler, il faut des ailes. Pour avoir des ailes, il faut d'abord essayer de voler... Prise d'un doute, comme si ses propres pensées s’avéraient impossibles, elle jeta un œil en arrière, dans son dos. Par le Reflet ! des ailes ! elle avait des ailes ! Quatre ailes de papillon bleues comme ses yeux, relevées de brun sombre par endroit, deux grandes supérieures, et deux plus petites inférieures.
Elle n'eut pas le temps de se réjouir. Son brusque mouvement l'avait déséquilibrée, et elle reprit sa chute avec un cri de surprise. Elle tombait à présent de dos. Elle avait mal, et mit une seconde à comprendre qu'il s'agissait de ses ailes qui souffraient d'être ainsi en prise au vent. Elle mobilisa tous ses muscles pour se retourner. Alors elle prit pleinement contrôle de ses ailes. C'était une sensation merveilleuse que de sentir brusquement un prolongement de son corps naître si brusquement, et de pouvoir le contrôler tout naturellement.
Néanmoins, elle ne savait pas encore voler, sans compter qu'elle fatiguait vite. Il lui fallut réfléchir à se pauser. Remonter sur le Continent Supérieur était en-dehors de ses possibilités. Elle devrait pour l'instant se contenter du Continent Inférieur. La descente fut un peu trop raide, et l'atterrissage en-dehors de tout contrôle. Elle heurta le sol assez rudement, ce qui l'envoya face contre terre dans la pierre. Le choc lui coupa de nouveau la respiration. La douleur couplée à la fatigue la laissèrent immobile plusieurs secondes sur le sol, jusqu'à ce qu'elle perçoive non loin le bruit d'un choc terrible.

Elle redressa la tête, et se remit à respirer normalement. Elle ne savait pas bien ce qui était susceptible de heurter le sol aussi fort, mais elle avait un terrible pressentiment. Elle avait laissé Thrain seul avec la Mage, là-haut... Le simple fait de penser que la Mage aurait pu l'envoyer la retrouver en bas lui donnait des frissons. Il avait montré tant de bonne volonté pour la tirer d'affaire que l'imaginer s'écraser en bas lui était insupportable. Mais ça pouvait être n'importe quoi après tout. Le Continent Inférieur n'était pas réputé pour sa tranquillité. Le Reflet seul savait quelle chose aurait pu faire ce bruit. Ou n'importe quel rocher détaché du Continent Supérieur aurait pu s'écraser en bas...
Non, elle devait en avoir le cœur net. Elle ne pouvait pas rester de toute façon, et elle devait s'assurer que Thrain allait bien. Il devait toujours se trouver en haut. Si elle se levait et qu'elle marchait un peu, elle ne trouverait rien. Alors elle pourrait songer l'esprit plus ou moins tranquille à comment le rejoindre en haut. A demi aveugle en plus ! comment allait-elle bien pouvoir se repérer. C'était bien beau d'avoir des ailes mais encore fallait-il voir où l'on va avec. Si le destin l'avait pourvu d'ailles, il n'en allait pas de même avec la vue.
Elle se redressa doucement pour ne pas se faire mal, en poussant sur ses bras endoloris par la chute. Toutefois, elle n'avait pas de gros dégâts à déplorer. Elle s'était ouvert un genou et un coude, qui coloraient doucement ses vêtement plus ou moins déchirés par endroit. Ses ailes, d'ailleurs, pour sortir, avaient largement ouvert sa chemise et sa veste dans son dos. Ses nouveaux membres se portaient bien, mais elle n'avait aucune idée de comment les rétracter. Elle s'en abstint donc, plutôt que de faire une bêtise. Elle se mit en route vers le bruit.
Ce n'était pas très prudent, mais c'était le seul moyen de savoir. Il aurait été bien bête de mourir après avoir survécu à une chute pareille et obtenu des ailes... Sans compter qu'il faisait plus froid en bas qu'en haut, et que marcher la réchaufferait. Elle n'eut pas longtemps à avancer toutefois. Malgré le noir qui l'entourait elle discerna aisément la silhouette à terre. L'angoisse lui prit aussitôt les tripes.[/i]

"Thrain ?, s'exclama-t-elle en se mettant à courir vers la silhouette.
Après quelques mètres, plus de doute ne fut possible. Elle reconnaissait la silhouette. Ce fait, toutefois, était étrange, ce qui lui fit décélérer sa course petit à petit jusqu'à parvenir à lui. En effet, c'était bien Thrain. Ou en tout cas ce qu'elle en discernait. En fait, elle se rendit compte qu'elle ne s'était pas attendue à le reconnaître. Elle s'attendait plutôt à trouver une marre de sang. Ce qui aurait été proprement horrible. Il se trouvait cependant en un seul et même morceau, bien entier. Elle en resta pantoise.
Elle tomba à genou à ses côtés, ce qui lui tira une grimace car elle avait oublié qu'elle s'était égratignée, et que le sol était de pierre. Elle se trouva près de lui, et put pleinement juger de son état. Il était... vivant ! C'était proprement incroyable ! Comment était-ce possible ? Le moyen le plus rapide de le savoir était encore de lui demander.

-Thrain, vous... vous allez bien ? Vous êtes vivant, je n'arrive pas à le croire..."

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Ven 19 Juin - 14:14           
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Mon corps tout entier tremble de douleur. Ou alors juste ma tête, je ne sais pas trop… Faire le vide dans sa tête pour soulager la migraine qui avait suivi l’impacte n’aida pas vraiment celui qui s’était pris pour un oiseau dans un moment de folie. En effet, ses nerfs tremblaient tellement qu’il lui était impossible de faire le vide et de ne penser à rien. Et c’était d’autant plus difficile qu’il ne pouvait s’empêcher de se demander dans quel état pouvait bien être Catherine. Si lui-même avait fini dans cet état après une chute d’à peine cinquante mètres, et alors qu’il était presque immortel, dans quelle état pouvait-elle bien se trouver Catherine qui avait fait une chute bien plus importante ?

Dans un premier temps, il avait voulu utiliser cette pensée pour se forcer à se lever. De l’auto-motivation en somme. Mais son corps avait tellement refusé qu’il avait bien vite abandonné. La douleur était déjà à peine supportable, il n’était pas nécessaire d’en rajouter encore davantage. Finalement, son ambition de se lever fut réduire, et il ne se mobilisa que pour se retourner de façon à être allongé sur le dos de manière un peu plus confortable. Bien évidement il lui fut impossible de s’installer de manière « confortable »  sur un lit un pareil lit de pierre. Mais au moins, s’il ouvrait les yeux, il pouvait voir… D’où il avait chuté.

En réalisant la distance qu’il avait parcouru si vite, il se traita de tout les noms intérieurement. Il comprenait pourquoi il avait mal brutalement. La vision de la hauteur était biaisé depuis une hauteur. Sans référentiel de taille, cela semblait haut.  Mais depuis le sol, et en voyant jusqu’où s’élever ce foutu promontoire, il ne put s’empêcher de gémir après coup. J’au sauté de là-haut se désespérât-il. Encore une stupidité de plus à ajouté à la liste déjà trop longue que j’ai réalisé ces deux dernières années. Mais celle là doit facilement trouver sa place dans le top dix de mes pires conneries jamais réalisé.

Il avait mal, mais il ne pouvait s’empêcher de penser à tout et à rien. D’abord parce que cela lui permettait de se distraire un peu de la douleur, et ensuite parce que cela lui permettait de ne pas penser à l’état dans lequel Catherine se trouvait peut être. Quand cette pensée revient pour la deuxième fois, il ressaya de se lever, mais échouant à nouveau avant même d’avoir réussi à se relever, il ferma les yeux et se concentra sur sa respiration.
-Thrain ?

Une voix qu’il reconnu aussitôt l’avait appelé. Il ouvrit les yeux, et tourna la tête dans la direction d’où venait le cri. A peine eu-t-il vu Catherine qu’il referma les yeux en vitesse. Ok, il devait s’être blessé à la tête plus gravement qu’il ne le pensait. Elle avait…des ailes ? Il rouvrit fugitivement les yeux, et constata que les ailes de papillon toute bleu qu’il venait de voir n’avait pas disparu. Donc, soit il était en train d’halluciner, ce qui n’était pas impossible après une chute pareille, soit Catherine n’était pas humaine comme il l’avait supposé. Cela n’avait rien d’impossible, d’autant plus que lui-même n’était pas humain. Il opta donc pour la seconde option. Le chasseur de Prime ne voulait pas croire que l’on puisse souffrir autant et avoir des hallucinations en même temps.  Mais juste par précaution, il referma les yeux. Il avait déjà suffisamment mal à la tête sans se poser mille et une questions sur l’apparition de ces ailes.

Mais au fond, il était soulagé. Une bonne partis de la tension qui le suivait depuis qu’il avait commencé à descendre cette foutu falaise venait de se dissiper. Catherine n’était pas morte, et elle était même dans un bien meilleur état que lui. Il sourit en pensant que la mage allait être sacrément déçue.

La première question que lui posa Catherine, à savoir s’il allait bien, l’aurait bien fait rire s’il n’avait pas eu aussi mal. Si j’allais bien ? Après une chute de cinquante mètres ? Était-il vraiment nécessaire de poser la question se demanda-t-il à demi-amusé. Il avait mal, c’était un fait, mais il ne put pas s’empêcher de répondre avec un soupçon d’ironie amusé.
-Vous me demandez si je vais bien ? Après une chute d’au moins cinquante mètres ? Ais-je vraiment besoin de répondre ?

Thrain décida ensuite qu’il avait suffisamment fait le mort et réuni toute ses forces pour se relever et s’assoir de manière un peu plus convenable. La douleur dans ses membres avait déjà quasiment totalement reflué, restait la migraine tenace qui le tarauderait pendant quelques jours. Cette fois, il réussit à s’assoir, puis regarda autour de lui. Ses épées étaient quelques parts par là. Il devait les récupéré. Puis il regarda Catherine. Il était encore sonné, mais pas assez pour ne pas lire l’incompréhension dans sa façon de le regarder. Il venait  de comprendre avec un temps de retard le sens de sa deuxième phrase. Evidemment qu’il était vivant, il était à moitié Homonculus.
Thrain aurait préféré qu’elle n’en sache rien, mais il avait trop mal à la tête pour essayer de penser à une demi-vérité crédible. Il posa une main sur son front et soupira. Puis regarda Catherine. Elle était conteuse. Peut être ne le prendrait-elle pas trop mal. Mais il voulait quand même qu’elle garde son secret pour elle.
-C’est normal que vous ne compreniez pas pourquoi je suis vivant, mais n’allais pas penser que je suis immortel. C’est loin d’être le cas, même si je suis plus résistant que je n’en ai l’air. Il y a une raison à ma survie, mais ce n’est pas une information que j’aime partager, aussi vous demanderais je de la garder pour vous. Pouvez-vous me promettre de ne pas partager cette information, ou tout du moins de ne jamais dire à autrui que cela me concerne ?

Il était sur le point de lui demander si elle pouvait chercher ses épées qu’il avait fait tomber avant de sauter pour lui donner le temps de peser sa réponse, quand il se souvient qu’elle était malvoyante. Il se retint donc de faire cette demande, même s’il n’aimait pas l’idée de se savoir sur le continent inférieur désarmé. Il avait l’impression que sa tête était prise dans un étau, qui voulait la broyer tant il avait mal, mais il s’efforçait de ne rien en laisser paraître. Il aurait bien aimé que la douleur cesse, mais il le savait, cela n’arriverait pas. Donc, à la place, il espérait que Catherine pourrait garder son secret.

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Dim 21 Juin - 16:40           
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HRP : désolée c'est un peu court ^^ mieux valait attendre les explications de Thrain avant de passer à autre chose.

Catherine était complètement dépassée par les événements. Si dépassée d'ailleurs qu'elle se rendait tout juste compte de la stupidité de sa question. Elle écouta la réponse de Thrain, qui lui tira un sourire malgré elle. La situation était loin d'être drôle, et pourtant elle était porteuse d'espoir. Ils étaient miraculeusement en vie.
"Non, vous n'avez pas besoin de répondre. Pardon pour cette question. Mais c'est simplement que... Nous avons tous deux survécus à une telle chute... j'en tremble encore. C'est si invraisemblable et impressionnant à la fois, que j'en viens à poser des questions qui n'ont aucun sens.

Son interlocuteur poursuivit alors quant à ce qui était à l'origine de sa survie. Elle était Conteuse, et son métier consistait à répéter les histoires des gens. Néanmoins, elle connaissait aussi pas mal de secrets, sur de nombreuses personnes. Toutes histoire est bonne à prendre, pas à Conter. Catherine le regarda donc droit dans les yeux (ou tout du moins essaya) pour répondre.
N'ayez crainte, je peux garder des secrets. Et je m'avoue très intéressée par votre histoire. Avouez que ce n'est pas commun, de survivre à 50 mètres de chute libre. Et je ne vois absolument pas comment vous pourriez en être capable. Enfin, je ne vois pas de scénario possible. Vous avez donc toute mon attention, et je vous promets de ne dire mot de cette conversation à personne."

Elle laissa Thrain rassembler ses idées pendant que son regard errait dans le noir alentour. Aucun moyen de se situer pour elle. Elle savait juste qu'ils avaient atterri au milieu des plaines rocheuses, certainement un des endroits les plus dangereux du Continent Double. Elle espérait simplement qu'ils se trouvaient assez loin du temple et de ses créatures sanguinaires. Ainsi auraient-ils, peut-être, une chance de survie. Après tout, ils avaient déjà traversé une sacrée épreuve en sautant du Continent Supérieur. A présent, il leur fallait y remonter. Passer la nuit serait déjà pas mal.
Elle avait entendu de nombreuses histoires sur les créatures des plaines rocheuses. Elle savait qu'elle n'avait personnellement aucune chance de leur échapper. Ils devaient faire route vers le sud toute la nuit dans l'espoir de ne pas se faire attraper. Sa chance, c'était de se trouver en compagnie d'un homme qu'elle qualifierait pour l'instant de "quasi immortel", puisque immortel il n'était pas, il venait de le lui dire. Ils n'étaient pas encore tirés d'affaire, mais elle avait déjà envie de lui accorder mille merci, pour tout ce qu'il avait fait : empêcher son enlèvement, faire face à la Mage là-haut, avant de se jeter avec elle dans le vide.
Mis à part les créatures, leurs autres ennemis seraient également la faim, la soif, le froid. Le vent soufflait fort sur les plaines la nuit, et le soleil leur étant masqué pendant une bonne partie du jour, l'air n'y était que plus froid. Catherine connaissait cette zone comme une sorte d'immense désert, néanmoins s'il y avait de la vie, il devait y avoir de l'eau. Pour ce qui était de la nourriture, elle doutait fortement d'être apte à ingérer la même chose que les monstres du Continent Inférieur.
C'est sur ces pensées qu'elle se cala entre deux pierres près de Thrain, afin d'écouter un peu plus confortablement ce qu'il avait à lui dire, et de pouvoir discuter rapidement ensuite de la conduite à tenir. S'il était blessé, évidemment cela compliquerait les manœuvres. Néanmoins dans tous les cas, il leur faudrait s'échapper d'ici, vite.

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Lun 22 Juin - 23:10           
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Bien que prie de court, Thrain n’avait pas raté l’occasion de détendre un peu l’atmosphère. Lui-même avait connu des situations autrement plus catastrophiques que celle là. A partir de là, il ne lui semblait pas nécessaire d’avoir à s’alarmé plus que nécessaire. Certes, jouer le garde du corps sur le continent inférieure ne faisait pas partis de ses habitudes mais il se savait capable de résoudre ce problème. Thrain continua donc sur un ton léger. 
-Oh, il n’est pas nécessaire de s’en faire pour ça. Son nez a bien reçu mon message, pourquoi ne pourrait-elle pas recevoir le votre à notre prochaine rencontre ? répondit Thrain amusé par l’idée de pouvoir caser un nez presque sous contrat. L’idée de pouvoir être un jour embauché pour caser un nez à une personne qui le mérite le fit sourire. 

La suite de la réflexion de Catherine s’inscrivit dans la même logique que celle de Thrain. Il ne lui avait pas cassé le nez gratuitement. Si effectivement il avait du la traquer, avoir un signe de reconnaissance aussi flagrant était toujours  bon à prendre. Surtout quand on avait affaire à un mage capable de changer d’apparence. Avec un nez cassé, il avait bien plus de chance de la retrouver. 

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La réaction de Catherine face à son refus de considérer l’existence des malédictions le surpris. Puis il comprit qu’il s’était mal exprimé. C’était maladroit de sa part de lui dire qu’il ne croyait pas aux malédictions alors qu’elle-même en était victime. Il s’était arrêté quand elle s’était plantée devant lui. Et s’était sentis encore plus mal lorsque la deuxième phrase était tombée. Non, il ne pourrait pas dire cela à ces parents. Mais cela ne changeait rien pour lui.  Il ne croyait pas aux malédictions. Pas plus qu’il ne croyait au destin. Mais il voulait au moins justifier son opinion devant Catherine. D’autant plus qu’elle avait touché involontairement un point sensible. Thrain portait encore le fardeau de son passé. Celui de XIII l’assassin, et celui de la responsabilité de la mort de Saya. Pendant un temps, il aurait donné n’importe quoi pour pouvoir effacer ce funeste passé. Mais il avait fini par comprendre qu’il faisait maintenant parti de lui. On ne peut pas échapper à son passé. Et même s’il avait beau savoir cela,  il ne s’était toujours pas fait à cette idée. 
Thrain leva les mains devant lui en signe d’apaisement. 
-Je suis désolé, c’est de ma faute. Je me suis mal exprimé. Je ne voulais pas laisser entendre que vous n’étiez pas maudite. Ce que je voulais dire c’est que, pour moi, ce sont les actions des gens qui décident de leurs futurs. Ce qui est arrivé à votre village est une tragédie, mais je ne pense pas que la mort de ces enfants soit une conséquence inévitable de la malédiction. Si je ne crois pas aux malédictions, c’est parce que j’attribue plus d’importance au vecteur qu’a la cause. Votre mage s’est mise en tête de réaliser de réaliser par elle-même sa malédiction. Si elle n’en avait rien fait, je pense que vous auriez eu une fini paisible, et qu’aucune force mystique ne vous aurait persécuté. 

Il se tut en moment, pour ne pas risquer d’être a nouveau mal compris puis repris :
-Le fait que vous, comme votre village considérez votre vie comme maudite tiens au fait que la sorcière s’applique à vous détruire. Mais admettons que je supprime cette sorcière de l’équation, pensez vous encore que vous serez maudite par une quelconque volonté supérieure ?  Moi je pense que votre malédiction est humaine. Que c’est cette sorcière qui en est la cause. Donc, si l’on regarde la chose de mon point de vu, il n’y a pas de malédiction lié au destin, mais un être malfaisant qui vient vous détruire à petit feu. Et si on retire cet être, tout ira mieux. Pas de destin écrit donc, et la fatalité de l’instant n’est que l’œuvre de votre mage. Je suis désolé si cela vous offense, mais pour moi, vos maux n’ont qu’une source. La mage. Rien de plus, même si c’est déjà beaucoup je vous l’accorde. Et c’est pour cela que je ne crois pas aux malédictions. 

Il resta ensuite silencieux, attendant sa réaction. Ayant l’habitude de dire ce qu’il pensait comme il le pensait, il n’avait pas pu s’empêcher de partager son point de vu. Lui qui ne croyait ni dans un destin écrit, ni dans la fatalité des choses, il ne pouvait pas admettre qu’une volonté suppérieure puisse ainsi agir sur les vivants. Et cela pour une raison très simple : si un être était injuste, un autre être physique pouvait le corriger comme c’était le cas pour la mage. Mais comment des êtres de chaire et de sang pourraient-ils corriger une volonté suppérieure néfaste ? Pour lui, ce déséquilibre ne pouvait pas exister. Il ne croyait pas en ce qui ne pouvait pas être affronté. L’idée même d’un destin inéluctable le dégoutait. Si tout était écrit par avance, alors il n’y avait aucune raison de s’attarder dans le monde des vivants une seconde de plus. C’était justement l’imprévu, la découverte, la nouveauté,  qui formaient le sel de sa vie. La vie était un combat, mais quel sens aurait-il pu y avoir derrière un combat dont l’issus est déjà décidé ? Cela lui semblait absurde… 

---

Leur progression n’était pas aussi rapide qu’il avait pu le prévoir, car l’obscurité était encore de la partie : il faisait encore nuit et ils n’avaient rien pour éclairer le chemin. Catherine lui avait bien demandé s’il pouvait confectionner une torche, mais dans ces plaines c’était peine perdu. Ou alors, il aurait fallu avoir beaucoup de chance. Le truc c’est que si brutalement on s’était mis à voir plus facilement la route, alors Thrain se serait fait beaucoup de souci. Parce qu’ils auraient été sur le territoire de Magmentule, et la survie de Catherine serait devenu très incertaines. Lui-même n’aurait sans doute pas été attaqué à cause de son ascendance, mais il doutait fortement que l’odeur de Catherine la protège elle aussi. Et sans eau, il savait très bien qu’il ne pourrait pas la protéger. 

Donc ils avançaient donc dans le noir, et c’était tant mieux. Thrain savait qu’il ne risquait pas de ce faire attaquer par des pillards la nuit. Eux aussi dormaient, et au vu des créatures qui peuplaient ce lieu, eux aussi préféraient avoir un camp à garder pour la nuit. Pas fou les bougres. Mais cela signifiait aussi que leur couple insolite devait avancer le plus possible d’ici le petit jour. Parce qu’une fois le jour levé, la probabilité de faire une rencontre, une mauvaise rencontre, augmenterait fortement. Un duo de personne au milieu de cette plaine ne passeraient pas spécialement inaperçu. Surtout sans monture et sans paquetage visible. La question était donc de savoir quel type de surprise allait leur tomber dessus. 

Le jour commençait à se lever lorsque Thrain aperçu les portes closes à l’horizon. Il était plutôt satisfait de la distance parcouru finalement mais son inquiétude allait de manière croissante. Ils étaient loin d’être arrivé, et le côté véritablement dangereux du périple commençait maintenant. Il avait fait le malin plus tôt, mais c’était surtout parce que lui-même était certain de s’en sortir. Si un groupe un peu nombreux leurs tombaient dessus, la sécurité de Catherine serait menacé. Donc, il était tendu, mais essayait de ne pas trop le montrer. 
Ce qu’il craignait fini par se produire lorsqu’il repéra au loin des chevaux. Thrain serra aussi tôt les dents. 
-On va avoir de la compagnie. Je ne vois pas encore combien, mais pour l’instant on continue à avancer. S’ils ont un minimum de bon sens, le groupe fera une reconnaissance. Un couple qui marche ici, c’est suffisamment louche pour qu’il soit méfiant. Ce sera notre chance. Donc, pour le moment on ne change rien, et je te tiens au courant s’il faut fuir. 

Le chasseur de Prime avait commencé à compter les minutes. L’air de rien, ils étaient aux aguets. Regardant furtivement autour d’eux pour essayer de voir s’il ne se dirigeait pas droit vers une embuscade. Thrain savait qu’il prenait un risque en continuant d’avancer, mais il savait aussi que si c’était des bandits, fuir n’aurait fait que les exciter. Et pour peux qu’ils attaquent en groupe, il n’aurait rien pu faire pour Catherine. Donc, il avait opté pour une approche différente. Une qui susciterait la méfiance d’un groupe de bandit. En générale, cette technique seule donnait de bon résultat. On ne dépêchait pas tout le groupe pour une pauvre victime. Cela pouvait arriver, mais c’était assez rare. Généralement, c’était un groupe de quatre ou cinq personnes qui étaient dépêchés.  Et si d’habitude Thrain priait pour qu’ils soient plus nombreux histoire de pimenter un peu le jeu, là, il espérait très fort que ce serait bien un petit groupe. 

Et à son grand soulagement, ce fut le cas. Deux cavaliers et deux personnes à pieds. Il aurait même pu dire qu’il avait de la chance dans la mesure où il n’y avait généralement qu’un cavalier qui jouait le rôle de l’archer. Peut être que parce qu’ils étaient deux, les bandits avaient envoyé deux cavaliers ? Ou peut être que ce n’était pas des bandits. Cela dit, il doutait quand même fortement de la deuxième hypothèse. 
-Ils sont quatre. Deux cavaliers, deux fantassins. S’ils ne sont pas des bandits, tant mieux. Sinon, je m’en occupe, ne prenez pas de risque inutile.  On continue, donc. Ça va aller ? 

La question était purement posée pour la forme. De toute façon, elle n’avait pas le choix. Cela devait aller. 

Le temps parut s’allonger pour Thrain. Il avait acquis la quasi certitude qu’il n’y avait pas de groupe embusqué proche. Il n’y avait donc plus qu’à attendre le contact pour vérifier s’ils avaient à faire des bandits ou a des fous en promenades.  Lorsqu’ils ne furent plus qu’a une cinquantaine de mètres, Thrain les associa à un groupe de bandit. Barbes hirsutes, armure de cuire pour les cavaliers, cape pour dissimuler les armes pour les fantassins, il n’y avait pas de doute possible. Enfin, pas pour un Chasseur de Prime habitué à traiter avec ce genre de charmant personnage. Il nota rapidement l’équipement des cavaliers. Les deux semblaient avoir un arcs accroché à l’arrière de leur cheval, et avaient des épées aux côtés. Il lui faudrait donc faire vite avant qu’ils n’aient le temps de saisir leurs arcs. S’ils le criblaient de flèches lui, ce ne serait pas un probable. S’il visait Catherine… Rapide ou pas, la flèche gagnerait la course, il le savait. 

Il fit le vide dans son esprit pour se préparer au combat, et détacha son regard du groupe. Jouant l’innocent, Thrain continua à marcher bien calmement. Lorsque les deux groupes se croisèrent, à moins d’un mètre de distance il se força à les laisser passer. Ne pas engager quand ils étaient sur leurs gardes. Seulement après eux pour l'effet de surprise. Les deux groupes se retrouvèrent alors exactement au même niveau. 

Un pas. 

L’autre groupe s’arrêta. Les cavaliers commencèrent à faire faire demi-tour à leur monture alors que les hommes à pieds se retournèrent directement. 

Un autre pas, plus court celui là, mais aussi plus souple. 

-Hé v…

L’interjection du bandit resta coincée dans sa gorge. Vif comme l’éclair Thrain avait bondit. Il dégaina ses épées, sa main gauche en profita pour faire un arc de cercle et s’écrasa contre la tête du bandit qui avait parlé. Celui-ci ne s’y attendait pas, il tomba évanoui sur le coup. Profitant de l’effet de surprise tant qu’il durait encore, Thrain bondit sur le deuxième fantassin, et alors que celui-ci tendait la main vers son arme, l’assomma en le frappant à la tête avec la garde de sa deuxième épée. Deux cibles neutralisé, reste deux. Il ne devait pas leur laisser le temps de sortir leurs arcs. En deux pas, il fut au contact du premier, celui-ci plus proche avait pris son épée. Il avait pour lui la hauteur de sa monture, mais Thrain s’étant placé à l’arrière de celle-ci, le bandit était mal positionné pour frapper avec son arme. Thrain contra négligemment le coup, de son arme gauche, puis ayant lâché son autre épée, arracha l’arc à l’arrière de la bête et le lança avec son carquois à Catherine. N’ayant pas eu le temps de l’informer de son plan, et admettons le, parce qu’il improvisait en direct, il espéra qu’elle comprenne ce qu’il voulait faire. 

Il esquiva ensuite le deuxième coup du bandit, roula, et se releva entre les deux cavaliers et Catherine. Il se plaça dans la ligne de mir entre Catherine et le cavalier armé de son arc, lâcha sa deuxième épée pour mettre les deux bandits en confiance vu qu’il ne le regardait que lui. Il devait gagner du temps pour Catherine. 
-Bien, je suis maintenant désarmé. On négocie ? lança-t-il tourné vers l’archer. Vous vous rendez, et je ne vous fait pas connaitre l’enfer. Un bon deal, vous ne trouvez pas ?

[Voila voila ^^ Donc, je m'arrête là, et je te passe la main. Niveau situation, je suis donc entre toi et eux, le cavalier sans arc est légèrement plus à droite que celui à l'arc qui est pour le coup pile en face de moi. Et comme je suis moi même devant toi, tu es caché de l'archer, mais pas du deuxième à l'épée. Après ma manœuvre, les deux me regarde, mais tu es maintenant libre de leur faire faire ou dire ce que tu veux. Au besoin, demande moi quel action tu peux me prêter si tu veux terminer de t'occuper de ce mini event ^^]



Dernière édition par Thrain le Mer 15 Juil - 15:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Dim 28 Juin - 17:06           
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Catherine était assise sans bouger, attentive à la suite de la conversation. Ce fut sans pouvoir masquer sa surprise qu'elle apprit l'appartenance de Thrain à une autre race que les races communes du Continent Double. De sa vie, elle n'avait jamais croisé pareille personne, et ne se doutait pas qu'il était possible qu'elle en croise un jour. Elle regrettait de ne pas pouvoir le voir plus en détail. Peut-être aurait-elle pu deviner cela plus tôt.
Il lui parla également des forces et des faiblesses de sa race ainsi que des hommes en général. Elle avait déjà entendu quelques histoires sur les Homonculus et leur "quasi invincibilité". Elle ne se rappelait pas particulièrement de ce fait, avant que Thrain ne le lui rappelle. Les Homoculus ne pouvaient donc être défaits que grâce à de l'or. Elle doutait que les armes faites d'or courent les rues. D'autant plus qu'elle doutait également qu'une personne normale ait l'idée d'en utiliser. Ce qui représentait, de son avis, une véritable force pour cette race.
Sa connaissance des Homonculus était tout à fait réduite. Elle n'avait pas souvent eu de témoignage de leur existence. Elle avait plus souvent le récit d'un compagnon de route qui avait perdu quelqu'un face à Homonculus. Les aventuriers fréquentant le Continent Inférieur et les plaines rocheuses étaient ses plus grandes sources d'information. Ce qu'elle savait, avant sa rencontre avec Thrain, c'était simplement que rien ne semblait pouvoir les atteindre. Elle comprenait à présent pourquoi.

Malgré le fait qu'il soit presque immortel, il n'en restait pas moins aux yeux de la Conteuse une personne extrêmement courageuse. Peu d'Homonculus devaient déjà avoir expérimenté pareille chute, si bien qu'il ne devait pas savoir avant de sauter s'il allait s'en sortir. Elle le comprenait vaguement à sa façon de raconter l'événement. Cela lui tira un sourire lorsqu'il ajouta que même s'il avait su qu'elle avait des ailes, il aurait tout de même sauté. Ce qui la frappait surtout c'était qu'il soit prêt à aider une inconnue, comme ça, sans la connaître. Elle trouvait cela à la fois courageux et inconscient.


« J'ai beaucoup de chance d'être tombée sur vous. Vous m'avez sauvée tout à l'heure, et même si j'avais réussi à m'en tirer je serais tombée ici seule et sans aide, alors que maintenant vous êtes aussi là pour m'aider. Merci.

Il en vint finalement à évoquer la personne qui l'avait poursuivie. Cela lui aurait en temps normal donné des sueurs froides. Néanmoins, il tournait la Mage en dérision (puisqu'elle était sure qu'il s'agissait bien d'elle) et elle rit même de la plaisanterie.
-Je pense que ça lui aurait fortement passé l'envie de me faire tomber de là-haut. Ca lui aurait passé toute envie je pense. Elle serait morte ici en bas. Je ne la pense pas immortelle. Sinon elle aurait déjà trouvé un moyen de me tuer il y a longtemps. Et elle ne se cacherait pas comme elle le fait.

Les dernières paroles de Thrain la laissèrent un peu plus perplexe. Il était logique qu'il lui demande ce qu'il se passait. Ca ne devait pas être tous les jours qu'une malvoyante se faisait pourchasser avec autant de hargne. Néanmoins, elle espérait qu'il ne le fasse pas. Elle était encore sous le choc des événements récents, et commençait déjà à s’inquiéter pour son avenir proche.
Elle avait déjà raconté son histoire à quelques personnes. Cela ne la dérangeait pas. Elle la contait souvent, mais sans dire explicitement qu’il s’agissait d’elle ou qu’elle ne contait que des histoires vraies ou des légendes populaires (considérées donc comme partie intégrante de la réalité). Et Thrain lui avait parlé de ses origines. Cependant, à présent, il lui parlait de s'occuper de celle qui avait jeté la malédiction. Que voulait-il dire ? Et devait-elle le laisser faire ? Même s'il était presque invulnérable, la Mage n'en était pas moins dangereuse.
Ce fut alors qu'une idée lui traversa l'esprit. Elle se morigéna mentalement de ne pas y avoir pensé plus tôt.

-Attendez... la Mage... vous l'avez vue ? Je ne sais pas à quoi elle ressemble, puisqu'elle change toujours d'apparence. Mais je suis certaine qu'elle a une forme réelle qui pourrait être reconnaissable. Vous n'avez rien remarqué de particulier ?

Elle devait maintenant choisir que dire à Thrain. Lui raconter son histoire en totalité aurait pris trop de temps. Elle doutait de plus en plus de la sécurité des lieux, ne pouvant pas s’en assurer elle-même. Posséder un garde du corps ne changeait pas grand-chose. Elle allait lui raconter, mais gardait un avis partagé quant à l’envie manifeste de son coéquipier de « s’occuper » de la Mage.
-Ce qu’elle me veut… c’est une assez longue histoire. Elle date d’avant ma naissance. Je viens d’un village d’Artistes, tous rejetés par leurs pairs, qui ont trouvé refuge au même endroit pour assouvir leur soif d’art. La Mage a un jour fait irruption dans leur vie. Elle se jouait des gens, elle n’était pas qui elle prétendait être, et abusait de notre hospitalité. Alors le village a décidé de la rejeter. Suite à cette décision, elle partit en maudissant le village. Douze enfants devraient naître de cette génération. N’en survivrait aucun. Je fais partie de ces enfants. Je suis maudite. Et je suis la dernière survivante… plus pour longtemps j’imagine.
Elle fit la grimace en terminant sa phrase et, comme Thrain semblait aller un peu mieux, entreprit de se relever et de l’y aider à son tour, au cas-où. Puis elle se détourna un instant pour reprendre contenance. Elle n’avait pas fini de parler, mais le simple fait d’évoquer son histoire dans cette situation lui laissait le goût amer de la crainte perpétuelle.
-Je suis née malvoyante. Il a fallu que ce soit moi qui survive jusqu’ici. Si ça avait été un autre, peut-être aurait-il eu la force d’affronter la Mage. Je sais que je ne le peux pas. Et je serai bientôt aveugle. Je sais me battre à l’épée, mais je ne m’entraîne plus assez souvent pour compenser mon handicap. Sans compter que je suis incapable de pister qui que ce soit…
Elle se retourna vers Thrain, le regard de nouveau calme et brillant d’une nouvelle détermination.
-Vous dîtes que vous êtes Chasseur de prime ? J’en connaît quelques-uns… récemment encore, j’en ai croisée une. Elle sourit en pensant à Daora. Vous aussi vous avez une vengeance à prendre sur la vie ? A moins que vous ne l’ayez déjà prise...
Elle fit un ou deux pas, le temps de réfléchir un peu plus à la proposition qui venait de lui être faite. Mais elle avait encore trop peur penser à prendre la Mage de vitesse.
-Je pense que la hyène a besoin d’une bonne correction. Néanmoins, je n’ai jamais envisagé d’engager qui que ce soit à sa poursuite. Peut-être… peut-être que si nous parvenons à nous sortir du Continent Inférieur vivants, nous pourrons nous arranger à ce sujet.

Catherine se demanda dans quelle direction ils pourraient bien aller. Avec la nuit, impossible de repérer le sud du nord. A moins d’avoir une vue de lynx, les Portes Closes devaient leur être invisibles. Le meilleur moyen de s’en assurer était de s’en remettre à Thrain. Il connaissait le Continent Inférieur, qui plus est…
-D’après vous, que pouvons-nous faire pour nous tirer de là ? Il fait froid, des créatures sanguinaires rodent, nous n’avons plus aucune affaire. Connaissez-vous un endroit où passer la nuit ? Ou pensez-vous qu’il vaut mieux se remettre en route tout de suite ?
La Conteuse peu rassurée glissa une main jusqu’au pommeau de son épée. De l’autre, elle resserra sa veste pour résister au froid. Son regard s’attardait sur le Chasseur de prime, qui ne cessait de lui sauver la mise depuis le début de la soirée.
-Vous savez que vous tentez de sauver une jeune femme sans le sous ? Je ne savais pas que c’était dans les cordes des Chasseurs de prime. »

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Ven 3 Juil - 23:48           
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A la grande surprise de l’Homonculus, Catherine ne fut que surprise d’apprendre qu’il n’était pas humain. En général, les gens avaient souvent un réflexe de rejet. En effet, les Homonculus qui vivaient leur vie paisiblement étaient assez discret. Personne ne prête attention à la paix et a la tranquillité. Les livres d’histoire ne rapportent que les conflits en général. Et comme un Homonculus ayant décidé de faire le mal gagnait rapidement en notoriété, l’avis général sur cette race était très négatif. Et pour avoir rencontré certain Homonculus de cette catégorie, Thrain ne pouvait pas vraiment les blâmer pour ce jugement rapide.

Qu’importait les raisons, il ne laissa rien paraître du soulagement que cette réaction lui procura. Il repensa fugitivement à Saya,  la seule humaine qui l’avait directement accepté, et cela alors qu’elle savait tout des Homonculus, et que le portrait de XIII qui lui avait été fait avait été très clairement amplifié. Une vague de tristesse  l’envahis au souvenir de sa mort. Toutefois cela ne dura pas. Elle qui vivait sa vie pleinement n’aurait pas apprécié qu’il se lamente ainsi.

Lorsque Catherine le remercia, Thrain se contenta de hausser les épaules. A ses yeux, il n’avait fait que suivre ce que sa conscience lui avait dit de faire. Il ne faisait pas grand cas de ses dernières actions. Certes, il avait fait une violente chute, mais il savait qu’il n’en mourait pas. Les risques que lui-même avait pris n’étaient pas si considérables. C’était oublié un peu vite qu’il avait du souffrir le martyr pendant un bon quart d’heure, et qu’il n’avait pas fini de regretter ce saut, mais Thrain était de ces individus inconscients qui relativisaient très vite tout et n’importe quoi. Et dans son cas, surtout le n’importe quoi.

Lorsque sa proposition de s’occuper de la mage tomba avec la question sur le passé de Catherine, Thrain lut tout de suite sur son visage qu’elle se serait passé de cette question. Il était sur le point de se rétracter quand le sourire de la mage se rappela à sa mémoire. Non, il voulait en savoir plus, et comprendre ce qui avait pu motiver une telle haine envers une non voyante. Aussi la question en retour le pris court.
-Son apparence ? Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de la regarder avec attention, elle a très vite changé de visage quand je l’ai attrapé. Le premier était celui d’une jeune femme assez jeune, blonde. Mais je ne pourrais pas la décrire beaucoup plus. Le second en revanche, je pourrais le reconnaître si je le revois, mais je doute que cela soit sa véritable apparence. La jeune fille blonde s’est vieillie très rapidement quand je la tenais… Il réfléchit une seconde puis ajouta l’air de rien, Son nez en revanche devrait être reconnaissable quelque soit son apparence : Juste avant que je ne la relâche, il a mystérieusement explosé.

Bon dans les faits, Thrain lui avait salement explosé le nez avec le pommeau de son épée. A l’heure actuelle, la mage devait encore être en train de se tenir son nez cassé. Le coupable jugea rapidement en lui-même cette action : Était-il vraiment responsable de ce nez cassé ?  La réponse fut immédiate : Il était innocemment, c’était la faute de la sorcière. D’une certaine façon, elle l’avait forcé à la punir en ne répondant pas immédiatement… Et puis c’est fragile le cartilage. Cela se casse facilement… Non, vraiment Thrain ne se sentait pas coupable le moins du monde pour ce malheureux incidents totalement involontaire.
C’était de la pure mauvaise foi, mais après sa chute, Thrain n’en avait plus rien à faire de ce pauvre nez cassé. Si c’était à refaire, il le lui aurait cassé une deuxième fois sans hésiter.

Ce moment d’égarement amusé fut bref. Très bref, et c’est tout à fait sérieux que Thrain écouta l’histoire de Catherine. Elle fit bref, mais son explication était suffisamment claire et concise pour que cela ne pause aucun problème. Une malédiction, hein ? Il comprenait à présent la phrase qu’avait lâchée la mage. Elle pensait en avoir fini avec les douze. Dommage pour la hyène, Catherine était encore bien vivante. Toutefois, Thrain n’aima pas du tout le final de Catherine.

La voyant se relever, il fit de même en acceptant son aide. Il y avait une grande différence entre ne plus avoir mal et avoir récupéré. En dépit de quelques vertiges, il réussit à se lever. Ses jambes le portaient. C’était un bon début. Restait à trouver ses épées qui ne devaient pas être loin, et il serait à nouveau prêt, au moins en apparence à reprendre la route.

Catherine avait continué son histoire pendant que Thrain faisait quelques pas pour se raffermir les jambes. Lorsqu’elle lui demanda s’il avait une vengeance à prendre sur la vie, il se retourna intriguer.  
-Une vengeance ? C’était ce que recherchait l’autre chasseur de prime ? Thrain haussa les épaules, non, je ne cherche pas à me venger de quoi que ce soit. Je veux seulement profiter de la vie, découvrir le monde et faire des rencontres. Je ne me suis jamais vraiment battu pour moi. Se battre pour survivre, oui. Mais se battre de son propre chef en pensant que cela nous aidera à nous réaliser nous même en tant qu’individu, c’est stupide. Il fit une pause puis repris pour commenter les dernières paroles de Catherine. Tout le monde ne peut pas, et n’a pas à se battre. Vous avez essayé, mais ne vous reprochez pas de ne pas pouvoir le faire. Si je suis devenu Chasseur de Prime, c’est justement parce que tout le monde ne peut pas se battre. En me mettant à leur service, je rétablis l’équilibre. Ceux qui ne peuvent pas se battre ont leurs champions. C’est normal. En revanche, ce qui n’est pas normal, c’est de ne pas croire en la vie.  Les malédictions, pour ce que j’en sais, cela n’existe pas. C’est facile de maudire, mais un accident à toujours une cause. Il n’y a aucune volonté supérieure qui a envoyé ce mercenaire vous capturé. C’est l’œuvre d’une personne. Et c’est pur hasard si je suis tombé sur vos traces. Le destin n’a pas à se mêler de ma vie. Pourquoi laisseriez-vous une malédiction se mêler de la votre ?  

L’Homonculus n’aimait pas que l’on laisse le destin ou autre chose guidé ses pas. Saya lui avait rendu sa liberté, celle qu’il avait cru perdre en s’engageant sur la voie du meurtre. Il vivait pour la liberté, et n’aimait pas que l’on puisse se résoudre aussi facilement à une fatalité pareille.  Repérant au loin ses épées par terres, il se dirigea vers elles.

-Après, si vous avez besoin d’un peu d’aide en ce qui concerne votre problème, il se pencha et ramassa ses épées, elle semblait avoir bien encaissé la chute, ou tout du moins, mieux que son corps. Il rattacha ses fourreaux à sa ceinture puis se retourna en sortant ses lames pour vérifiait qu’elle n’avait rien et repris, je peux bien m’improviser Chasseur de malédiction à titre temporaire sourit-il en rengainant ses lames dans un chuintement de métal.

(*HRP* Je diffère un peu, pour ce qui est de l’organisation du départ. Question Rp, j’imagine que la réponse à ce qui est au dessus sera suivie par une réponse en décalage avec l’organisation de départ. Donc, j’ouvre un deuxième créneau temporelle avec cinq minutes de décalage si cela te conviens ^^)

La question de Catherine sur la suite des événements recentra Thrain sur l’instant immédiat. Leur situation n’était pas brillante quoi pas aussi désespéré que ne semblait le croire Catherine.  Ils n’avaient pas de vivre certes, mais le Chasseur de Prime n’en prenait presque jamais pour rejoindre le temple. Il comptait sur les pillards et autre brigand du champ de bataille pour se fournir en équipement. Et c’était d’ailleurs ce qu’avait prévu de faire Thrain. Leur demander plus ou moins poliment des vivres et des chevaux. Par contre, elle n’avait pas tort pour le froid. Lui ne le sentait pas vraiment ayant vécu sur le continent inférieure une bonne partie de sa vie, mais il savait que les brigands s’en plaignaient beaucoup. Une cible morte de froid ne rapportant pas la moindre pièce, il avait appris à les ménager. Mais en cet instant, il n’avait rien pour Catherine.  
Après, l’idée de dormir quelques heures ne lui aurait pas déplu après sa veille forcé, mais après une telle chute, et vu la façon dont sa tête le lançait, il savait qu’il ne pourrait pas trouver le sommeil. Et il voyait mal Catherine dormir paisiblement sur le continent inférieur… Se mettre en route était donc la meilleure solution. Pendant qu’il réfléchissait et se repérait mentalement, Thrain nota la nervosité de la conteuse qui avait posé la main sur son épée. Thrain allait lui expliquer ce qu’il avait prévu de faire lorsqu’elle ajouta quelque chose :
-Vous savez que vous tentez de sauver une jeune femme sans le sous ? Je ne savais pas que c’était dans les cordes des Chasseurs de prime.

Cette remarque fit s’esclaffer Thrain.
-Oulala… si vous saviez à quel point je me moque de ce genre de considération , sourit-il. Si j’avais voulu gagner de l’argent, je ne serai pas devenu Chasseur de Prime. Je vis pour ce que je veux faire, et c’est tout. J’ai d’abord suivis votre trace par curiosité, et maintenant je veux vous aider parce que une civile n’a aucune raison d’avoir une prime sur le dos. Je suis mes règles, pas le code du parfait petit chasseur de prime. Vous avez besoin d’aide, je vous aide. Il ne faut pas chercher plus loin. Pour être heureux, il ne faut pas se prendre la tête avec ce genre de truc.

Il lui sourit puis fit quelque pas en direction du champ de bataille.
-On va se mettre en route maintenant, sauf si vous tenez à passer la nuit ici. Dans un premier temps, on va se diriger vers le champ de bataille. Il faut que l’on récupère quelques vivres et des montures. Et le meilleur moyen pour ça, c’est de demander tout ce matériel aux premières personnes qui auront la gentillesse de nous rendre visite. Je n’ai pas l’air comme ça, mais avec mes deux amies, il posa ses mains sur les pommeaux de ses épées, on est des supers négociateurs dit-il dans un sourire amusé.

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Mer 8 Juil - 15:24           
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La Conteuse fut d’abord déçue lorsque l’Homonculus lui annonça ne pas pouvoir lui décrire la Mage avec précision. Elle se préparait à lancer un « ce n’est pas grave, j’aurais dû m’en douter » et soupirait d’avance. Néanmoins, Thrain avait quelques indices à lui donner. Une jeune femme assez blonde… il pouvait y en avoir des tas. Cela restait une piste exploitable. Elle avait rapidement changé d’apparence, cela signifiait donc qu’elle aurait pu être découverte d’une quelconque manière si elle avait conservé cette forme. Le Chasseur de prime ajouta malicieusement que le nez de la Mage avait « mystérieusement explosé » « juste avant qu’il ne la relâche ». Elle faillit éclater de rire, tant le simple fait qu’il ait pu l’atteindre un tant soit peu la mettait de bonne humeur. Elle ne cela laissa aller qu’à un petit rire complice, avant de commenter :
« « Mystérieusement » dîtes-vous ? Je suis déçue… moi qui pensais que vous auriez pu lui briser le nez de ma part.
Elle se reprit ensuite, car elle réalisait que ceci pourrait être un détail crucial.
-En tout cas elle ne passera plus inaperçue au moins ! Cela me permettra peut-être de la voir venir –si ma vue n’a pas encore baissé d’ici là- et si je vous laisse vous occuper d’elle, cela vous permettra de la repérer plus facilement.
Cet écart de sérieux mis à part, elle était très satisfaite de savoir la Mage entrain de souffrir d’un nez cassé, et aurait volontiers remercié Thrain une nouvelle fois. Mais mieux valait ne pas se montrer trop prolixe en remerciement.

Un fois Thrain de nouveau debout, il fit quelques pas autour d’eux. Il cherchait visiblement quelque-chose. De ce qu’il lui raconta par la suite, il ne cherchait pas la vengeance. Rien à voir, donc, avec Daora, ou d’autre Chasseurs qu’elle avait pu croiser. Il faisait partie d’une autre catégorie, celle de ceux qui cherchent à voyager. Catherine attendait qu’il poursuive son histoire, lorsqu’il en vint à parler d’elle. Selon lui, il était pour elle et pour les autres personnes sans défense un moyen de continuer de se battre avec toutes les chances de réussite. Lorsqu’il en vint à parler de malédiction et de destin, elle fronça les sourcils. Visiblement, leurs avis divergeaient fortement sur ce point.
En effet, Catherine avait, de fait, toujours cru au destin. Et bien sûr pour elle, tout ce qui c’était passé jusqu’à ce jour pour son village était bien dû à la malédiction, pas à des causes isolées ou bien elle ne savait quoi d’autre. Elle laissa cependant Thrain finir, car son avis était bien sûr légitime. Il n’avait jamais eu de malédiction sur le dos, ne devait prêter que peu d’attention aux autres personnes potentiellement maudites. Et puis… les malédictions ça restait rare.

-Oui, c’était bien ce que cherchait l’autre Chasseur. Mais j’aime beaucoup votre approche de la profession.
Elle se planta ensuite devant son interlocuteur.
-Les malédictions ça n’existe pas ?, lâcha-t-elle, vexée malgré elle. Venez dire ça aux parents qui ont perdu leurs enfants dans mon village. Onze enfants sur douze sont morts à cause de cette Mage. Nous sommes maudits, peu importe ce qu’on en dit. Comment me déferai-je de cela ? Je ne peux pas tout simplement me réveiller un matin et oublier, et me dire qu’il n’y a pas de malédiction, pas de destin, que tout ceci n’est dû qu’à la fatalité. Tous ces accidents… comme vous dîtes. Ont tous la même source : la Mage, et sa malédiction.
Elle perçut le cliquetis des armes sur la pierre. Thrain devait avoir récupéré ses épées au sol. Dans le même temps, il lui renouvela sa proposition, cette fois sous la forme de « Chasseur de malédiction à titre temporaire ». Elle perçut son sourire dans sa voix.
-Bien… peut-être… commençons par nous tirer de cette mauvaise passe. Nous en reparleront une fois à l’abri sur le Continent Supérieur.
Thrain sembla réfléchir un instant, puis s’esclaffa suite à sa remarque sur le fait qu’elle n’avait pas d’argent. Il n’en avait strictement rien à faire. Ce qui ne fit que renforcer l’estime que Catherine commençait à avoir de lui. Il lui exposa ensuite son plan, qu’elle approuva d’un signe de tête.
-Pas de temps à perdre alors, je vous suis. »
Elle se mit immédiatement en marche, et fit attention à ne pas se prendre les pieds dans les rochers, ce qui n’était pas une mince affaire. Cela ralentissait considérablement sa progression. De nuit, elle n’y voyait pas assez pour repérer ses obstacles. Elle butait donc fréquemment contre un rocher plus gros que prévu. Elle aurait bien eu besoin d’une torche, elle ne pouvait cependant pas trouver le bois nécessaire à terre. Elle demanda donc à Thrain, s’il trouvait du bois, de leur confectionner une torche pour leur faciliter la chose.
Ils étaient ainsi condamnés à passer la nuit à marcher dans le froid mordant, en ne se reposant que peu. Le jour pointait le bout de son nez à l’horizon lorsqu’il purent voir la muraille et les portes closes qui leur tendaient les bras, apparaître à encore plusieurs lieux de marche.

[HRP : Alors pourquoi j’ai arrêté là ? j’aurais bien continué, mais je préfère que tu vois d’abord ce que tu préfères voir arriver : ils arrivent sans encombre ou se font attaquer en route, croisent des gens (ou des cadavres sur le chemin)… De plus pour la rencontre avec tes contacts, il vaut mieux que ce soit toi qui en parle le premier. Pour toutes ces raisons, je te laisse le champ libre ^^]


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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Mar 14 Juil - 17:05           
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Bien que prie de court, Thrain n’avait pas raté l’occasion de détendre un peu l’atmosphère. Lui-même avait connu des situations autrement plus catastrophiques que celle là. A partir de là, il ne lui semblait pas nécessaire d’avoir à s’alarmé plus que nécessaire. Certes, jouer le garde du corps sur le continent inférieure ne faisait pas partis de ses habitudes mais il se savait capable de résoudre ce problème. Thrain continua donc sur un ton léger. 
-Oh, il n’est pas nécessaire de s’en faire pour ça. Son nez a bien reçu mon message, pourquoi ne pourrait-elle pas recevoir le votre à notre prochaine rencontre ? répondit Thrain amusé par l’idée de pouvoir caser un nez presque sous contrat. L’idée de pouvoir être un jour embauché pour caser un nez à une personne qui le mérite le fit sourire. 

La suite de la réflexion de Catherine s’inscrivit dans la même logique que celle de Thrain. Il ne lui avait pas cassé le nez gratuitement. Si effectivement il avait du la traquer, avoir un signe de reconnaissance aussi flagrant était toujours  bon à prendre. Surtout quand on avait affaire à un mage capable de changer d’apparence. Avec un nez cassé, il avait bien plus de chance de la retrouver. 

---

La réaction de Catherine face à son refus de considérer l’existence des malédictions le surpris. Puis il comprit qu’il s’était mal exprimé. C’était maladroit de sa part de lui dire qu’il ne croyait pas aux malédictions alors qu’elle-même en était victime. Il s’était arrêté quand elle s’était plantée devant lui. Et s’était sentis encore plus mal lorsque la deuxième phrase était tombée. Non, il ne pourrait pas dire cela à ces parents. Mais cela ne changeait rien pour lui.  Il ne croyait pas aux malédictions. Pas plus qu’il ne croyait au destin. Mais il voulait au moins justifier son opinion devant Catherine. D’autant plus qu’elle avait touché involontairement un point sensible. Thrain portait encore le fardeau de son passé. Celui de XIII l’assassin, et celui de la responsabilité de la mort de Saya. Pendant un temps, il aurait donné n’importe quoi pour pouvoir effacer ce funeste passé. Mais il avait fini par comprendre qu’il faisait maintenant parti de lui. On ne peut pas échapper à son passé. Et même s’il avait beau savoir cela,  il ne s’était toujours pas fait à cette idée. 
Thrain leva les mains devant lui en signe d’apaisement. 
-Je suis désolé, c’est de ma faute. Je me suis mal exprimé. Je ne voulais pas laisser entendre que vous n’étiez pas maudite. Ce que je voulais dire c’est que, pour moi, ce sont les actions des gens qui décident de leurs futurs. Ce qui est arrivé à votre village est une tragédie, mais je ne pense pas que la mort de ces enfants soit une conséquence inévitable de la malédiction. Si je ne crois pas aux malédictions, c’est parce que j’attribue plus d’importance au vecteur qu’a la cause. Votre mage s’est mise en tête de réaliser de réaliser par elle-même sa malédiction. Si elle n’en avait rien fait, je pense que vous auriez eu une fini paisible, et qu’aucune force mystique ne vous aurait persécuté. 

Il se tut en moment, pour ne pas risquer d’être a nouveau mal compris puis repris :
-Le fait que vous, comme votre village considérez votre vie comme maudite tiens au fait que la sorcière s’applique à vous détruire. Mais admettons que je supprime cette sorcière de l’équation, pensez vous encore que vous serez maudite par une quelconque volonté supérieure ?  Moi je pense que votre malédiction est humaine. Que c’est cette sorcière qui en est la cause. Donc, si l’on regarde la chose de mon point de vu, il n’y a pas de malédiction lié au destin, mais un être malfaisant qui vient vous détruire à petit feu. Et si on retire cet être, tout ira mieux. Pas de destin écrit donc, et la fatalité de l’instant n’est que l’œuvre de votre mage. Je suis désolé si cela vous offense, mais pour moi, vos maux n’ont qu’une source. La mage. Rien de plus, même si c’est déjà beaucoup je vous l’accorde. Et c’est pour cela que je ne crois pas aux malédictions. 

Il resta ensuite silencieux, attendant sa réaction. Ayant l’habitude de dire ce qu’il pensait comme il le pensait, il n’avait pas pu s’empêcher de partager son point de vu. Lui qui ne croyait ni dans un destin écrit, ni dans la fatalité des choses, il ne pouvait pas admettre qu’une volonté suppérieure puisse ainsi agir sur les vivants. Et cela pour une raison très simple : si un être était injuste, un autre être physique pouvait le corriger comme c’était le cas pour la mage. Mais comment des êtres de chaire et de sang pourraient-ils corriger une volonté suppérieure néfaste ? Pour lui, ce déséquilibre ne pouvait pas exister. Il ne croyait pas en ce qui ne pouvait pas être affronté. L’idée même d’un destin inéluctable le dégoutait. Si tout était écrit par avance, alors il n’y avait aucune raison de s’attarder dans le monde des vivants une seconde de plus. C’était justement l’imprévu, la découverte, la nouveauté,  qui formaient le sel de sa vie. La vie était un combat, mais quel sens aurait-il pu y avoir derrière un combat dont l’issus est déjà décidé ? Cela lui semblait absurde… 

---

Leur progression n’était pas aussi rapide qu’il avait pu le prévoir, car l’obscurité était encore de la partie : il faisait encore nuit et ils n’avaient rien pour éclairer le chemin. Catherine lui avait bien demandé s’il pouvait confectionner une torche, mais dans ces plaines c’était peine perdu. Ou alors, il aurait fallu avoir beaucoup de chance. Le truc c’est que si brutalement on s’était mis à voir plus facilement la route, alors Thrain se serait fait beaucoup de souci. Parce qu’ils auraient été sur le territoire de Magmentule, et la survie de Catherine serait devenu très incertaines. Lui-même n’aurait sans doute pas été attaqué à cause de son ascendance, mais il doutait fortement que l’odeur de Catherine la protège elle aussi. Et sans eau, il savait très bien qu’il ne pourrait pas la protéger. 

Donc ils avançaient donc dans le noir, et c’était tant mieux. Thrain savait qu’il ne risquait pas de ce faire attaquer par des pillards la nuit. Eux aussi dormaient, et au vu des créatures qui peuplaient ce lieu, eux aussi préféraient avoir un camp à garder pour la nuit. Pas fou les bougres. Mais cela signifiait aussi que leur couple insolite devait avancer le plus possible d’ici le petit jour. Parce qu’une fois le jour levé, la probabilité de faire une rencontre, une mauvaise rencontre, augmenterait fortement. Un duo de personne au milieu de cette plaine ne passeraient pas spécialement inaperçu. Surtout sans monture et sans paquetage visible. La question était donc de savoir quel type de surprise allait leur tomber dessus. 

Le jour commençait à se lever lorsque Thrain aperçu les portes closes à l’horizon. Il était plutôt satisfait de la distance parcouru finalement mais son inquiétude allait de manière croissante. Ils étaient loin d’être arrivé, et le côté véritablement dangereux du périple commençait maintenant. Il avait fait le malin plus tôt, mais c’était surtout parce que lui-même était certain de s’en sortir. Si un groupe un peu nombreux leurs tombaient dessus, la sécurité de Catherine serait menacé. Donc, il était tendu, mais essayait de ne pas trop le montrer. 
Ce qu’il craignait fini par se produire lorsqu’il repéra au loin des chevaux. Thrain serra aussi tôt les dents. 
-On va avoir de la compagnie. Je ne vois pas encore combien, mais pour l’instant on continue à avancer. S’ils ont un minimum de bon sens, le groupe fera une reconnaissance. Un couple qui marche ici, c’est suffisamment louche pour qu’il soit méfiant. Ce sera notre chance. Donc, pour le moment on ne change rien, et je te tiens au courant s’il faut fuir. 

Le chasseur de Prime avait commencé à compter les minutes. L’air de rien, ils étaient aux aguets. Regardant furtivement autour d’eux pour essayer de voir s’il ne se dirigeait pas droit vers une embuscade. Thrain savait qu’il prenait un risque en continuant d’avancer, mais il savait aussi que si c’était des bandits, fuir n’aurait fait que les exciter. Et pour peux qu’ils attaquent en groupe, il n’aurait rien pu faire pour Catherine. Donc, il avait opté pour une approche différente. Une qui susciterait la méfiance d’un groupe de bandit. En générale, cette technique seule donnait de bon résultat. On ne dépêchait pas tout le groupe pour une pauvre victime. Cela pouvait arriver, mais c’était assez rare. Généralement, c’était un groupe de quatre ou cinq personnes qui étaient dépêchés.  Et si d’habitude Thrain priait pour qu’ils soient plus nombreux histoire de pimenter un peu le jeu, là, il espérait très fort que ce serait bien un petit groupe. 

Et à son grand soulagement, ce fut le cas. Deux cavaliers et deux personnes à pieds. Il aurait même pu dire qu’il avait de la chance dans la mesure où il n’y avait généralement qu’un cavalier qui jouait le rôle de l’archer. Peut être que parce qu’ils étaient deux, les bandits avaient envoyé deux cavaliers ? Ou peut être que ce n’était pas des bandits. Cela dit, il doutait quand même fortement de la deuxième hypothèse. 
-Ils sont quatre. Deux cavaliers, deux fantassins. S’ils ne sont pas des bandits, tant mieux. Sinon, je m’en occupe, ne prenez pas de risque inutile.  On continue, donc. Ça va aller ? 

La question était purement posée pour la forme. De toute façon, elle n’avait pas le choix. Cela devait aller. 

Le temps parut s’allonger pour Thrain. Il avait acquis la quasi certitude qu’il n’y avait pas de groupe embusqué proche. Il n’y avait donc plus qu’à attendre le contact pour vérifier s’ils avaient à faire des bandits ou a des fous en promenades.  Lorsqu’ils ne furent plus qu’a une cinquantaine de mètres, Thrain les associa à un groupe de bandit. Barbes hirsutes, armure de cuire pour les cavaliers, cape pour dissimuler les armes pour les fantassins, il n’y avait pas de doute possible. Enfin, pas pour un Chasseur de Prime habitué à traiter avec ce genre de charmant personnage. Il nota rapidement l’équipement des cavaliers. Les deux semblaient avoir un arcs accroché à l’arrière de leur cheval, et avaient des épées aux côtés. Il lui faudrait donc faire vite avant qu’ils n’aient le temps de saisir leurs arcs. S’ils le criblaient de flèches lui, ce ne serait pas un probable. S’il visait Catherine… Rapide ou pas, la flèche gagnerait la course, il le savait. 

Il fit le vide dans son esprit pour se préparer au combat, et détacha son regard du groupe. Jouant l’innocent, Thrain continua à marcher bien calmement. Lorsque les deux groupes se croisèrent, à moins d’un mètre de distance il se força à les laisser passer. Ne pas engager quand ils étaient sur leurs gardes. Seulement après eux pour l'effet de surprise. Les deux groupes se retrouvèrent alors exactement au même niveau. 

Un pas. 

L’autre groupe s’arrêta. Les cavaliers commencèrent à faire faire demi-tour à leur monture alors que les hommes à pieds se retournèrent directement. 

Un autre pas, plus court celui là, mais aussi plus souple. 

-Hé v…

L’interjection du bandit resta coincée dans sa gorge. Vif comme l’éclair Thrain avait bondit. Il dégaina ses épées, sa main gauche en profita pour faire un arc de cercle et s’écrasa contre la tête du bandit qui avait parlé. Celui-ci ne s’y attendait pas, il tomba évanoui sur le coup. Profitant de l’effet de surprise tant qu’il durait encore, Thrain bondit sur le deuxième fantassin, et alors que celui-ci tendait la main vers son arme, l’assomma en le frappant à la tête avec la garde de sa deuxième épée. Deux cibles neutralisé, reste deux. Il ne devait pas leur laisser le temps de sortir leurs arcs. En deux pas, il fut au contact du premier, celui-ci plus proche avait pris son épée. Il avait pour lui la hauteur de sa monture, mais Thrain s’étant placé à l’arrière de celle-ci, le bandit était mal positionné pour frapper avec son arme. Thrain contra négligemment le coup, de son arme gauche, puis ayant lâché son autre épée, arracha l’arc à l’arrière de la bête et le lança avec son carquois à Catherine. N’ayant pas eu le temps de l’informer de son plan, et admettons le, parce qu’il improvisait en direct, il espéra qu’elle comprenne ce qu’il voulait faire. 

Il esquiva ensuite le deuxième coup du bandit, roula, et se releva entre les deux cavaliers et Catherine. Il se plaça dans la ligne de mir entre Catherine et le cavalier armé de son arc, lâcha sa deuxième épée pour mettre les deux bandits en confiance vu qu’il ne le regardait que lui. Il devait gagner du temps pour Catherine. 
-Bien, je suis maintenant désarmé. On négocie ? lança-t-il tourné vers l’archer. Vous vous rendez, et je ne vous fait pas connaitre l’enfer. Un bon deal, vous ne trouvez pas ?

[Voila voila ^^ Donc, je m'arrête là, et je te passe la main. Niveau situation, je suis donc entre toi et eux, le cavalier sans arc est légèrement plus à droite que celui à l'arc qui est pour le coup pile en face de moi. Et comme je suis moi même devant toi, tu es caché de l'archer, mais pas du deuxième à l'épée. Après ma manœuvre, les deux me regarde, mais tu es maintenant libre de leur faire faire ou dire ce que tu veux. Au besoin, demande moi quel action tu peux me prêter si tu veux terminer de t'occuper de ce mini event ^^]

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Lun 27 Juin - 15:06           
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Pendant le trajet, le cours des pensées de la Conteuse ne fut interrompue qu’en de très rares occasions, lorsqu’elle butait contre un énième rocher. Malgré ses bottes en cuir solide, ses pieds la faisaient de plus en plus souffrir. Elle déplorait d’avance l’état dans lequel elle allait retrouver ses bottes le lendemain matin. Néanmoins, ce n’était pas ce qui occupait le plus son esprit. La réflexion que Thrain émit au début du trajet resta comme un écho ancré dans sa cervelle par un fil invisible. Elle se tenait, en un sens. Même si la Conteuse la réfutait toujours ouvertement. Cependant, Thrain soulevait un problème auquel elle n’avait pas pensé jusque là. Si une malédiction pesait réellement sur elle, qui lui assurait d’en être débarrassée si elle parvenait à en finir avec la Mage ? Un instant où la question la harassa vraiment, refusant tout bonnement de quitter sa tête, elle pâlit, une sueur froide parcourut son dos. Sa vue se brouilla rapidement et elle se sentit faible. Elle se prit les pieds dans un gros caillou inattendu sur son parcours, manqua tomber.


Je vais bien, précisa inutilement la jeune femme avant de se relever et de poursuivre sa route comme si de rien était. Sa chute lui avait permis de retrouver un peu ses esprit.


Son avenir s’était brusquement obscurci et laissait peser un lourd voile noir sur sa vue. En même temps, la nuit s’épaississait, et les constellations qui ornaient le ciel dans un lointain tourbillon argenté du point de vue de la Conteuse dessinaient les contours du Continent Inférieur. Thrain refusa de réaliser une torche pour éclairer leur route, ce qu’elle comprit. Le froid engourdissait toutefois de plus en plus ses membres. Rien à craindre pour l’instant, mais Catherine ne pouvait s’empêcher d’imaginer ce que se passerait dans quelques heures, s’ils n’avaient toujours pas d’abri… Malgré tout, elle avait désormais une confiance inébranlable en son guide, et le suivait au son, attendant à chaque instant l’annonce d’un endroit sûr en approche.


Au bout de quelques heures, Catherine commença à avoir soif. Elle avait toujours mal au pied, et elle devinait que ses nombreuses chutes laissaient de plus en plus de marques sur ses jambes. Parfois, le bruit de quelques monstres leur parvenaient, ils s’arrêtaient, tendaient l’oreille, et inclinaient leur trajectoire afin de les éviter. L’opération était longue, les détours imposés étaient parfois conséquents, mais ils étaient la rançon de leur survie. Ils avaient déjà de la chance que les monstres ici-bas, en si écrasante suprématie, soient si assurés et si bruyants. S’il s’était agit de petits monstres furtifs, nul ne sait ce qui serait advenu d’eux.


La chance leur sourit ainsi toute la nuit, s’il était possible de parler de leur aventure en ces termes. Ils parvinrent à éviter les attaques, et à oublier le froid en marchant jusqu’au soleil levant. Lorsque les premiers rayons rampèrent à la surface du Continent jusqu’à eux, la Conteuse sourit. Ses muscles endoloris se relâchèrent un peu lorsque la douce chaleur frôla sa peau. Elle s’arrêta une paire de seconde pour en profiter et reprendre les forces qui lui manquaient. Elle n’était pas folle pour autant, elle avait compris que leur marche était loin d’être finie, et qu’il fallait encore marcher. Heureusement, au bout d’un certain temps, malgré la douleur, cela était devenu un mécanisme de survie. De plus, elle avait toujours soif, et elle savait que l’arrivée du soleil ne présageait rien de bon de ce côté là. Il fallait presser le pas.


Quelques minutes après le lever du soleil, le Semi l’arrêta. Il lui annonça leur arrivée près des portes closes. Seulement, au milieu de leur chemin, il y avait des bandits. En tant que Conteuse, elle connaissait bien leur réputation : ils étaient, disait-on, dotés d’une grande cruauté, surtout envers les plus faibles, et pillaient tous ceux qui croisaient leur route. Parfois, ils leur réservait même un sort bien pire... Elle en vint à regretter la nuit glaciale, et les monstres sanguinaires.
Thrain lui annonça son plan. Elle attira son attention sur un point :

Vu le terrain, s’il faut fuir, je pense que c’est perdu pour moi. Ne m’en veux pas trop si je tombe.


Catherine se raidit comme le soleil entamait sa lente ascension dans le ciel déjà plus sec. Elle ne distinguait rien de l’horizon. Elle voyait simplement du bleu en haut, du gris au milieu, de l’ocre en bas. Elle visualisait peu à peu les rochers les plus proches. Les minutes s’égrainaient, et Thrain ne parlait toujours pas. Le silence était soudain lourd. Un parfum étrange flottait dans l’air, quelque-chose d’angoissant. La jeune femme contint difficilement la peur qui déferlait sur elle par vague. Elle devait attendre des nouvelles de la situation par Thrain. Attendre, et ne pas demander toutes les trente secondes ce qu’il se passait… Elle se concentra sur sa respiration, et sur ses pas, de plus en plus précautionneux pour oublier le reste.


Tout à coup, les mots tant attendus arrivèrent. Au son de la voix de son interlocuteur, ça aurait pu être pire. Elle en fut immédiatement rassurée, même si cela n’engageait à rien pour la suite. Lorsqu’il lui demanda si ça allait, elle pensa à la question qu’elle-même lui avait posé lorsqu’ils étaient tombés du Continent Supérieur. Elle sourit enfin après cette longue nuit, même si son sourire était un peu fatigué.

Ca va aller, Thrain. On a traversé pire depuis hier soir.


Se montrer ouvertement inquiète n’aurait servi qu’à alimenter l’angoisse que leur procurait la situation. Patiemment, elle attendit, encore. Les minutes qui s’en suivirent étaient encore plus longues que les précédentes. Les bandits arrivèrent bientôt dans leur champ de vision. Elle aussi pu apercevoir leur silhouette. Elle avala sa salive, tentant tant bien que mal d’humidifier sa gorge sèche. Elle mentalement au contact.
Leur deux groupes s’étaient approchés de très près. Les bandits auraient pourtant pu les abattre de très loin. Elle ne doutait pas qu’ils soient équipés d’arcs. Ils devaient donc chercher autre chose chez eux que du sang. Cela n’augurait rien de bon. D’un autre côté, cela leur redonnait l’avantage. Thrain était assez bon combattant pour mettre 4 hommes hors d’état de nuire. Le seul problème, elle s’en doutait, c’était elle. Elle devrait être la moins encombrante possible.


Elle perçut le son d’une voix provenir du groupe. Voix qui s’arrêta net. Thrain passait à l’attaque. Elle vit les deux fantassins tomber, Thrain rattraper les cavaliers. Elle vit un objet arriver sur elle qu’elle saisit par réflexe. Elle reconnut un arc. Elle douta que le chasseur de prime sache qu’elle savait s’en servir. Son arc à elle était resté sur son cheval. Elle avait cependant appris, tout comme à manier l’épée, à tirer à l’arc, même si elle tirait moins bien qu’elle ne ferraillait. Comme le combat restait brouillé devant ses yeux, elle ne tira pas. Elle encocha une flèche. Tenta de conserver le regard fixe d’une voyante.
Puis, alors qu’elle s’attendait à suivre la suite du combat, elle entendit l’annonce de Thrain. Il semblait être temps de prendre les deux cavaliers au piège. Il se tenait entre elle et un archer (elle l’avait entendu encocher une flèche). L’autre cavalier était dans sa ligne de mire, et n’avait pas d’arc. Il pouvait toutefois avoir bien d’autres armes à lui lancer pour se débarrasser d’elle. Enfin… s’ils la pensaient dangereuse. Pour l’instant, tout était à parier sur le fait qu’ils étaient occupés par Thrain. Elle était juste une pauvre fille déguenillée avec une flèche à son arc mais qui ne visait personne.



***



Le plus grand cavalier des deux, sans arc, jeta un oeil à son complice. Tous deux tombèrent d’accord.



Et tu veux négocier quoi l’ami ? La seule chose que j'aie à te proposer, c’est que tu nous laisses la fille, et que du détalles. Alors on pourra voir combien de flèches il faudra à Od’ pour t’abattre. Je parie sur 2, parce que tu m’as l’air encore assez vif. On fait partie d’un groupe p’tit gars. Tu t’en doutes, hein ? T’es un malin, pas vrai ? Le groupe est pas loin. Y a de faibles chances, même si tu nous passes dessus - et soit dit entre nous, si ça devait arriver, je tuerait mon cheval plutôt que de te laisser repartir avec -, que tu atteignes les Portes Closes à temps. Mon groupe t’aura repéré avant l’avant-garde des Forces Neutres. Tu saisis ? On veut toujours négocier ? Moi ça m’irait bien, j’adore voir les petits lapins détaller.


Ils poussèrent tous deux un gros rire gras qui écoeura Catherine, et lui donna envie de tirer sur le brigand qui avait parlé. Elle n’en fit rien. Si elle tirait, l’autre cavalier tirerait aussi, et s’il tiré, Thrain ne serait plus en assez bon état pour qu’ils atteignent les Portes Closes avant d’être encerclés par le reste du groupe. Elle n’eut pas le temps de réfléchir plus, que le deuxième cavalier prit la parole.


-Moi je parie que la donzelle, là, elle préférera rester avec nous que de repartir avec toi, l’ami. On est peu mieux battis que toi, faut le dire. Alors déguerpi, ta négociation est entendue. Tu nous la laisses, et toi tu cours pour sauver ta peau. Tiens, même que si tu veux, je te laisse 100 mètres avant de te tirer dessus si tu détalles.


Après avoir tous deux de nouveau bien ricané, celui qui avait parlé cracha ostensiblement à terre, non loin de Thrain. Catherine ne savait pas ce qu’il avant en tête, mais elle sentait qu’il était temps d’intervenir. La priorité, était qu’elle puisse viser l’archer, que Thrain lui masquait. Puis que ce dernier s’attaque à l’autre cavalier. Ca ne semblait pourtant pas possible dans l’immédiat. Peut-être devrait-elle tirer sur l’homme qui n’avait pas d’arc après tout…


-J’ai choisi, moi, annonça Catherine, de son plus grand sourire.


Les deux bandits, peut-être entraînés, mais pas moins débiles, piaffaient déjà. Elle jugea qu’elle avait donné un signal suffisant à Thrain. Elle banda son arc et tira, droit dans le coeur du plus grand des cavaliers. Dans un même mouvement, elle jeta une flèche au pied de Thrain, pour le cas où il serait effectivement désarmé.

Le deuxième cavalier tira.

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]   Ven 1 Juil - 22:56           
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Il devait gagner du temps. Le danger imminent était passé, mais Thrain ne perdait pas de vu que ce n’était que partis remise. Catherine avait beau avoir un arc, elle n’était pas la seule. Le bandit en face de lui en avait un aussi. Une flèche encoché, il n’attendait qu’un prétexte pour tirer. Certes, la pointe de la flèche n’était pas en or, et ne pouvait pas vraiment le blesser, mais après sa chute libre, Thrain était assez peu enthousiaste à l’idée de se faire cribler de flèche.

Peu serein, les bandits échangèrent un coup d’œil qui n’échappa pas à Thrain. Deux des leurs étaient déjà étendus sur le sol, et ils se méfiaient. Mais à l’évidence, ce n’était pas assez si on jugeait de leurs paroles. Ahhh, cette conception du risque partagé pensa Thrain en souriant doucement. Une vraie plaie chez les pauvres d’esprits. Qui regrettaient invariablement cet excès de conscience à un moment où a un autre…

Mais pour le moment, cette bêtise l’arrangeait bien. S’il avait eu un dessous de jugeote, le deuxième cavalier aurait attaqué Catherine immédiatement et le combat aurait été fini. Mais non, plutôt que cela, il réagissait au quart de tour face à une provocation évidente.

Toutefois, pour professionnel que fut Thrain, celui-ci tiqua quand même sur la fin de la tirade de l’homme. Ils n’avaient pas fini de rire que l’homonculus protestait.  

-Un petit lapin ? Moi ? Sans dec’ ? Elle t’a bercé trop près du mur ta mère ou quoi ? Enfin, vu ta tête, ça m’étonnerait pas en fait… Vu que je n’aime pas taper sur les handicapés,  je vais gentiment vous rappeler la première loi de la chasse : On ne traque pas une proie tant qu’on n’est pas certain qu’il s’agisse bien d’une proie. Thrain défia le bandit du regard quelques secondes puis repris. Maintenant, vous allez me laisser ramener la dame chez elle, ou je vous garantis que vous allez le regretter.

Thrain n’en revenait pas. C’était bien la première fois qu’on le traitait de lapin. Rien qu’à l’idée, il sentait ses poings le démanger. Sa nature même de prédateur se rebellait à cette simple idée.  D’accord, il ne tuait jamais, mais de la à le traiter de lapin… Même en ayant l’habitude que ses proies fassent les malignes avant qu’elles ne comprennent quel genre de prédateur était Thrain, cela n’excusait rien.

Tout sourire disparut, il était maintenant parfaitement concentré. S’il n’était pas possible de négocier gentiment, il lui faudrait faire parler le fer. Subitement, il regretta de s’être débarrassé de ses couteaux de lancer quand il était devenu chasseur de Prime. Un duo de couteau bien placé, et s’en aurait été fini de ces deux guignols. Mais il n’avait rien de semblable sous la main. Il lui faudrait donc soit attraper la flèche à main nues, soit dévier celle-ci.

N’étant pas au mieux de sa forme à cause de sa chute libre, il n’était pas certain de réussir à intercepter à main nues une flèche. Thrain devrait donc la dévier. Son épée courte était par terre, là où il l’avait lâché, non loin de son pied gauche. Plutôt que de la lâcher, il aurait mieux fait de la rengainé. Même s’il était suffisamment rapide pour la ramasser en un éclair si on lui en laissait l’opportunité, il ne pourrait pas dans le même dévier la flèche qui lui arriverait dessus… Et celle-ci continuerait sa course jusqu’à Catherine. Il devait trouver autre chose.

L’idée le traversa brusquement au moment, ou le deuxième bandit l’invita à détaler une fois de plus. Un sourire dur et s’étira sur son visage. Pour la première fois depuis longtemps, Thrain allait pouvoir frapper quelqu’un à pleine puissance sans risquer de le tuer. Profitant que les deux bandits se remirent à ricaner, Thrain en profita pour discrètement détacher le fourreau d’une de ses épées de sa ceinture sans pour autant le prendre en main.

Dès que le fourreau fut libre de son attache, il jeta un regard furtif à Catherine. Elle avait l’aire prête. Le crachat du bandit n’avait pas touché le sol que Thrain se mettait en garde. La flèche était pointée sur sa tête. Pas forcément la cible la plus facile, mais cela lui assurait que la flèche ne se planterait pas dans le sol mais Catherine si Thrain venait à l’esquiver. Une garde haute aurait été plus indiqué, mais Thrain devait limiter autant que possible la perte de temps pour dégainer et dévier la flèche, aussi laissa-t-il sa main droite nettement plus bas que celle de gauche.

Le fourreau était léger dans la main de Thrain, bien plus que son épée se rappela l’homonculus.  Il devrait compter avec cette légèreté quand il arracherait son fourreau de sa ceinture pour dévier la flèche. Sur sa gauche, un son mat vient lui apprendre que Catherine avait bien touché sa cible. Mais Thrain ne détourna pas son regard de la flèche pour voir ce qu’il en était. Avec une demi-seconde de retard par rapport à Catherine, le bandit tira.

D’un geste fulgurant Thrain tira son fourreau comme s’il avait été épée, et dans un mouvement large l’arracha à sa ceinture et dévia la flèche dans le même temps. Celle-ci partit se perdre quelque part sur la droite, alors que Thrain bondissait comme un fauve sur sa proie. Le bandit n’eut que le temps de tendre la main vers son carquois que Thrain était déjà au contact. Saisissant son fourreau à deux mains,  il mit toute sa force dans un coup horizontal qui atteint le bandit en plein torse.

Une épée l’aurait coupé en deux. Le fourreau ne fit que lui fracturer quatre ou cinq côtes et l’envoya voler. L’homme s’écrasa lourdement quelques mètres derrière son cheval. Le bandit n’avait pas fini de s’écraser que déjà Thrain fondait sur lui. A moitié assommé, l’homme n’avait pas encore esquissé un geste que déjà le fourreau de Thrain lui écrasait la gorge.

-Vous n’auriez pas du résister, indiqua poliment Thrain avait d’assommer violement le bandit du plat de son fourreau.  En espérant que cela te servira de leçon pour la prochaine fois ou tu auras envie d’agresser une femme sans défense.


Se détournant de l’homme inconscient, Thrain fonça, ou plutôt voulut foncer vers le deuxième bandit. Mais celui-ci ne menaçait pas Catherine.  Il louchait sur la hampe d’une flèche qui dépassait de sa clavicule. Catherine avait déjà encoché une deuxième flèche, mais l’homme ne bougeant pas, elle se contentait de le tenir en joue.
Après quelques secondes, l’homme s’arracha à sa contemplation hébété et Thrain saisit une lueur de haine dans son regard. Il allait talonner sa monture pour foncer vers Catherine, mais Thrain ne lui en laissa pas l’occasion.

-IL SUFFIT !  Rugit Thrain en pressant le pas.

L’attention du bandit se porta alors instantanément sur l’homonculus. Qui bouillait de colère. Voyant cela, le bandit eu un mouvement de recule, et la haine se transforma aussitôt en terreur. Quel genre de monstre pouvait bien être cet homme pour avoir vaincu aussi vite un archer monté avec un simple fourreau ? Brutalement, le bandit comprenait mieux ce que cet individu avait voulu dire par « connaitre l’enfer ». Tout tremblant, il lâcha son épée et voulu lever les mains pour se rendre, mais ne pus le faire que pour une. La flèche l’empêchant de lever son autre bras plus haut que sa poitrine.

Thrain arriva à son niveau. Et le toisa une seconde.

-Pied à terre. Tout de suite.

Le bandit le regarda l’espace d’une seconde sans comprendre, puis se dépêcha d’obtempérer lorsqu’il vit la prise de Thrain se resserrer sur son fourreau.

-Maintenant, je vais te laisser trois secondes pour détaler comme un lapin. Après, je te rattrape et je t’égorge. Compris ?

L’homme déglutit puis hocha la tête vigoureusement. Mais resta sur place sans bouger. Il venait de remarquer que quelque chose n’allait pas dans le regard de cet inconnu vêtu de bleu.  Ses pupilles… il avait des pupilles de... d'un...

-Un. Commença a compter Thrain.

Le bandit le regarda sans comprendre.

-Deux.

Brusquement, le bandit compris et tourna les talons pour s’enfuir en clopinant, une main sur sa blessure pour empêcher la flèche de bouger pendant sa course.

Thrain le regarda s’éloigner quelques secondes, puis saisi les reines du cheval et le conduisit à Catherine.  Il fit un petit détour pour éviter les deux soldats inconscient  puis tendit les reines à Catherine.

-Je n’abandonne personne. Si la fuite n’est pas une option, alors j’en créerais une autre. Je vous ai dit que je vous accompagnerais jusque la faille du ciel. Et je n’ai qu’une parole. Alors certes, on va devoir se taper un sacré détour pour y arriver, mais restons positifs : On a des chevaux maintenant !

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MessageSujet: Re: La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]              
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La Cible et le Chasseur [Pv : Thrain]

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