Bienvenue sur Lost Heaven


Les Terres Suspendues vous accueillent ...
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | .
 

 Rebelle malgré lui

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
 
 
Messages : 33
Date d'inscription : 10/11/2013
Age : 24

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Humains
Classe: Barde
En général: A l'écoute.
MessageSujet: Rebelle malgré lui   Mar 12 Nov - 23:30           
.................................................................................................................................................................................................................................


Tibara chevauchait son cheval ailé depuis l’Ile de la connaissance. Il ne l’avait que rarement quitté. Dans son enfance, une fois ou deux. Mais c’était la première fois qu’il partait seul de son village, de son Ile. Il avait beaucoup étudié les contrées des autres Iles. Mais il ne les avait jamais vues en vrai. Du moins, il ne s'en rappelait pas. Ses souvenirs d'enfants s'étaient déformés avec le temps. Il sentit le vent frais s’engouffrer dans son chèche. Cela lui fit le plus grand bien. Il adorait cette sensation. C’était comme se sentir vivant. Le cheval poursuivit son trajet. Après avoir traversé quelques nuages blancs, Tibara pu distinguer les Contrées Doubles. Cette Île était beaucoup plus grande que celle dont l’homme venait. Le Musicien commença à survoler les montagnes nord de Jesdéràn. Au loin, il vit une immense étendue d’eau. Elle était tellement grande qu’il en siffla. *Allons voir ça de plus près.* Pensa-t-il. Il tapota sur la croupe du cheval pour lui indiquer sa destination.

            Le voyage prit un certain moment. Le voyageur vit au loin une très grande ville. D’après ses calculs, il devait être pas très loin de la Capitale : Kaélèn. Tibara se restaura avec la nourriture qu’il avait et en donna même au cheval. Ce dernier commença à fatiguer et le Musicien lui fit entamer la descente. Il était encore loin de l’étendue aquatique, mais avec un cheval il y serait en peu de temps.

            Sa mission était de retrouver les partitions du « Requiem de Ragenarok ». Sa première destination était quelque part au Sud de Jesdéràn. Il ne perdait donc pas de temps à aller voir le lac.

Le cheval atteignit bientôt le sol. 10 mètres. 5 mètres. 3 mètres. Soudain, le cheval tituba et bascula. Tibara termina l’atterrissage en chute libre. Cela fut un peu douloureux mais l’homme n’en fit rien. Il se releva et alla inspecter son cheval. Une flèche s’était plantée dans son corps. Une seule, nette et précise au niveau du cœur. Tibara ferma les yeux du cheval et essaya de déterminer l’angle de tir. La flèche avait atteint le cheval dans le flanc droit. Le tireur était donc quelque part sur la gauche du Musicien. *Je suis à peine arrivé que j’ai déjà des ennuis * Réfléchit-il. Ses dires furent confirmer par l’arrivé de bandits à cheval. Ils encerclèrent Tibara tout en galopant avant de s’arrêter. L’un d’eux s’avança et dit :

« - Donne-nous ta bourse étranger ! Ou tu finiras comme ton cheval. »

Tibara ne répondit pas et fusilla du regard son interlocuteur. Ce dernier sortit une lame rouillé d’un fourreau et menaça à nouveau le Musicien. Ce dernier ne répondit toujours pas mais sortit son arme. Il prit son instrument d’entre ses bandelettes, écarta son foulard de sa bouche et plaça le bec entre ses lèvres. Devant les agissements du jeune homme, les bandits se mirent à rire :

« -C’est avec ça que tu comptes attaquer ? Laisse-moi rire ! » Se moqua le chef.

Tibara commença à jouer l’air de la désorientation. Les bandits autour de lui se mirent à avoir des vertiges. Certains durent descendre prestement de leur monture pour vomir. Le chef lui-même commença à voir son environnement tourner. Tibara enchaina ensuite avec l’air du sommeil. Cette berceuse fut rapidement efficace contre les bandits. Seul le chef semblait tenir debout. *Il doit être dur de la feuille* pensa le Musicien. Tibara prit alors son arme comme une masse et se dirigea vers le dernier ennemi debout. Le chef des bandits tenta de se mettre en garde. Mais cela fut inutile. La portée de l’arme de Tibara, en plus de ses grand bras, atteignit directement la tempe du bandit. La sphère de l’instrument fracassa le crâne du bandit. Ce dernier tomba au sol, mort.

Tibara se dirigea vers le cheval du chef qui, à ce que l’on pourrait penser, ne broncha pas. Malgré son chèche et sa cape, qui lui donnaient un air mystérieux et rude, Tibara était très doux avec les animaux. Le cheval le sentit de suite et accepta cet étranger sur son dos.

« -Je t’échange mon cheval contre le tien… Imbécile. » Dit le Musicien.

Il fit démarrer son cheval et se remit en route. Tibara ne s’attarda pas sur les autres bandits. A leur réveil, il serrait loin. Le Musicien aurait pu les tuer, mais il n’en avait pas envie. Tuer pour tuer n’était pas dans sa nature. *Je pense qu’ils auront comprit la leçon* espéra le néo-cavalier.

Le lac se rapprocha de sa vue à grands pas. Il ne rencontra pas d’autres bandits en route. Par contre, il sentit des bêtes –ou des monstres- l’épier. Tibara décida  de suivre la route principale. Mais même en pleine nuit, elle ne semblait pas très sur. La nuit s’intensifia de plus en plus. Sans lampe, il n’y voyait rien. La lune n’offrait qu’une pâle lumière. Tibara déglutit. Se promener en pleine nuit dans un endroit qu’il ne connaissait pas n’était pas un de ses loisirs. A cette heure-ci, il aurait voulu profiter d’un bon bain chaud et d’un bon repas. D’ailleurs, la faim commençait à se faire sentir dans son estomac.

Malheureusement, son repos dû attendre. Des créatures de la nuit vinrent à sa rencontre. Tibara entendait leurs bruits de pas. Il était déjà encerclé. Il savait où ils étaient, mais il était incapable de les voir distinctement. Il n’y voyait pas à trois mètres. Tibara descendit de son cheval et sortit son arme. *Je ne veux pas être votre dîner  * Ironisa intérieurement le Musicien. Il échangea rapidement son bec contre son embouchure en biseau et commença à jouer. La mélodie de l’Endo-Feu lui permit de se rassurer. Son arme se mit à s’entourer d’une magnifique aura orange-rouge, couleur du feu. Tout d’abord, cela lui permit d’y voir dans la nuit et de distinguer ses ennemis. Il y avait en face de lui un Orc et trois loups. *Merde, ces créatures cohabitent ?* S’inquiéta le Musicien. Deuxièmement, son arme pouvait infliger des dégâts de feu pendant deux minutes sans qu’il ait besoin de jouer.

Sa priorité était d’éliminer l’Orc. Sa puissante carrure impressionnait Tibara. Malgré ses deux mètres, l’Orc était bien plus grand que lui. Le Musicien n’arrivait pas à distinguer des oreilles sur l’Orc. Il ne voulut donc pas tester ses techniques de sabotages. Plus qu’une minute trente avant de devoir rejouer la musique de l’Endo. Cela le rendrait vulnérable. Tibara fonça sur l’Orc. Ce dernier, assez lent, attaqua avec une masse de fortune. Tibara, plutôt agile, esquiva le coup. Il frappa ensuite de tout ses forces contre l’Orc. Ce dernier poussa un cri. L’attaque de feu venait de faire mouche en pleine poitrine. Par contre la force de Tibara était insuffisante. L’Orc était bien plus résistant qu’il imaginait. La créature l’envoya valdinguer avec sa masse. Profitant de l’attaque de son destrier, le cheval prit la fuite. Les loups ne semblaient pas s‘intéresser à lui. Tibara roula dans l’herbe. Il avait encore son arme dans sa main. Mais le coup lui avait infligé de lourds dégâts. Son ventre lui faisait souffrir. Tibara se releva avec difficulté. L’Endo-feu se dissipa. La nuit retrouva son obscurité habituelle. Tibara devait rejouer la musique s’il voulait survivre. Mais son estomac l’empêchait de prendre de grandes respirations et de jouer la musique en entier. Il entendit les loups courir dans sa direction. Surement l’Orc qui leurs donnait des ordres. Il ne pouvait pas se défendre face à trois attaques en même temps. Tibara était près à encaisser les morsures, mais rien ne vint.

Tibara entendit des bruits de flèches et de sabots. Une flèche le frôla et alla se planter entre les deux yeux d’un loup. Un autre succomba aux tirs venu de nulle part. L’Orc ne se soucia pas de ses loups et chargea Tibara. Ce dernier esquiva et commença à courir vers les tireurs. L’Orc poussa des cris de mécontentement. Il avait de plus en plus de flèches dans le corps. Enfin, il lâcha un dernier cri avant de s’effondrer. Tibara en profita pour souffler. Il entendit derrière lui des bruits de sabots.

« -Etranger ! Que faites-vous à cette heure-ci dans les plaines de Jesdéràn ? Ne savez-vous pas qu’il ne faut pas sortir la nuit ? Surtout en ce moment ! Les monstres sont très présents. »

« -Je ne savais pas. Je vous reconnaissant de m’avoir sauvé la vie. »

« -Heureusement que nous avons vu du feu dans votre direction. D’ailleurs il a disparu. »

« -C’était mon arme. »

« -Je vois, un magicien. Bon, vous nous accompagnez jusqu’à l’auberge ou vous restez ici à vous faire tuer par des monstres. »

« -Je vous suis. »

Tibara remonta sur son cheval, qui était revenu après la bataille. Il l’enfourcha et il se dirigea vers l’auberge accompagné par ses trois sauveurs. Tibara arriva à la taverne avec ses trois compagnons de fortune. Il entra dans l'enceinte. La chaleur du lieu lui procura le plus grand bien. Il remercia de la tête les guerriers et ils allèrent récupérer leurs clefs de chambre. Tibara en profita pour observer la pièce. Il jeta un regard circulaire. Sur sa gauche se trouvaient des tables. Quelques personnes discutaient. Ils avaient cessé de parler depuis l'entrée du musicien. En face de lui se trouvait le comptoir avec le gérant. et sur sa droite, d'autres tables avec d'autres clients. Tibara avança jusqu'au comptoir.

"-Que puis-je faire pour vous étranger?"

Tibara plongea la main dans sa poche intérieure. Sans sortir sa main, il la déplaça dans la bourse et y sortit trois iris d'or.

"-Je voudrais une chambre avec un repas et un autre pour demain."

"-Bien étranger. Prenez le numéro 10. Je vous offre l'eau chaude pour le bain. Asseyez vous à une table, le repas arrive."

"-Merci. Juste une question, l’auberge est-elle sûre ? Il y a beaucoup de monstres dehors."

« -Ne vous inquiétez pas, l’auberge est magiquement protégé par un sort. Il n’y a rien à craindre des monstres. »

« -Je vois. »

Tibara s'assit à une place, seul, et attendit. Il observa une nouvelle fois son entourage. Il avait évidemment attiré toutes les discussions. Cela était amplifié par son chèche, qui augmentait son côté mystérieux. Il en sourit. Personne ne le vit. Le repas arriva et mangea avec appétit. Il se dirigea ensuite vers sa chambre à l'étage. Il profita de l'eau chaude et alla se coucher. Son sommeil fut profond et réparateur.

Tibara se réveilla tard. Sa blessure au ventre était guérie. Il n'avait plus qu'un bleu. Il s'habilla et quitta l'auberge avec son repas froid. Le musicien enfourcha son cheval et se dirigea vers le lac. D’après les conseils du tavernier, il chevaucha jusqu’à Irnélèn. *Je dois trouver un moyen de traverser. Mais pour le moment: le lac. Une seule chose à la fois. J’espère juste que je n'aurai pas à combattre jusque là.* Raisonna Tibara. Par chance, il arriva au lac sans encombre. Les monstres semblaient moins agressifs le jour. Et puis Tibara était plus en confiance en plein jour. Même s'il avait une bonne audition, il avait besoin de sa vue.

Le musicien stoppa son cheval devant la ville. Tibara pénétra dans la ville, qui était en fait un port. L’air salé du lac lui remplit les narines. C’était une nouvelle odeur pour lui. Le Musicien arriva enfin aux embarcations. Il vit sur sa droite, un peu plus loin, une embarcation prête à partir. *J’espère qu’ils sont cordiaux.* Pensa le cavalier. Il s’y dirigea au pas. L’embarcation semblait plus grande qu’il avait pensé. C’était un gigantesque bateau. Tibara en avait déjà vu dans les livres, mais jamais en vrai. Le musicien descendit de son cheval et marcha à côté. Il observa rapidement la scène devant lui. Les Marins étaient en train de charger le bateau de marchandises. Il en déduit rapidement qui était le Capitaine.

« -Bonjour. J’ai une requête à vous formuler,  je voudrais me rendre de l’autre côté du lac. Pouvez-vous m’embarquer avec vous ? »

« -Qui croyez-vous être pour me demander cela ? Je n’ai pas le temps !"

Tibara sortit deux pièces d’or de sa bourse. Le Capitaine les examina avec méfiance puis, convaincu, fit un grand sourire à Tibara. Il lui fit visiter rapidement le navire. Le Musicien indiqua au Capitaine sa destination. Le Marin ne refusa pas car c’était sur son trajet. Il avait l’habitude d’aller vers là-bas pour réapprovisionner des manoirs de nobles et quelques petits villages.

Le Musicien se fit très discret pendant le voyage. Il mangea très peu le soir car son estomac ne semblait pas énormément apprécier les remous de l’eau. Le Capitaine du bateau le déposa  dans un village au bord du lac. En une après-midi, il avait économisé plus d’un jour de voyage, sans compter les monstres etc…

La nuit commençait à tomber. Tibara aurait voulu s’arrêter dans une auberge, mais sa bourse commençait à être vide. Il ne lui restait que deux Iris d’argent et cinq en bronze. Il ne lui restait plus qu’à dormir à la belle étoile. Mais cette fois-ci, il n’allait pas se laisser faire. Avant de partir, Tibara acheta de quoi manger.

Il voyait au loin un manoir. *Avec un peu de chance c’est celui-là. Avec beaucoup de chance, le propriétaire y réside et avec énormément de chance il a la partition dans son manoir.* Espéra Tibara. Ce dernier ramassa du bois dans la plaine pour se faire du feu. La nuit était trop noire pour qu’il puisse continuer. Pas le choix, il devait dormir dehors. Le Musicien trouva un roc plutôt droit et s’assit contre. Il alluma le feu et mangea rapidement. Ensuite, pour éviter de se faire agresser, Tibara joua de son instrument. La musique apaisante attira les animaux inoffensifs et repoussa les autres. Mais ce n’était pas la seule chose que Tibara avait attiré… *J’entends des cœurs rythmés. Certains sont pleins de haine, d’autres de colère. Mais d’autres sont rempli de désespoir ou de souffrance. Quel mélange… bizarre.* 



Dernière édition par Tibara Valmir le Mer 15 Jan - 18:02, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 34
Date d'inscription : 31/03/2012

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Démons
Classe: Invocateur
En général: Révolutionnaire. À bas Kerdéreth !
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Lun 18 Nov - 20:50           
.................................................................................................................................................................................................................................

L’habitude au dehors, qui prend place. Le soleil à travers les mêmes vitres. Les gestes qu’on répète, et les phrases évasives. Un moment, entre deux occupations, pour s’enfermer dans une pièce, et rassembler des affaires. L’attente au fil des heures, l’angoisse d’être surprise. Rassembler les affaires sous le lit, éviter le regard du maître en le croisant dans les couloirs. L’heure approchait bien vite. Elle voyait tous ces visages qu’elle ne reverrait pas, garderai en tête tous ces souvenirs qui avaient un jour faits sa vie. Et il fallait attendre, encore, fébrile, les valises sorties cachées dans la grange, le cerveau en ébullition et les gestes maladroits. Il lui fallait encore répondre aux questions, encore pour quelques heures. Les yeux du maîtres la scrutaient. Avait-il toujours semblé si menaçant ? Pourtant certains jours, se disait-elle, lui revenait en mémoire le fait qu’il lui avait sauvé la vie, qu’il l’avait élevée, l’avait aidée à devenir ce qu’elle était. Et elle allait le trahir de la pire façon qui soit. Toutes ces années durant lesquelles il avait servi aux côtés d’Alidane Dextrae dans la guerre n’avaient servies à rien. Aujourd’hui Oliana faisait partie de la rébellion.

Un craquement sinistre la réveilla en sursaut. Autour d’elle tout le monde dormait. Le feu était éteint. Il n’y avait que la lumière des étoiles à travers les arbres. Oliana, sur le qui-vive, attendit, comme si elle sentait une force approcher, impossible à arrêter. Elle eut un regard circulaire, vérifia que ses affaires étaient en place, que personne n’avait bougé, écouta, un long moment. Décidant de se rendormir, elle eut un dernier regard en arrière…

Un dernier regard en arrière après une visite chez Nays, la dernière. Dans sa tête s’était imprimée la pièce faste, à la fois libre et oppressante. Nays, volatile, assise sur l’un des canapés, conversait avec Kaëdéreth, juste en face. Elle, l’étrangère, les regardait tenter vainement de dissimuler ce qu’ils cachaient au plus profond d’eux. Oliana ne saurait jamais pourquoi ils avaient agi ainsi, pendant tout ce temps. Pourquoi ne pas avoir simplement fait ce que n’importe qui aurait fait : profiter de l’existence heureuse qui leur était offerte. Le retour au manoir fut difficile. Le maître la congédia dans sa chambre, ce seraient donc les dernières paroles qu’il lui adresserait.

Maître…
Le maître se retourna…

Oliana se retourna. Une ombre avait attiré son attention. « Toujours prendre les ombres de court. Une ombre qui se manifeste n’est rien de plus qu’une ombre pour l’instant. Une fois que tu es dans son champ, c’est déjà un ennemi », lui avait dit Effrik, son chef, à l’entraînement la veille encore. La démone qui avait tant de mal à lutter contre son chef durant ces heures de combat avait du mal à s’imaginer avec pour adversaire un ennemi inconnu potentiellement très dangereux. Qu’à cela ne tienne. Elle repoussa son duvet et les affaires qui encombraient son chemin. Elle montrerait à son chef de quoi elle était capable. Elle se leva, fit quelques mètres, prit une profonde inspiration…

Oliana prit une profonde inspiration, le maître la regardait, interloqué.

Oui Oliana ?
Je voulais vous remercier pour ce que vous faîtes pour moi. Je ne le fais pas assez souvent. Je voudrais que vous sachiez que je vous suis infiniment reconnaissante.
Le maître soutint son regard un moment, avant de soudain, laisser apparaître un sourire sur son visage. Certes ce n’était pas un immense sourire de joie, mais cela suffit à rendre les convictions de la rebelle encore plus fragiles.
De rien Oliana. C’est avec plaisir que j’ai pris soin de toi toutes ces années. Tu n’as pas à me remercier.
Le maître poursuivit alors sa route dans le long couloir jusqu’à disparaître dans ses quartiers. La domestique partit jusqu’à sa chambre prendre son manteau, dernier vestige des affaires lui ayant appartenues qui s’étaient un jour trouvées là. Elle invoqua Xiri qui se posa sur son épaule et l’accompagna ainsi de sa présence. Elle lui donna la force de fermer la porte de sa chambre, d’enfiler sa veste, de longer les murs de la propriété sans être vue, de sortir dans le noir de la nuit au dehors, de prendre ses affaires. Elle se traîna jusqu’au portail. Elle sentit sa résolution flancher une fois de plus, songea à repartir. Ses yeux se posèrent sur un jeune homme derrière le portail. Elle avança lentement, comme dans un rêve, se trouvant soudain ridicule fuyant ainsi, et sentant tout le poids de sa vie peser sur son dos. Elle atteint les murs qui ceignaient la propriété du maître. Chez elle. Avant.
Bonjour Oliana. Je m’appelle Jay’, bienvenue !
Devant elle se dressait un convoi…

Devant elle se dressait un convoi, son convoi. Celui qu’elle avait choisi d’intégrer et pour lequel elle avait quitté la demeure du maître. Les attelages étaient groupés en lisière de forêt et les hommes de la rébellion dormaient. Elle était vraiment rebelle maintenant, elle s’était engagée à faire partie d’une escouade qui éradiquerait le règne d’Alidane Dextrae. On l’avait acceptée parce que son chef avait entendu parler de ses talents d’invocation, et qu’il pensait qu’Oliana pourrait être utile en temps voulu. La démone se serait bien passée du « en temps voulu ». En effet, son chef, le chef de la rébellion, semblait pour le moment la trouver simplement stupide et bonne à rien. Il était trop sévère, beaucoup trop. Il trouvait toujours le moyen d’exaspérer la rebelle au cours de leurs courtes conversations. Elle avait la sensation que c’était comme s’il pouvait lire en elle, anticiper ses émotions, ou bien les provoquer. Tout était confus dans son esprit. Elle savait simplement que la présence du chef la mettait mal-à-l’aise.
Oliana dépassa la lisière de la forêt et les derniers lits de camp. L’air était immobile et les arbres coupaient toute la lumière de la lune et des étoiles. Il était bien plus difficile de rechercher une ombre dans l’ombre. La démone tira le couteau qu’elle portait toujours sur elle, plutôt que cette épée qui pendait à ses côtés depuis qu’on la lui avait donnée, et qui ne servait strictement à rien. Elle fit un pas de plus dans le noir, retenant sa respiration pour n’éveiller aucun bruit. Néanmoins après quelques pas, une branche craqua sous ses pas. Elle eut à peine le temps de se redresser qu’elle avait une épée sous la gorge. Elle reconnut très vite la voix dans son dos.

Il y a des gens moins bêtes qui sont morts comme ça. Tu devrais prendre garde à là où tu mets les pieds.
Son chef ne desserra pas l’emprise qu’il avait sur sa gorge.
J’y tâcherai, Effrik.
La lame recula, et le chef de la rébellion rengaina. Oliana se retourna et tâcha de garder un visage de marbre, masquant une fois de plus ses pensées comme cela lui avait toujours réussi.
J’ai pour habitude de surveiller le camp la nuit. Donc laisse à ma charge ce que tu penses voir dans le noir.
Oliana hocha de la tête. Elle tentait de déterminer, à cet instant, si son chef était plus terrifiant de nuit ou de jour. Sa carrure, et son regard, qu’elle discernait même dans le noir, lui faisaient penser que la nuit était la pire. Mais en plein soleil, les nombreuses marques, et autres cicatrices qui parcouraient la peau de son chef la détournaient un peu de cette idée.
Elle en était à cette pensée lorsqu’elle aperçut dans la main d’Effrik un objet qui lui sembla alors familier. Ce devait être un talisman, assez imposant. Elle voulut tenter de lui associer un souvenir, mais son chef intercepta son regard avant. Le talisman rejoignit sa poche, un peu comme si il n’en était jamais sorti.

Ce n’est pas une heure pour se balader. Retourne te coucher. Nous avons encore de la route à faire avant d’atteindre le point de ralliement.
Oliana approuva de nouveau, et tourna les talons. Elle jeta un coup d’œil en arrière alors qu’elle rejoignait la lumière de la lune, nimbant ses cheveux d’éclats argentés. Elle distingua la silhouette d’Effrik et sentit qu’il la surveillait dans l’ombre. Alors elle repartit de plus belle.
Le point de ralliement était à plusieurs lieues d’ici, à l’ouest de l’œil du dragon. Les rebelles s’étaient déplacés spécialement du Continent Inférieur pour le rejoindre. D’après les soldats, il y avait plusieurs groupes de rebelles sur le Continent Double. Effrik les dirigeaient tous, mais il déléguait un peu de son pouvoir à des commandants annexes soigneusement choisis. Tous se regrouperaient dans deux jours au point de ralliement, là où des alliés de Jasdéran leur transmettraient des vivres, et des informations sur l’état des frontières entre le pays et Kerdéreth. Ensuite tous traverseraient, et alors, le plan se mettrait en route.
La démone se replongea dans ses couvertures. Personne ne connaissait le plan d’Effrik, mais personne ne semblait douter de sa réussite. « Il est comme son maître », lui avait-on glissé la veille quand elle avait posé une question. Oui mais quel maître ? Ca personne ne lui en parlait ! Elle ne voyait pas Effrik s’embarrasser d’un maître, et ne l’avait pas croisé depuis le début du voyage. Enfin, elle aussi un jour parlerait certainement comme tous ces gens autour d’elle. Un jour elle aussi, serait une vraie rebelle.

Le lendemain, le trajet fut tranquille. Ils rencontrèrent deux troupes de bandits, mais aucune ne sembla prête à en découdre avec les hommes de la rébellion. Oliana était juchée sur Brume, la jument qu’on lui avait attribuée. Elle eut une pensée pour Edward, qui devait en ce moment s’occuper des chevaux à l’écurie du maître. Que faisait donc Kaëdéreth à cette heure ? La cherchait-il ? Elle aurait bien poussé plus loin les réflexions quand une jument brune et fine dépassa  la sienne à vive allure. Elle reconnut sur son dos Emilrya, une jeune femme énigmatique enveloppée de foulards, à qui tous les hommes semblaient vouer autant de respect, ou de terreur, qu’à Effrik. Elle se trouva aux côtés du cheval de tête en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire.

Ca sent la pause !
Oliana jeta un oeil en arrière. Annelyse, à quelques mètres, la rejoignait. Jay’ ne tarda pas, depuis sa position en queue de la file à les rejoindre. Il était ce qu’Effrik nommait « son référent » : celui qui prend soin de vous dans le groupe. Il était drôle et sympathique, quoiqu’un peu lourd parfois pour la démone taciturne. Néanmoins il réussissait dans son rôle : celui de l’intégrer au camp.
Pourquoi la pause ?
Jay’ intercepta la conversation en route.
Parce que quand Emi’ va vers Effrik, c’est qu’elle veut quelque-chose. Et quand Emilrya veut quelque-chose, et bien le plus souvent tout le groupe doit s’arrêter pour elle. Tu paries combien qu’elle va nous faire poiroter pour gagner un village pas loin et y récupérer des gens de sa connaissance qui nous sont à tous parfaitement inconnus ?, lança-t-il à Annelyse d’une seule traite en tendant une main par-dessus la croupe de son cheval.
Son interlocutrice ouvrit sa bourse et en jeta deux pièces.

Deux lys d’argent. Ils seront connus d’Effrik !
Oliana, qui ne comprenait rien, assista à la suite de la conversation comme si elle n’en faisait déjà plus partie. Une à deux minutes plus tard, Effrik faisait arrêter tout le convoi, et la rebelle aux foulards avait disparue.

La nuit tomberait bientôt à présent. On avait toujours pas bougé de place. « Emi’ traîne aujourd’hui. Elle va mettre en retard tout le rendez-vous », s’était plainte Annelyse pendant la pause. Ceci semblait être l’avis de tout le monde. Pourtant, Effrik, qui de l’avis d’Oliana n’en faisait en temps normal qu’à sa tête, attendait patiemment le retour de la rebelle.
La démone avait été affectée à une parcelle de patrouille. Elle savait bien que le chef ne lui faisant pas pleinement conscience, il avait pris soin de compléter son rôle, pourtant minime, par la vigilance d’une autre personne. Elle se sentait tout bonnement inutile, ce qui devait être vrai puisqu’elle n’avait jamais patrouillé de sa vie et allait et venait aléatoirement.

Ce fut au bout de quelques heures de garde qu’elle entendit le premier son. Un son de flûte. C’était tout de même étrange à cet endroit et à cette heure. Contre toute notion de prudence elle se dirigea vers le son, non loin du convoi au demeurant. S’il y avait un peu moins de bruits parmi les hommes, tout un chacun aurait pu l’entendre.
Dans un vallon non loin, un homme jouait de son instrument. Il ne semblait pas l’avoir vue. Piquée par la curiosité, et comme elle songeait qu’il ne pouvait être dangereux, elle approcha encore, jusqu’à se retrouver près du rocher contre lequel il jouait. Elle l’observa, alors même qu’à présent il devait avoir conscience de sa présence. Elle le trouva parfaitement incongru à cet endroit, et tint à engager la conversation. Elle n’allait tout de même pas passer là sans rien lui dire, juste parce qu’elle avait voulu l’espionner une seconde ou deux.

Que faîtes-vous seul dans les plaines ? Ne savez-vous pas que c’est un endroit dangereux ?
Et c’était une jeune fille qui disait ça ? La démone soupira mentalement.
Vous ne devriez pas rester là…, ajouta-t-elle néanmoins.
Elle ne voulait pas qu’il s’en aille, car sa curiosité la poussait à venir lui soutirer des informations. C’était toutefois la seule chose à dire en telles circonstances.
[/color]

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 33
Date d'inscription : 10/11/2013
Age : 24

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Humains
Classe: Barde
En général: A l'écoute.
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Mer 20 Nov - 19:30           
.................................................................................................................................................................................................................................


Tibara joua tranquillement de la flute pendant près d’une heure. IL avait fermé les yeux pour se concentré, sans pour autant avoir baissé sa garde. Il sentait la chaleur du feu devant lui. Il scruta plus profondément les cœurs des personnes aux alentours. Un seul attira son attention. Celui-ci émettait un son plus bizarre. *Qu’est-ce ? Un monstre ? Non, ma musique les a repoussés. Hum…* Réfléchit-il. Il suivit cette personne. Elle avait l’air plus terrorisé qu’autre chose. Curieux, Tibara joua un tout petit peu plus fort. Cela eut l’effet désiré. La personne l’avait entendu et, curieuse, elle vint vers lui. *Heureusement que je ne suis pas dangereux.* Le Musicien continua de jouer comme si de rien était. Le seul changement fut que les animaux se mirent à se disperser. *Ils ont eux aussi sentit sa présence. Leur instinct leur indique de fuir. Je dois donc me méfier.* L’homme originaire de Toal ne s’interrompit pas. Il analysa plutôt la situation : *En cas d’extrême urgence, je peux utiliser mon petit secret, mais sinon je dois la jouer défensive. Je dois réussir à me relever si je veux au moins attaquer avec ma flûte. Et dès que je peux, je passe en mode hautbois.* Tibara sentit la personne se faire plus discrète. *Comme si je ne t’avais pas sentit venir…* Il se concentra pour étudier plus profondément les battements de son cœur : *C’est une fille. Elle est à la fois apeurée et fascinée. Je dois faire très attention à moi. Un geste mal placé et elle m’attaque…ou elle fuit. Que dois-je faire ? La laisser venir ou l’interrompre ? Attendons...* Le musicien était lui-même fasciné. Les battements de cœur de la jeune fille n’émettaient pas le même son qu’un battement de cœur humain. Il eut un léger frisson dans le dos. IL ne savait pas pourquoi, mais cette fille était spéciale. *Serait-ce de la peur en moi ? Possible… Je dois redoubler de prudence.* La jeune fille avait atteint sa hauteur. Tibara ouvrit les yeux, s’arrêta de jouer, remonta son foulard sur sa bouche et elle lui posa cette question :
« Que faîtes-vous seul dans les plaines ? Ne savez-vous pas que c’est un endroit dangereux ? »
« Je poursuis ma quête, jeune fille. Et vous ? Asseyez-vous au coin du feu. Je vous en prie, vous tremblez de froid. »
Tibara observa la fille d’un air sérieux. En même temps, seuls ses yeux dépassaient. Cela ne devait pas être rassurant. Mais son image ne l’intéressait pas trop. Il n’aimait pas se montrer devant un public inconnu. Le seul endroit où il était vraiment à son aise, c’était dans son village. Sinon le reste du temps, il aimait bien se faire discret pour analyser la foule. Et puis, il ne voulait pas être déranger pendant sa mission. Alors il avait décidé de se donner un air mystérieux. Il la dévisagea. Elle avait des yeux argentés, comme ses cheveux. Elle était fine et petite. Tibara détourna les yeux et regarda vers le ciel d’un air pensif. Un long silence se propagea entre les deux êtres puis :

« -Voulez-vous un fruit ? Il m’en reste. Savez-vous que vous êtes… fascinante ? »

Tibara avait réussi à lancer la discussion. Il avait choisi ses mots pour ne pas l’effrayer. Pourtant, ce n‘était pas quelqu’un de très bavard en présence d’une fille qu’il ne connaissait pas. Il l’écouta lui raconter ses aventures et, alors qu’il commençait à se présenter, quelque chose attira l’attention du Musicien. *Nous ne sommes plus seuls* Pensa-t-il. Il avait entendu des bruits de pas dans sa direction. Comme si de rien n’était, il changea l’embouche de son instrument. *Cette fois-ci, je suis prêt à me battre.*

« -Oliana ! Te voila ! Je commençais à me faire du souci. Effrik ne sera pas content ! On va se faire réprimander pour ça !» Accusa l’inconnu.

« -C’est de ma faute, Intervint Tibara en se relevant. Vous n’avez pas à la blâmer. Je suis le seul responsable. Nous discutions. Elle m’a expliqué la situation de votre rébellion. Je peux peut-être vous être utile. »

« -Je ne vois pas trop comment. Vous êtes peut-être grand mais votre carrure m’indique que vous n’êtes pas un puissant guerrier. A moins d’être un maitre en la magie je ne vois pas comment vous pouvez être utile.» Trancha l’homme.[/color]

Tibara ne réagit pas à ces attaques personnelles et prit le temps de rétorquer :

« -Je peux être envoyé en éclaireur. Ou même m’infiltrer dans le camp ennemi. Je sais être très discret. »

« -Si vous le dites. Mais je préfère les actes à la parole. Dans ces cas-là, je suis comme mon chef. »

« -C’est vous qui voyez. Mais sachez que vous allez surement perdre un bon élément, sans être prétentieux. J’ai un avantage, je garde la tête sur les épaules. Combien de vos soldats vont fuir ou paniquer devant les forces adverses. Je peux vous dire avec certitude que certains de vos hommes se sont engagé pour fuir quelque chose, mais ils ne sont pas prêts mentalement à combattre. »

 « -Et comment le savez vous ? »

« -J’écoute les cœurs des gens. Je ne me fis pas à leur apparence pour les juger. Je cherche la véritable nature de la personne, celle qui se cache sous la carapace de l’apparence. Si vous ne faites pas attention à ça, on vous poignardera dans le dos un jour ou l’autre. » Expliqua Tibara calmement.

« -Je n’aime pas trop votre ton voyageur. »

L’humeur inquiète et joviale de l’inconnu faisait place à un air sérieux et quelque peu colérique. *Je l’ai énervé. Génial…* Commenta le Musicien. L’inconnu regarda en direction d’Oliana avant de rabattre son regard vers Tibara. Ce dernier ne bougeait pas d’un pouce. Il avait son instrument dans sa main droite, prêt à sa défendre. L’homme en face du musicien dégaina son épée et recula de quelques pas, dans la plaine.

« -Bien. Je vais gagner du temps au chef, je vais vous tester moi-même. Je suis Jay Willbird et je vous provoque en duel. Cela vous convient-il ? » Termina l’homme avec un petit sourire.

Son épée était pointée vers Tibara, qui ne semblait pas inquiet. Du moins, Jay ne pouvait lire aucune expression sur le visage de son adversaire. Seuls ses yeux étaient visibles. Tibara fit enfin un geste. Il mit son pied d’appui, le gauche, devant lui et prit son instrument dans sa main gauche. Très lentement, il décrivit un cercle avec son arme tout en disant :

« -Je relève le défi. En garde ! »

Jay fondit sur Tibara. Ce dernier se mit en position défensive. IL maniait son arme comme s’il maniait un bâton. Son agilité lui permit d’éviter quelques blessures inutiles. Le Musicien sentait qu’en force pure, il était légèrement inférieur à son adversaire. Par contre, ni l’un ni l’autre ne connait la puissance magique de l’adversaire. Ils se repoussèrent pour reprendre quelques secondes leur souffle. Si la fille était en train de protester, ils ne l’entendaient pas, ils étaient trop concentrés dans leur duel. Tibara profita de ces quelques secondes de répit pour porter son arme à sa bouche. IL allait jouer la musique de la désorientation lorsque son adversaire dit :

« -Ah ! Un saltimbanque ! »

Le sang de Tibara ne fit qu’un tour. Il arrêta son geste, paralysé. Une rage intense monta en lui. Tibara avait deux principes : le premier, c’est qu’on ne se moquait pas de sa famille ou de lui-même. Le second, c’est qu’on insulte la musique. Dans ces cas là, Tibara devenait un être méchant, dépourvu de tous sentiments envers son adversaire et son seul but était de lui procurer une mort lente et douloureuse. *Je vais te montrer la puissance du saltimbanque !* Enragea le Musicien. Il changea la disposition de ses doigts sur l’instrument et se prépara à jouer le Requiem de Ragenarok. Tibara avait appris une page de ce morceau lorsqu’il avait affronté un de ses amis. Ce dernier avait perdu la raison à cause de ce morceau. Tibara l’avait donc tué pour abréger ses souffrances. Il avait ainsi décidé de détruire les pages du Requiem maudit. Pour cela il devait connaitre le morceau pour s’en débarrasser. C’est pour cela qu’il pouvait l’utiliser. Tibara avait oublié son environnement et commença à jouer le morceau. Jay se tordit de douleur et tomba au sol. Toute sa peau commença à le bruler. Il se tortilla sur le sol en criant tout ce qu’il pouvait.

Au milieu de sa rage, de son entêtement, Tibara se rappela les paroles de son père. *Jamais tu ne feras souffrir un innocent à cause de ta musique* Le Musicien prit alors conscience de son environnement : La fille ! La fille innocente qu’il avait accueillit autour de son feu écoutait la musique ! Tibara stoppa brusquement de jouer et se tourna vers elle. Il sentit un regard inquiet le regarder mais concrètement elle était debout. *Elle n’est pas affecté par cette musique ? Serait-ce possible alors… C’est une… Non, c’est impossible. Elle est pourtant bien trop humaine...* Réfléchi Tibara.

Jay continua de gémir sur le sol. Il était toujours vivant. Tibara hésita à l’achever, mais n’en fit rien. Sa colère était passée. Il avait retrouvé son calme habituel. Ce dernier s’avança vers son adversaire et s’accroupit :

« -Alors ? Suis-je toujours un saltimbanque inutile ? »

« -Non… Articula difficilement Willbird. Je suis désolé… »

« -Bien. »

Le Musicien se releva et dépassa la fille. *Désolé...* ne pouvait-il s’empêcher de penser. Sa tête fourmillait de questions, mais il les garda pour lui. Il ne ressentit aucuns effets secondaires dû au Requiem. *Je n’ai pas dû en jouer assez longtemps…* Il pensa alors à Oliana. Elle n’avait rien. Elle était intacte. Tibara l’observa et rien, physiquement, ne le choqua. *Je ne connais qu’une seule race qui n’est pas affecté par le Requiem… Pourtant… A moins que je me sois trompé de morceau ? Non je connais ce morceau par cœur. C’est impossible que je me sois trompé. Cette fille est donc… Spéciale. Oui je pense que spéciale est le mot.* Tibara se perdit dans ses pensées. Il s’était rassis autour du feu et le regardait sans le voir. Le Musicien attendit que son adversaire se remettre de ses blessures pour se mettre en route. Les maux infligés au guerrier étaient assez superficiel. Le morceau n’avait pas duré assez longtemps pour causer des dommages irréversibles. Le Musicien, toujours en réflexion, sortit un chiffon de sa besace et commença à lustrer son instrument. Il en profita aussi pour raviver le feu. Jay se releva au bout d’un moment et marcha difficilement vers le feu. Tibara ne fit aucun effort pour l’aider. Il le regarda seulement se mouvoir.*Tu peux toujours rêver pour que je te vienne en aide. Quelqu’un qui ne respecte pas la musique en ma présence n’est pas digne de ma sympathie.* Tibara le fusilla du regard lorsque ce dernier réussi à s’asseoir. Il lâcha finalement :

« -Tu pourras dire à ton chef que je suis quelqu’un d’utile. Et qu’il ne doit pas mépriser la musique en ma présence. »


« -Bien sur. Je lui dirai. »[/color]

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 34
Date d'inscription : 31/03/2012

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Démons
Classe: Invocateur
En général: Révolutionnaire. À bas Kerdéreth !
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Sam 4 Jan - 17:47           
.................................................................................................................................................................................................................................

Oliana s’assit comme indiqué auprès des flammes. Les images rougeâtres et dansantes la réchauffèrent, alors même que le regard insondable de son hôte la faisait regretter de s’être assise en sa compagnie. Elle le détailla de plus près, et il lui fit songer à Emilrya, qui portait toujours ses innombrables voiles. Mais là s’arrêtait la comparaison. A part quelques voiles de-ci de-là, la tenue de son voisin était à peu de choses près normale. Ce qui fit penser à la démone qu’il avait peut-être des raisons de se masquer. Mauvais signe.
Moi je suis les rebelles à travers le Continent.
Et voilà, elle avait fait la gaffe. Et si cet homme était contre les rebelles ? Que ferait-elle s’il l’attaquait soudain, alors même qu’elle était en position de faiblesse à cause de l’effet de surprise. Quelle idiote ! Si Effrik savait seulement ce qu’elle était en train de faire, il la tuerait. L’inconnu lui proposa un fruit, et sans qu’elle ait le temps de répondre, lui déclara qu’elle était… fascinante ?
Fascinante ?, s’exclama-t-elle avec stupeur.
Et si cet homme était un de ces anges qui se voyaient encore incombés de la mission d’anéantir sa race ? S’il s’était rendu compte de ce qu’elle était ? Cette fois elle était cuite. Petit regard circulaire. Non aucun endroit où se cacher. Elle en était à se chercher une excuse pour prendre congé, néanmoins contre toute attente, la discussion se poursuivit. Cela lui redonna un peu confiance, même si le fait qu’il cherche à en savoir plus sur elle ne soit pas forcément bon signe. Elle finit par lui demander son nom, et il se présenta succinctement.
Ils en étaient à ces paroles lorsque Jay’ surgit des broussailles. Oliana se releva en sursaut. Elle n’eut pas le temps de se justifier. Son référent d’admonesta tant et si bien qu’elle se sentit plus piteuse que jamais.

J’ai entendu de la musique ! Je suis venue voir de quoi il retournait !, se vexa-t-elle. Et je n’ai pas besoin d’un chien de garde personnel, répliqua-t-elle vertement.
Tibara s’accusa ensuite à sa place. Cela finit de rassurer la démone à propos de ses intentions. Peu importait ce qu’il voulait, il n’était pas là pour leur nuire. S’en suivit un vif échange entre Jay’ et Tibara. Leurs personnalité respective semblait s’opposer à un point tel que même leur dialogue était fait de piques, et de réflexions peu amènes, dont la démone prit soin de ne pas se mêler. Elle en apprit un peu plus sur le musicien, quant à sa capacité à lire dans les cœurs. Ce devait être une capacité utile et intéressante pour qui savait la manier.
Puis Jay’ lui adressa un regard, avant de s’en retourner vers Tibara. Et elle comprit. Elle soupira. Comme elle s’y attendait, son référent provoqua le musicien en duel. La démone resta assise à observer. Elle connaissait Jay’, depuis qu’elle était sur le camp. C’était la personne en qui elle confiait le plus. Elle savait qu’il ne s’énervait que rarement, mais que ses colères étaient surprenantes. C’était même souvent à Effrik ou à Emilrya de le calmer. D’ordinaire, c’était pourtant quelqu’un de jovial, et d’agréable à vivre. Mais ce que Jay’ ne tolérait pas, c’était le manque de respect. Tibara, pour peu qu’Oliana le connaissait, lui avait semblé être quelqu’un de froid et de distant, en totale opposition avec son référent, et la façon dont il lui parlait pouvait sembler agressive si l’on ne tenait pas compte de ce fait. Jay’ ne laisserait personne de ce type approcher du camp, à moins d’y être contraint.
Le duel s’était engagé, et Tibara ripostait à la flûte, jusqu’à en venir par jouer un air. Lequel air fit se tordre son référent de douleur. Oliana se figea.

JAY’ !
Elle voulut se précipiter. Mais quelque-chose l’en empêcha. La musique, elle en était certaine. Elle résonnait dans sa tête, sans lui causer de souffrances, comme à Jay’, mais elle l’accablait, la paralysait, comme si elle la connaissait sans la connaître. C’était comme si la musique prenait possession d’elle. C’était comme une voix qui pénétrait dans sa tête, et y instillait une compréhension qui n’était pas sienne.
*… que la mort passe par la souffrance. Les autres souffriront pour que nous dominions. Ils s’écraseront et nous régnerons. Ils s’effaceront et nous seront maîtres. La soumission se fera dans le sang des peuples sans nom qui s’opposeront à nous. Plus jamais la menace ne grandira… *
Et tout cessa brusquement. La brise souffla doucement sur eux, emportant les mots emplis de haine qui s’étaient élevés dans sa tête. La démone reprit alors ses esprits. Dans l’herbe, blessé, Jay’ gémissait de douleur. Le cœur de la démone se serra devant ce spectacle d’un homme meurtri luttant pour conserver sa vie. Oliana se précipita.
Tu m’entends Jay’ ?... Jay’ ? Tu m’entends ? … Jay’ !
Elle avisa les plaies qui barraient sa peau, et les lignes sanglantes sur ses vêtements intacts qui couvraient les blessures. Son référent écroulé était dans un état de conscience second qui ne percevait plus le monde alentour sinon la douleur qui était sienne. La démone déchira sa propre veste pour comprimer quelques plaies. Il apparut bien vite qu’elles se refermaient, comme par enchantement. Du moins, arrêtaient-elles pour la plupart de saigner, alors que d’autres s’effaçaient lentement. Oliana n’avait aucune connaissance en matière de soin, ou du moins très peu. Et elle n’avait aucun matériel avec lui qui lui aurait permis de guérir son référent.
Jay’… on va te ramener au camp. Je vais te faire apporter des soins. Tout va bien se passer…
Non,la coupa-t-il. Puis il murmura sans que Tibara entende : Pas avec lui, ce type est dangereux. On ne veut pas de lui au camp.
N’est-ce pas pour qu’il te montre qu’il peut être dangereux que tu l’as provoqué ? Je ne l’aime pas beaucoup mais il faut l’amener à Effrik.
Je n’ai jamais vu personne qui manie ainsi la musique. Il faudra aviser Effrik que cet homme sert certainement d’autres intérêts que les nôtres.
A ces mots, Oliana pivota vers Tibara, qui s’était éloigné. Cet homme étrange avait joué un air assassin. Des mots venimeux et pleins de colère avaient alors envahi sa tête. Il y avait un rapport. Et si rapport il y avait, il était certain que Tibara traînait dans de drôles d’affaires, et qu’il faudrait gardait un œil sur lui. Ce dont elle se chargerait avec plaisir.
Je vais t’aider à te relever.
Oliana fit ce qu’elle put pour le remettre debout. Jay’ tenait difficilement sur ses jambes. Il garda appui sur elle un moment, puis tint à ce qu’elle le lâche. La démone insista un moment puis préféra le laisser. Il marcha alors jusqu’au musicien qui était parti à quelques pas de là. Dans la fraîcheur de la nuit, Oliana frissonna. Un vent doux continuait de souffler, mouvant l’herbe de la prairie autour d’elle à un rythme régulier, et réglant le balancement du feu. Ses cheveux suivaient le courant d’air, barrant parfois à ses yeux la vue de ses deux voisins.
Tous deux conversèrent une seconde. Oliana voyait à présent Tibara d’un mauvais œil, et ce rapprocha instinctivement des deux autres, pour être sûr que rien n’arrive. Lorsqu’elle entendit la réplique du musicien, son sang ne fit qu’un tour, et elle se précipita devant entre lui et Jay’.

Ca y est, votre égo est redoré ? Vous avez gagné ? Ça vous fait plaisir, hein ? Vous trouvez normal de traiter quelqu’un de la sorte ? Qu’est-ce que vous croyez que j’aurais dit, moi, si je vous avais vu jouer de la flûte en combat ? La même chose que lui ! Non ne connaissons rien à vos capacités en tant que musicien, et moi en tout cas je ne veux pas en savoir plus ! Vous êtes de la même trempe qu’Alidane Dextrae avec vos sortilèges malfaisants !
Jay’ finit par la saisir par l’épaule et la tirer en arrière. La démone commença par résister mais son référent, malgré ses allures un peu frêles pour un soldat, réussit à la retenir.
Impertinente, arrête ça tout de suite, on ne sait pas de quoi cet homme est capable, tu l’as dit toi-même, n’envenimes pas les choses, prononça-t-il tout bas.
Mais enfin, il a failli te tuer !
C’est le principe d’un duel.
Il avait simplement à prouver ses capacités, pas à montrer tant de violence injustifiée !, contra Oliana qui, elle, ne se retenait pas pour crier.
Des bruits furent alors perçus dans leur dos et ils firent volte-face au même moment. Fendant la plaine, deux chevaux venaient à leur rencontre, que la rebelle identifia immédiatement.

Effrik et Emilrya !
*Il ne manquait plus que ça !*
Les deux chevaux s’arrêtèrent à quelques pas d’eux, et leur cavalier respectif en descendirent. Effrik s’avança rapidement, pendant qu’Emi’ suivait, comme pour le couvrir d’un danger.
Oliana Mésyrhis, je savais que tu sèmerais le trouble dans la compagnie. Que fais-tu au milieu de la plaine à cette heure ? Et ton compatriote ? Jay’ tu as une excuse je suppose.
Emi’, stop. Jay’ ?
Je cherchais Oliana.
Voilà qui explique tout.
La démone commençait à bouillir intérieurement.
Oliana, que c’est-il passé ? Qui est cet homme ?
J’ai entendu un bruit et j’ai été vérifier de quoi il s’agissait.
Tu es bien trop vigilante en ce qui concerne ce qu’il se passe la nuit je trouve.
Cette allusion à la veille piqua la démone, mais il aurait été inconcevable de répondre.
Il s’agit de Tibara Valmir. Un musicien qui souhaite se joindre à notre convoi.
Et depuis quand quelqu’un souhaite-t-il se joindre à notre convoi sans que l’y invite ?
Ca il faut le lui demander.
Elle eut tout juste le temps de jeter un regard haineux au musicien avant que la lame d’Emilrya ne la cueille sous la gorge, et ne lui fasse tourner la tête.
Insolente ! Comment oses-tu parler à Effrik sur ce ton !
Du calme Emi’, gardes donc ta véhémence pour ce Monsieur Valmir, dans le cas où j’apprendrais que c’est un imposteur envoyé par la reine Dextrae. Alors Monsieur Valmir, présentez-vous je vous en prie. Vous souhaitez vous joindre à nous, je crois ?[/i]



Dernière édition par Oliana Mésyrhis le Ven 6 Juin - 16:23, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 33
Date d'inscription : 10/11/2013
Age : 24

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Humains
Classe: Barde
En général: A l'écoute.
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Mer 15 Jan - 18:15           
.................................................................................................................................................................................................................................

« - C’est exact. Laissez-moi me présenter : comme l’a annoncé la fille tout à l’heure, je suis Tibara Valmir. Je suis originaire de Toal, un village sur l’île de la Connaissance. Avant toute chose, je ne suis pas un imposteur envoyé par Alidane Dextae. Une preuve simple : je ne serrais pas resté là à attendre. Regardez autour de vous Monseigneur Effrik, je suis à 4 contre 1. Ne jugez-vous pas ma position délicate ? Ensuite je possède un pouvoir capable d’anéantir une personne, un groupe, facilement. Croyez-vous que je serrais à découvert pour l’utiliser ? »

"-Vous n'avez pas tort." Admis Effrik.



"-Tu ne vois pas qu'il te mène en bateau?" Rétorqua Emilrya.

« -Que faut-il que je fasse pour que vous me croyez ? » Intervint Tibara.

*Il vaudrait mieux ne pas mentir. Mais révéler ma quête pourrait être dangereux. Je n’ai pas envie que d’autres personnes meurent à cause de ces partitions maudites. Et ce coup-ci ce sera de ma faute. Ensuite, s’ils ne connaissent rien de moi, je ne connais rien d’eux. Qui  me dit que ce ne sont pas des mercenaires sanguinaires ou des bandits, tout simplement.* Réfléchit Tibara. Il balaya son regard sur l’assistance.



"-Bon tu te déçides?" S'impatienta le chef.

« -Veuillez m’excuser. Je réfléchissais. Je vais être honnête avec vous. Votre Alidane Dextae ne m’intéresse pas… »



"-J'en étais sûr!" S'exclama la femme.

Il dû élever la voix pour pouvoir finir sa phrase. Son début d’argument ne faisait pas l’unanimité, mais il devait se justifier.

« -Laissez-moi finir. Mais elle possède un objet que je désire. Tant que je le récupère, je suis prêt à mettre mes pouvoirs à votre service. Je serrais sous vos ordres jusqu’à ce que nos objectifs communs soient remplis. A vous de voir. »

Le chef de la troupe prit le temps de la réflexion. Tibara voyait bien des les yeux de la démone qu’elle ne l’appréciait pas, mais il s’en moquait. Il n’avait pas le temps de se faire des nouveaux amis. Tibara attendit patiemment. Il ne retint qu’un seul mot du chef : « engagé ». Par contre, il serrait mis sous bonne garde. Le chef devait prendre ses précautions pour son convoi.

« -Qu’il en soit ainsi. » Répondit Tibara en faisant une courbette discrète.

Tibara accepta cette condition avec facilité. Il aurait très bien pu se rendre en Kerdéreth tout seul. Mais avec un groupe il augmentait ses chances de survis. Et puis Tibara le savait très bien, il n’était pas assez fort pour faire cette quête. Ziak, son ami d’enfance, n’avait pas pu partir avec lui. Mais le musicien savait qu’il pouvait compter sur lui en cas de danger. L’homme de Toal suivit donc la troupe vers le convoi. *Mon premier objectif est rempli. Mon voyage pour Kerdéreth est presque assuré. A moi de ne pas gâcher cette occasion. Mais pour le moment, je dois récupérer une partition dans le prochain manoir. J’espère qu’ils vont y faire une escale. Et si ils en font une, comment la récupérer ? Et si ils ne font pas d’arrêt, comment vais-je faire ?* Il y avait trop de « si » pour que Tibara puisse arriver à une réflexion correcte. Il laissa donc tomber et verrait sur le moment. Le musicien choisit une place entre deux tentes, il posa sa flute sur le sol pour s’en servir d’oreiller et mit sa cape sur son corps. Il sentit l’approche de deux gardes. *J’ai même des nourrices !* Tibara fit abstraction de toutes les sonorités du camp et s’endormit très profondément. Il n’avait pas à se soucier des monstres, ses « nourrices » ferraient surement assez de bruit pour le tirer de son sommeil.

Le lendemain, Tibara se mit en marche avec le convoi. Pour tester la sécurité de sa garde, le musicien marcha plus ou moins vite dans le convoi. Tantôt il était devant, tantôt il était derrière. Cela l’amusa un moment. Perdu dans ses pensées, Tibara contemplait le paysage et s’autorisa à bailler pleinement. Son foulard lui couvrait la bouche. L’homme de Toal fut sortit de sa rêverie par une petite fille qui râlait :

« -Maman, est-ce qu’on est bien arrivé, j’en ai marre de marcher ! »
« -Je ne sais pas, chérie. Arrête de te plaindre. On ne peut pas se le permettre. Le convoi nous a accueillis pour la révolution. On ne peut pas les décevoir. »
« -Mais maman… »
« -Chérie s’il te plait. »

Tibara, qui avait suivi la discussion, ralentit pour se retrouver à la hauteur de la fille. Elle lui rappelait sa jeune sœur, Emily, en un peu plus jeune. A vue d’œil, elle devait avoir 6 ans. *Cette révolution va laisser des traces. Je ne pense pas et je n’espère pas qu’ils emmènent les civils au combat.* Le Toalien regarda un peu plus la mère. Ses habits étaient usés et elle avait l’air fatigué. *Effrik et les autres doivent les faire marcher pendant toute la journée.* Tibara n’aimait pas entendre des enfants tristes. Alors, il s’adressa à la fille :

« -Dis-moi, cela te dirait de monter sur mes épaules ? »
« -Oh oui ! »

La mère croisa le regard du musicien, mais elle ne dit rien. Sa fille s’était arrêtée de se plaindre, alors elle laissa faire. D’ailleurs, la fille ne tarda pas à dormir sur la tête de Tibara. Il put ainsi discuter un peu plus avec la mère.

« -Je ne sais pas qui vous êtes, mais merci monseigneur. Sans vous, ma fille se serrait plainte toute la journée. »
« -Il n’y a pas de quoi milady. Vous avez l’air de travailler dur pour suivre ce convoi. C’est la moindre des choses que de vous venir en aide. »
« -Merci. »

Ils discutèrent un peu. La mère, s’appelant Ila, avait rejoint le convoi avec sa fille depuis un long moment. Ce n’étaient que des civils, mais Ila voulait participer à la fin du règne d’Alidane Dextae. C’était la personne responsable de la mort de son mari, la responsable de sa fuite du pays, la responsable de sa misère. Et pour tout cela, Ila voulait sa mort. Tibara écoutait attentivement. Il se faisait qu’un petit avis de cette Alidane Dextae. Son père lui en avait un peu parlé. Selon lui, ce n’était pas une femme à qui l’on pouvait faire confiance. Tibara s’en moquait, il voulait se faire son propre avis. Sa mère le lui avait toujours répété : toujours ce faire son propre avis.

Soudain, sans vraiment savoir pourquoi, le convoi s’arrêta. Tibara vit quelqu’un partir à cheval du groupe. Il se tourna vers Ila, intrigué. Elle eut un sourire aux lèvres en voyant les yeux surpris du musicien.

« -Ce n’est rien. Quelqu’un est allé chercher de nouvelles recrues. Pendant ce temps, on peut prendre une pause. Vous devriez poser Luna, elle a assez dormis. »
« -Si vous le dîtes. »

Tibara réveilla délicatement la jeune fille et la posa au sol. Ila la prit ensuite par la main et fit signe à Tibara de les suivre. Ils se faufilèrent entre des chevaux, des hommes, des femmes et des charrettes pour arriver à ce qu’il semblait être un lieu de repos. Un homme était debout dans son chariot et distribuait des verres de lait aux marcheurs. Le musicien accepta un verre avec Ila et sa fille. Ils s’installèrent sous un arbre, à l’ombre. Tibara apprécia le moment de pause et s’autorisa à enlever le foulard de devant sa bouche. Son chèche cachait encore une majeure partit de sa tête, mais Ila apprécia ce geste d’intégration. *A mon tour de me montrer sympathique.* Pensa le Toalien. Tibara enleva sa flute de sa protection sommaire et commença à jouer une mélodie douce et reposante. Les gens dans les parages virent écouter par curiosité. Ceci eut un effet de masse et d’autres personnes voulurent voir la raison du rassemblement. Ils passèrent tous un bon moment à se laisser envouter par la musique de Tibara. *Je ne peux pas leur offrir ce qu’ils souhaitent le plus. Mais je peux au moins soulager pendant un moment leurs peines.*

Le convoi se remit en marche pour le reste de la journée. Pour le soir, Tibara fut invité par Luna à manger avec le groupe de sa mère. Il n’y voyait aucuns inconvénients. Il suivit donc la petite et il se retrouva devant un feu de camp. Ila dinait avec d’autres personnes du convoi. Tibara n’en connaissait aucun. Il s’assit à côté de la fille, qui avait insisté. Il remarqua au bout de quelques phrases que son statut de musicien s’était propagé dans le convoi. *Bah tant pis, je ne pouvais pas rester discret avec autant de foule, surtout en dialoguant avec les autres.*

A la fin du repas, Tibara sortit une grande feuille de ses habits. Il demanda à l’assistance si quelqu’un avait de l’encre et une plume. Personne ne lui répondit positivement. Son grand-père lui ayant appris à se débrouiller, Tibara se dirigea vers le feu et prit un morceau de bois brûlé.

« -Que faites-vous, vous allez vous brûler ! » S’exclama Ila.
« -Pas du tout. Ceci va me servir pour écrire, expliqua Tibara en commençant à former des lettres. Vous voyez, la cendre du bâton de bois va se déposer sur la feuille, sans la brûler. Regardez, ce que j’écris est totalement lisible. »

Tibara montra la feuille aux autres. Mais personne ne comprenait ce qu’il avait écris. Le musicien avait oublié que tout le monde ne savait pas lire et écrire. La petite Luna en fût fasciné et resta auprès de Tibara pour regarder les mots se former sur la feuille. Les autres personnes trouvaient intéressant que « le musicien » sache de plus lire et écrire. Certains le qualifiaient de génie, ou de sage. Tibara sourit à ces éloges, mais il n’était rien de tout ça. Il se retînt de dire que tous les enfants dans son village peuvent lire, écrire et compter. Mais il oubliait une chose : son village prospérait. Ce n’était pas le cas de ces gens qui vivaient dans le froid, la guerre et la pauvreté. Utilisant plusieurs bâtons de bois Tibara arriva à écrire ces quelques mots pour son ami Ziak :

« Mon cher Ziak,

Je t’écris cette lettre pour te demander ton aide. Comme tu le sais, je me suis lancé dans ma quête des partitions de Ragenarok. Nous n’avons pas pu partir ensemble dans cette mission et j’en suis fort déçu. Mais cette lettre a pour but de nous réunir. Je viens de me rallier à un convoi allant en Kerdéreth. Sur le chemin, je récupérerai une autre partition. Le seul point noir de ceci c’est que le convoi a pour but de chasser la reine Alidane Dextae de son trône. Me méfiant de certaines personnes dans le convoi, je viens donc quérir ton aide afin de continuer cette aventure ensemble et de veiller l’un sur l’autre, comme nous devons le faire. Je ne sais pas ce qui peut se passer, mais je ne voudrais pas voyager sans un ami à côté de moi. Tu me manques mon frère.



Toutes mes amitiés,
Tibara. »





Le musicien rangea précieusement sa lettre dans ses affaires et s’endormit au coin du feu. La petite Luna s’était endormie depuis un moment contre sa cuisse. Il dû donc utiliser toute sa souplesse et sa discrétion pour ne pas la réveiller. Il contempla les étoiles avant de s’endormir.

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 34
Date d'inscription : 31/03/2012

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Démons
Classe: Invocateur
En général: Révolutionnaire. À bas Kerdéreth !
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Ven 6 Juin - 16:21           
.................................................................................................................................................................................................................................

Cette nuit-là, Oliana ne put dormir beaucoup. Elle pensait trop à sa nouvelle vie, et à l’ancienne. Que faisait le maître ? Que faisait Nays ? La cherchaient-ils ? Etaient-ils seulement inquiets ? Ou bien étaient-ils heureux d’avoir pu se débarrasser d’elle si facilement ? Elle imaginait déjà la fureur du maître, lui dont la colère était si noire et si vive. Elle voyait aussi très distinctement Nays, en rêve. Elle se tenait dans le jardin du maître, sous son ombrelle blanche faite au crochet, dans sa plus belle robe de soie rose, un ruban dans les cheveux pour retenir la cascade blonde qui se déversait sur ses épaules.
« REBELLE ! REBELLE !, lui hurlait-elle.TRAITRE ! Tu nous a trahis!
Et le calme de son visage se rompait, et la colère assombrissait d’un éclat d’orage ses yeux autrefois si doux. Elle la revoyait, elle et le maître, échanger un baiser à son insu. Non, ils ne se préoccupaient pas d’elle. Seul leur importait leur petite vie placide et bien rangée, depuis que le maître avait déposé les armes pour se consacrer à ses livres. Que n’aurait-il épousé la belle Nays, que ne l’aurait-il fichue à la porte, elle, si elle n’avait pas d’abord pris la décision de partir.
Rebelle… traître… rebelle… traître…, murmurait-elle dans le maigre semblant de sommeil qu’elle parvint à trouver à une heure tardive.
Puis l’image du maître succéda à celle de Nays. Lui, de sa carrure de militaire, la surplombait et la couvrait d’ombre. Elle tentait de retrouver la lumière du soleil, mais l’ombre grandissait, grandissait, et grandissait, s’épaississait, jusqu’à devenir aussi épaisse que la poix. Alors elle s’embourbait et coulait, s’étouffait jusqu’à disparaître. Elle reprenait son souffle sous la surface, crasseuse, essoufflée et en sueur, tombait sur un sol dur avant de se relever. Elle était dans la plaine. Jay’ armait son arc, et en suivant les flèches qu’il décochait du regard, elle apercevait le cadavre d’Alidane Dextrae, qu’elle n’avait jamais vue mais imaginait toute de brun, de vermeille et de sombre, constellé de pointe à l’empenne multicolores. Alors elle sautait dans tous les sens, riait, criait jusqu’à perdre haleine. Néanmoins arrivait Effrik, sur son cheval de guerre dont la musculature semblait égaler celle du taureau.

STOP !, il démonta, balança Jay’ au sol, puis rejoignit le cadavre. Où est-il ? Où est-il ? Rends-le nous !
Emilrya apparaissait alors, toute droit sortie d’un nuage de fumée à la forme d’un faucon. Elle saisissait Effrik à la gorge, laissait retomber la reine morte dont les cheveux sous l’effet du vent, se mélangeaient aux herbes.
C’est ta faute ! On ne peut plus rien faire maintenant ! QU’ELLE MEURE ! »
Et les flèches se remettaient à s’abattre. Pam… Pam… Pam...

« QU’ELLE MEURE !, s’entendit-elle hurler, sursautant et moite de sueur.
Assis à ces côtés, frabriquant l’empennage de flèches neuves, Jay’ ne parut pas surpris. Le jour se levait presque sur le camp. La démone se redressa plus commodément pour reprendre son souffle, ainsi que ses esprits. La brise fraîche de la fin de nuit caressa ses joues, rafraichit son visage tourmenté.

-Toi, entama son référent en nouant une dernière plume, tu as abusé de lait d’hermille…
-Je ne connais aucune Hermille, sur le camp, se défendit rageusement la démone.Et je ne vois pas qu’est-ce que son… lait, a à voir avec mes cauchemars.
Jay’ déposa tout son attirail sur le sol.
-Tu as bien festoyé avec les nouveaux arrivants et les autres, hier soir.
Malheureusement, la soirée de la veille s’arrêtait dans ses souvenirs au moment où elle regagnait le camp avec Jay’, après avoir déniché le dénommé Tibara Valmir.
-Je ne me rappelle pas hier soir…
Son référent sourit.
-Tu étais tellement contente hier, de trouver des gens plus nouveaux que toi sur le camp, et dont Effrik doutait encore plus que de toi, que tu as accepté de boire un verre avec eux, Annelyse, et moi. Tu as même fini par trinquer avec Effrik.
Elle douta quelque peu de la sincérité de cette assertion-là. Néanmoins, maintenant qu’il le disait, elle se rappela plutôt un dénommé Ed’, surnommé Nox, marchand et éleveur de chevaux le jour, et rebelle la nuit, avec qui elle avait en effet partagé quelques verres.
-Je n’avais jamais bu avant…
-Ceci explique cela, on dirait…
-Mais je sais que je n’aurais pas trinqué avec Effrik.
-Un point pour toi. C’était pour évaluer ton état de conscience.Une petite pause et il reprit.Le lait d’hermille est à la base le lait d’une plante, qui pousse dans le désert de Kerdéreth, à l’est. A Swold particulièrement, il est devenu presque courant de cultiver cette plante et de la tuer au bout de quelques mois en l’arrosant avec de l’alcool, pour que le lait s’en gorge, et pour en faire un breuvage plutôt âcre, et sec en bouche. Les habitants de la ville raffolent de cette boisson à ce qu’on dit, et Annelyse est originaire de Swold. Autant dire qu’elle a embarqué quelques bouteilles avec elle dans le convoi. L’alcool agit en tant que tel mais l’hermille à un effet tout particulier de provoquer des visions plus ou moins représentatives que les gens interprètent, ou pas. Cet effet prédomine quand on est pas très habitué, ou qu’on en abuse. Enfin ça c’est ce qu’on dit. Moi je préfère éviter de goûter pour délirer ensuite. »
La rebelle se tint dès lors pour informée, et lorsqu’elle croisa Annelyse elle ne lui maugréa qu’un bonjour peu enthousiaste. Comparement à son cauchemar de tout à l’heure, la réalité lui paraissait à présent prise dans une gangue de fumée. Elle espérait que l’effet se dissiperait rapidement, afin de ne pas en être encombrée toute la journée.
« Mésyrhis !, l’appela dans son dos une voix qu’elle aurait désiré oublier alors qu’elle allait trouver sa monture.
Emilrya, à crue, sabre à la main, montait sa jument, comme disait certains du camp, une nomade d’une de ces peuplades du désert. C’était seulement dans ses heures les plus matinales, ensuite elle se mettait en selle. Elle prônait que le cheval avait besoin d’un contact plus rapproché, au moins une fois de temps en temps, pour entretenir la communion entre la bête et l’homme. La démone ne savait trop quoi en penser.

-Rends-toi utile, tu veux. Vas chercher ton protégé, Valmir. Tu seras sa référente au sein de la rébellion, ordre d’Effrik. Montres-lui le convoi. »
Puis elle talonna son cheval et la dépassa, toute enroulée de foulard que les mouvements d’air fouettaient, et rejoignit les hommes à l’entraînement, dont elle était aujourd’hui chargée.
*Je ne sais pas me diriger moi-même, mais voici en plus qu’on me colle quelqu’un. Ca va m’aider tiens…*
Elle attrapa sa monture, et rejoignit le nouveau pendant que les autres démontaient les tentes, et chargeaient les caravanes. Elle n’était pas particulièrement enchantée, disons-le, d’avoir été nommée référente, surtout de l’agresseur de son propre référent. Elle ne savait pas par quel bout prendre ce Tibara, et elle se doutait que peu importait ce qu’elle pourrait dire, il aurait ses contre-arguments. Tant pis, on lui avait confié cette mission, elle s’emploierait à la remplir.
« Tibara Valmir ? Suis-moi. Je suis ta nouvelle référente. Je vais te montrer le convoi.
Sans lui laisser le choix de répliquer, elle démonta et tint sa monture par les rênes. Elle se mit aussitôt à longer les caravanes, comme Jay’ l’avait fait pour elle. Une chance que ce soit récent.
-Les cavaliers de tête sont toujours Effrik et Emilrya. Effrik est chef de la rébellion, Emilrya est en quelque sorte sa seconde. Ils sont là depuis les premiers temps de la rébellion. Elle n’a eu que deux chefs, Effrik, et un grand homme à ce qu’on raconte, qui portait le nom d’Asselnot, et dont personne ne semble disposé à m’apprendre ce qui lui est arrivé. Il a formé Effrik et Emilrya il y a de nombreuses années. Les premières caravanes sont réservées aux familles que nous transportons, aux enfants, aux mères et pères ne souhaitant pas se battre, aux vieillards, et aux infirmes, cassés par les combats. Des cours sont dispensées, de différents niveaux, dans certaines d’entre elles. Il n’y a pas que des gens qui savent se battre avec nous. C’était le cas, fut un temps m’a-t-on dit. Mais depuis longtemps nous abritons aussi des réfugiés, pour les protéger de la reine. Ca a ralenti fortement le convoi. Derrière viennent les caravanes contenant le nécessaire de survie, la nourriture, les affaires, les tentes. Des hommes entourent en permanence la totalité du convoi, comme ce groupe-là, face à nous. Une cinquantaine d’hommes. Tout au bout là-bas, au plus lent du convoi, se trouve l’armement. Une vingtaine d’hommes patrouillent plus largement autour de nous, pour nous orienter et prévenir de l’arrivée des troupes ennemies. Cette carriole, là, c’est l’infirmerie. En cas de combat, on déploie une tente spécialement. Nous comptons dans nos rangs quelques médecins, guérisseurs, botanistes… Et derrière, l’attroupement qu’on voit c’est les entraînements. On pourra faire un tour des différents endroits si tu veux.
Elle s’arrêta, l’ampleur du convoi la frappa de nouveau. Les quelques griffons qui l’encadraient passèrent au-dessus d’eux, flanqués des rapaces des dresseurs, se défiaient au-dessus des toiles. Elle jeta un œil à Tibara, pour vérifier qu’il avait été attentif.
-Tu… as des questions ?

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 33
Date d'inscription : 10/11/2013
Age : 24

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Humains
Classe: Barde
En général: A l'écoute.
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Mer 11 Juin - 21:52           
.................................................................................................................................................................................................................................

Tibara émergea tranquillement de son sommeil. Le soleil commençait à éclairer les alentours d’une chaleur réconfortante. Le musicien regarda ensuite son entourage. Ila et Luna dormaient encore, non loin du feu éteint. Il tâta ses poches, histoire de vérifier que sa lettre était toujours là.


Ila ne tarda pas à se réveiller. Elle lui indiqua où il pouvait se restaurer. Il ne prit pas grand-chose, juste une pomme. Il retourna auprès de ses deux seules connaissances amicales de la troupe. Il en profita pour aider Luna à ranger ses affaires, pendant qu’Ila rangeait la tente. Tibara semblait avoir une bonne influence sur la petite. Elle souriait beaucoup plus depuis que le musicien avait rejoint la rébellion.



« -Dites, commença le musicien, savez-vous où je peux trouver un coursier ? »

« -Toutes les lettres de la rébellion passent par Effrik. Il les tri et se débrouille pour les faire partir. Je n’en sais pas plus. »


« -Cela me convient. »


Le rangement fût presque terminé lorsqu’Oliana arriva devant le groupe. *Je vais l’avoir sur les talons tout le temps ?* La réponse à la question silencieuse du musicien ne se fit pas attendre :


« -Tibara Valmir ? Suis-moi. Je suis ton nouveau référent. Je vais te montrer le convoi. »


*Ben il faut croire que oui.* La jeune fille semblait déterminée. Sans un mot, il la suivi et écouta sa présentation. Le convoi sembla s’agrandir à chaque détail que la fille présentait. Tibara fut alors frappé par sa grandeur. *Ils sont nombreux. Et tout ça pour une seule personne. Que peut-elle bien avoir fait ?*


« -Tu… as des questions ? » Dit-elle pour conclure.


« -Oui. Où puis-je trouver Effrik en ce moment ? »


Il se garda bien de dire pourquoi. Il avait sentit qu’Oliana avait le type même de la fouineuse. Elle ne lui faisait pas confiance. Et chaque geste qu’il ferrait serait systématiquement interprété de manière à le mettre dans l’embarras. Lorsqu’il avait prononcé le mot du chef de la rébellion, le Toalien sembla décerner de la crainte envers le chef dans les yeux de la petite. Il n’en fit rien. Il ne valait mieux pas faire une mauvaise remarque car cette dernière était d’un tempérament très colérique. Oliana ne devait pas savoir pour le courrier. Sa rancœur envers Tibara pouvait la pousser à lui voler la lettre ou interpréter celle-ci comme une demande de renfort, mais pas amicaux.


En route pour sa destination, le Musicien croisa Jay. Les deux hommes s’arrêtèrent. Le temps eut alors l’impression de s’arrêter. Tibara sentit ses mains se tendre et se détendre à intervalles réguliers. Il était tendu. Il ne savait pas si son homologue en face allait lui trancher la gorge ou lui serrer la main. Et le musicien n’avait pas intérêt à donner le premier coup. Il n’était pas en terrain conquit. Aucun mot ne sortit durant cet échange de regard. Finalement, ils passèrent leurs chemins respectifs. Tibara trouva Effrik avec quelques uns de ses hommes. Il venait de terminer une discussion. Le chef croisa le regard du Toalien et dit :


« -Valmir c’est ça ? Que faites-vous ici sans votre référent ? Un problème ? »


« -On m’a dit que vous vous occupiez du courrier. J’ai une lettre à faire partir. C’est pour un ami. Je dois lui donner de mes nouvelles. Et à travers ça à mon village. »


« -Lequel ? »


« -Toal, sur l’île de la Connaissance. »


Effrik considéra l’information d’un signe de tête et prit la lettre. Tibara retourna à sa place habituelle dans le convoi, auprès d’Ila et de Luna. Le convoi arriva finalement au manoir. Les jambes commençaient à se faire lourdes mais de l’espoir naissait dans les cœurs. Du repos. Ils en avaient tous besoin. Tibara l’avait sentit aux battements de cœur. Ce dernier eu un sourire caché derrière son chèche. Une des partitions du Requiem de Ragenarok se trouvait dans ce manoir. Il espéra qu’il n’aurait pas à la chercher partout.


Le propriétaire des lieux accueilli le convoi avec gentillesse. Les gens du convoi montaient les tentes autour de la résidence. Tibara aida les deux filles à monter la leur. Il jetait de rapides coups d’œil à l’entrée du manoir. Peu de personnes entraient dans l’immense lieu. *Mince. Je dois à tout prix entrer. Pas la peine de demander à mon référent, elle refusait de m’aider. Je vais devoir la jouer personnel.* Tibara décida d’infiltrer le manoir. S’il se faisait prendre il prétexterait qu’il s’était perdu. Le Toalien se fit discret et s’assura que personne ne le suivait. Il repéra une fenêtre ouverte et s’y engouffra. Il faisait jour, ce n’était pas un bon argument pour infiltrer une zone. Mais l’agitation dû au ravitaillement du convoi provoquait des allés et venus du personnel. Ces derniers étaient concentrés à la tache et ne faisaient pas attention à leur environnement. *Où est cette partition ?* Se demanda-t-il. Il fouilla rapidement les lieux.


Le propriétaire était quelqu’un qui aimait collectionner les choses de valeur. Dans certains couloirs on pouvait observer des armures richement décorées ou des armes de collection. Le musicien repéra une vitrine avec la partition. Elle était posée sur un cousin rouge. *Il sait prendre soin des choses.* Au moment où Tibara avança sa main vers la partition, celle-ci se mit à briller. La lumière fût aveuglante, tel que Tibara dû se cacher les yeux avec sa main. Une fois la lumière atténuée, le Musicien se retrouva nez à nez avec un démon qui en imposait. Il avait deux cornes, la peau rouge sang, des dents très pointues. Il bavait.


« -Un musicien, enfin… » Saliva le monstre.


*C’est quoi ce bordel ?* Se pensa Tibara avant de prendre sa flûte en main.



Dernière édition par Tibara Valmir le Mar 5 Aoû - 17:55, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 34
Date d'inscription : 31/03/2012

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Démons
Classe: Invocateur
En général: Révolutionnaire. À bas Kerdéreth !
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Mar 17 Juin - 16:53           
.................................................................................................................................................................................................................................

La question agaça tout de suite Oliana. Que voulait-il à Effrik celui-là ? Depuis quand aurait-il besoin d’avoir à faire avec lui. A ce que savait la démone, Effrik ne considérait que les personnes qu’il jugeait compétentes. Tibara n’était pas là depuis assez longtemps, il ne pouvait déjà avoir de l’importance aux yeux du chef. Irait-il alors le voir pour une affaire courante, une bagatelle ? Dans ce cas ne pourrait-il pas s’adresser à elle ?
Elle le dévisagea avec crainte, sure à présent qu’elle ne connaissait pas les intentions de son protégé. De plus, la seule mention d’Effrik l’emplissait de hargne et de peur. Le chef de la rébellion n’était pas un personnage qu’elle portait dans son cœur. Elle se dirigea vers l’avant du convoi tout en retenant toujours les sangles de son cheval. Celui-ci, enhardi par le soleil qui régnait au-dessus des hommes, tirait pour pouvoir partir brouter tranquillement, loin d’ennuyeuses conversations.

« Tu le trouveras à l’avant. A cette heure il doit parler avec Jay’, ou ils doivent tout juste venir de se parler. Jay’ est éclaireur, il doit rendre compte de notre avancée à Effrik et des problèmes éventuels que nous pourrions rencontrer. Et puisque nous allons bientôt nous arrêter, un repérage s’impose…
Elle envisagea un instant de le laisser partir avec ce simple commentaire. Cependant, elle le retint au dernier moment :
-Et s’il-te-plaît, plus de disputes avec Jay’. S’il t’a critiquait c’est qu’il ne te connaissait. Mais c’est quelqu’un de bien à qui on peut faire confiance. Effrik par contre… La confiance oui, c’est notre chef. Mais méfies-t’en… »
Finalement, le musicien partit sans mot dire. C’était peut-être mieux ainsi.  Elle remonta à cheval et partit à la recherche de son référent. Elle le trouva à midi, à l’heure de prendre son repas. Ils s’attablèrent tous deux en compagnie d’Annelyse qui ne cessait de jacasser, comme à son habitude. Mais peu importait. Même la démone taciturne commençait à s’y faire. Elle répondait même volontiers à leurs plaisanteries.
Alors qu’elle débarrassait ses affaires de la table, Effrik vint à sa rencontre, et fit signe à Jay’ et ‘Lysa de s’éloigner. Oliana serra les dents en attendant d’en savoir plus.

« Tu es responsable de Valmir maintenant. Vrai ?
-Grace à vous, je le crains.
Le chef l’étudia avec attention et tira une missive de sa poche.
-En temps normal, je ne vis pas dangereusement. Vivre dangereusement n’apporte rien de bon. Tu sais comment a disparu l’ancien chef de la rébellion ?
La rebelle fit non de la tête. Elle espéra simplement que cet effrayant personnage ne l’ait pas tué, et ne souhaite pas en faire de même avec elle pour X raison.
-C’était quelqu’un de très très intelligent, mais à force il lui est arrivé ce qui arrive à tout le monde au bout d’un moment. Il a commencé à faire moins attention, et il a vécu dangereusement.
*Et le rapport avec moi dans tout ça ? *
-Ton protégé m’a demandé d’expédier cette lettre. Tu ne sais pas ce qu’elle contient ?
Oliana répondit de nouveau par la négative.
-Bien. Alors je vais faire quelque-chose. Pour une fois nous allons vivre dangereusement. Je vais envoyer cette lettre. Si j’apprends qu’il nous vend au royaume (peu probable, je ne vois pas la reine se servir d’un espion comme lui), et crois-moi je l’apprendrais, alors la sanction que je lui appliquerai, je l’appliquerai aussi à toi. C’est clair ?
Cette fois, la réponse fut oui. Il aurait été fou de le contredire. Néanmoins, sur le coup, elle détesta son protégé pour la mettre dans une situation pareille.
-Bien, bonne fin de journée alors ! »
Oliana le laissa partir en lui jetant un petit regard en arrière. Jay’ l’attendait à l’entrée, loin du fracas des cuisines. Soudain, parmi les dizaines de regards qui passaient dans la tente, elle discerna celui d’Emi’, attablée qui la visait avec force. Elle lui retourna un sourire outrancier et s’en fut.

*Tu n’es peut-être pas de ce monde. Tu aurais dû rester à faire la cuisine chez ton maître*, se dit la démone en se rendant vers le cellier qu’on lui avait attribué dans le manoir.
En effet, ils avaient enfin fait étape dans cette gigantesque bâtisse,  et elle avait eu pour mission de vider le-dit cellier. Il servirait, comme la plupart des réserves de la bâtisse, à ravitailler le groupe de rebelles. Elle s’orientait difficilement dans les larges couloirs remplis de collections diverses. Elle marcha près d’un quart d’heure, forcée à plusieurs reprises de faire demi-tour. Au bout de tout ce temps perdu, et dans l’ombre de la bâtisse que ne troublait que de rares fenêtres, ce ne fut pas son but qu’elle trouva, mais un bruit étrange. Quelque chose venait de tomber dans le couloir de droite, celui devant lequel elle venait de passer.  Elle fit quelques pas en arrière, doucement, se demandant qu’est-ce qui pouvait bien se passer. Mais même au bout de toutes ces tergiversations, rien ne l’aurait préparée au spectacle qu’elle allait découvrir. Un être rouge à cornes se tenait dos à elle, en travers du couloir, face à… Tibara Valmir.

*Celui-là, il va m’attirer des ennuis.*
La créature semblait avoir en tête de le mettre en pièce. Oliana chercha une échappatoire, mais elle aurait eu beau partir en courant aussi vite qu’elle aurait pu, elle n’aurait jamais ramené les secours à temps.
A présent, Tibara l’avait repéré, et le monstre avait repéré qu’il l’avait repérée. L’être tourna la tête dans sa direction. Des sueurs froides descendant dans son dos, elle avala sa salive. Elle ne s’était jamais rendue compte que son souffle et son cœur faisaient tant de bruit.

*Lequel est-ce qu’il va déchiqueter en morceaux en premier ? Moi ou lui ? Si c’est lui, j’en profite pour partir en courant…*
Finalement ce fut lui, le monstre se jeta littéralement sur Tibara. Oliana, alors, dut prendre son courage à deux mains. Après tout, elle ne pouvait pas laisser là son protégé, qui n’était même pas un guerrier. Elle ferma les yeux, et malgré toute la peur que cela lui inspirait, elle invoqua son démon loup. Celui-ci apparut lentement depuis le sol, dans une brume noire. Elle se mit à grogner, d’un de ces grognements sourds qui résonnent dans la moelle. Concentrée, la démone ne prononça qu’un ordre :
*Attaque !*
Le loup bondit dans un hurlement. L’étagère qui barrait son chemin se fracassa sous son poids, et le loup et la créature rouge heurtèrent le sol avec lourdeur. La démone en profita pour se jeter sur son protégé.
«  Il faut partir ! VITE !
Elle le tira vers le couloir d’où elle venait pour les tirer d’affaire, alors que les bêtes s’affrontaient.

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 33
Date d'inscription : 10/11/2013
Age : 24

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Humains
Classe: Barde
En général: A l'écoute.
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Mar 5 Aoû - 18:08           
.................................................................................................................................................................................................................................

Tibara fut entraîné dans le couloir par son chef. Sa flûte magique avait amortie une attaque du démon. Hélas pas assez. Le Musicien avait été blessé au bras droit. La blessure était saignante. Elle n'était pas mortelle, mais il ne valait mieux pas traîner. *Mince, je dois récupérer la partition...*Mais pour l'instant, le danger était trop grand. La bête sortie de la partition et la bête invoquée par Oliana se donnait de grands coups de griffes et de morsures. *Je trouverai un plan…* Tibara suivit la course effrénée qu'imposait sa chef.
Les voyant arriver à toute vitesse dans le couloir, Effrik demanda d'une voix forte :

« -Que se passe-t-il ici ? »
Voyant le sang qui coulait de Tibara, le grand chef ordonna à ce qu'on lui procure des soins au plus vite. Le Musicien profita de ce moment pour réfléchir. *Je crois maintenant savoir comment sont morts mes amis musiciens. Ils ne se sont pas entre-tués : c'est ce monstre qui a eu raison d'eux. Ça change tout.* Tibara soupira. Il avait un fardeau de moins sur les épaules. Ayant entendu du grabuge, les personnes du convoi s'étaient massées autour du manoir. Les gardes du bâtiment et certains du convoi assurèrent la sécurité et dispersèrent la foule. Tibara remarqua Ila dans la foule. Il remercia le médecin pour ses soins sommaire et se dirigea vers elle. Il ne voulait pas qu'elle soit blessé, surtout par sa faute.
"-Tibara! Vous êtes blessé!" S'exclama-t-elle lorsqu'elle le vit arriver à sa hauteur.
"-Ce n'est rien. Où est Luna?"
"-Elle est plus loin. Pourquoi? Que se passe-t-il?"
"-Ne vous approchez pas du manoir. Un monstre est apparu dedans. Les forces armées s'en occupent."
"-D'accord."
Tibara avait légèrement omis de dire que c'était de sa faute, mais ce n'était pas pertinent pour Ila. Le musicien devait retourner à l'intérieur pour récupérer la partition. Il n'avait pas de temps à perdre à infiltrer le manoir une deuxième fois. Sa blessure lui faisait un peu mal, mais les soins prodigués par le médecin lui permettait de se déplacer normalement. Par contre, cela lui provoquait une sensation de brûlure lorsqu'il prit sa flûte dans sa main. Il devait être très prudent. Tibara se dirigea à la rencontre des gardes.
"-Recule! Personne n'entre dans le manoir!" Lui cria un garde.
"-Ma référente est dans le manoir. Je dois aller l'aider."
"-Qui est votre référente?"
"-Une certaine Oliana."
Tibara sentit le rythme cardiaque du garde s'accélérer. Le musicien en sourit derrière son voile. Apparemment, des gens avaient peur d'elle.
"-Passez."
"-Merci."
Tibara rentra dans le manoir. La pièce où se trouvait Effrik quelques instants plus tôt était déserte. Ils doivent surement combattre le monstre. L'homme de Toal ferma alors les yeux et se concentra sur son ouïe. Il ne situait plus exactement la position de la partition, mais entendit distinctement les bruits de combats. Le bruit des armes se situait à l'étage supérieur, sur la gauche du musicien. Et la partition était quelque part dans l'aile gauche du manoir. Tibara se mit en marche vers son but. Personne ne faisait attention à lui, si tenté qu'il croisait quelqu'un. Les traces de combat lui indiquait qu'il était proche de la partition. Il y avait des traces de griffes sur les tapisseries et des marques de sang sur le sol.
Le présentoir fut enfin en vue. Tibara toucha la partition de ses mains. *Enfin!* Pensa-t-il. Mais au moment du contact entre la précieuse feuille et sa peau, un cri grave se fit entendre dans le manoir. Le musicien utilisa son ouïe et entendit distinctement les gardes crier, affolés:
"-Il fonce sur nous!"
*Mince! Il doit être relié à la partition!*
"-Mince! Mince! Mince!" Dit-il finalement à haute voix.
Malgré le risque d'être poursuivi, Tibara conserva la partition sur lui. Il ne pouvait la laisser à leur hôte. La bête, ayant distancé les gardes, se retrouva en face à face avec le musicien. Elle semblait fatigué. *C'est ma chance...* Tibara prit sa flûte entre ses mains. Son bras lui faisait souffrir mais il ne fit pas attention car l'adrénaline du moment l’anesthésiait. Il se prépara à jouer un air mais la bête se mit à parler:
"-Musicien.... (elle respirait fortement) Laisse-moi.. te posséder!"
"-Et puis quoi encore!"
"-Tes anciens amis... étaient moins récalcitrants..."
Tibara cru voir une forme de sourire sur le visage du monstre.
"-Comment les connais-tu?" Demanda le musicien, soudain désemparé.
"-Parce que...c'est moi qui les ai tué!!!" Hurla-t-il.
La bête se prépara à bondir vers Tibara. Ce dernier n'avait que quelques secondes pour réagir. Ce lap de temps fut prolongé par l'arrivé de soldats. Malheureusement pour eux, ils se firent déchiqueter par les puissantes griffes du démon. *Réfléchi... Réfléchi...* Soudain il décida de jouer le tout pour le tout. Il se rappela que le monstre était un démon. Le musicien avait appris il y a fort longtemps un morceau angélique. Il n'avait rien de spécial: c'était un morceau pour une comptine. Il décida de le jouer. Dès les premières notes, le démon émit un cri strident. Il eut les yeux injectés de sang et voulu se jeter sur Tibara. Mais les gardes en terminèrent avec le monstre, qui se trouvait soudain très affaibli. Le musicien termina son morceau. Effrik se tenait devant lui.
"-Je pense que nous devons parler Valmir."
"-Je le crains."
En revenant vers la pièce principale, Tibara entendit une voix qui lui disait:
"-On se retrouvera... Valmir."

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 34
Date d'inscription : 31/03/2012

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Démons
Classe: Invocateur
En général: Révolutionnaire. À bas Kerdéreth !
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Mar 19 Aoû - 16:45           
.................................................................................................................................................................................................................................

« Si tu ne cours pas plus vite on va finir en morceaux !
Oliana, à bout de souffle, continuait de tirer sur son protégé. Elle savait qu’à distance de son invocation, et aussi occupée qu’elle était, elle ne tiendrait pas longtemps. Ses jambes n’avaient jamais parcouru une aussi grande distance en si peu de temps. Et elle allait dépasser la salle d’où elle était partie tout à l’heure et qu’elle cherchait à atteindre lorsqu’Effrik les arrêta, elle et Tibara, dans leur course folle.
- Que se passe-t-il ici ?
Alors que le chef de la rébellion s’apercevait des blessures du musicien et qu’il ordonnait qu’on s’occupât de lui, Oliana fut chargée des explications.
- J’ai trouvé mon protégé en danger tout à l’heure, face à une sorte de démon. J’ai laissé mon invocation guerrière s’occuper de lui, mais elle ne tiendra pas longtemps.
Alors qu’elle se concentrait sur son pouvoir, Xiri apparut sur son épaule dans une petite sphère fumeuse, et se blottit dans son cou. Son loup devait avoir disparu à cette heure, et elle sentait en elle la fatigue qui signait la fin de cette invocation.
- Tu laisses je ne sais quelle créature démoniaque s’en prendre à nous ?
- Je n’y suis pour rien ! C’est Tibara qui…
- Tu es sa référente ! Tu t’en occupes ! Je ne veux pas savoir qui a fait quoi ! Je veux savoir que où que nous allions, les membres de la rébellion font tout pour protéger les troupes. C’est compris ?
A contre-cœur, elle hocha la tête. Elle se retourna un instant vers le couloir d’où elle était sortie, de peur que la bête n’apparaisse. Effrik suivit ce signe d’appréhension.
-EMI’ !, hurla-t-il.
Un faucon entra dans la pièce par l’une des fenêtres, et avant que quiconque ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Emilrya apparut en lieu et place de l’animal ailé dans un coin de la pièce. Elle rajusta ses voiles et, le visage pas franchement amène, se dirigea d’un grand pas vers Effrik.

- Qu’est-ce qu’il se passe ?
- Rassemble quelques hommes. Un monstre est apparu dans le manoir et s’en est pris à Tibara et Oliana.
Le chef et son bras droit s’employèrent à appeler les fines lames à proximité, et on envoya Jay’ en éclaireur localiser la bête avec Oliana.
- C’est toujours sur toi que ça tombe, partir comme ça droit devant et on s’en fiche de savoir quelle terrible bestiole se tient prête à te trancher la gorge.
- C’est mon poste. J’ai été formé comme éclaireur. Et il faudra que toi aussi un jour on te trouve un poste.
- Je n’ai jamais fait que du sabotage, moi, sur le Continent Inférieur. Je pourrais être saboteuse.
- Ca n’existe pas ici saboteuse. C’est une spécialité du Continent Inférieur je suppose. Nous n’en avons pas besoin dans le convoi. Espionne peut-être…
- Vous allez la fermer, les pipelettes là-devant ! Si vous voulez vous faire manger choisissez un autre moment, lâcha Effrik quelques mètres plus loin, à la tête du petit groupe de rebelle qui les suivaient.
Avant de tourner à l’angle du couloir où elle avait trouvé le monstre, Oliana arrêta Jay’ d’un signe. Il n’y avait pas un bruit. Son référent encocha une flèche et se cala contre le mur, intimant à son tour au groupe derrière eux de s’arrêter. Sur l’épaule de la rebelle, Xiri trembla un court instant avant de se volatiliser, par le biais de sa propriétaire. Quelque-chose n’allait pas. La conviction de la démone se renforça lorsque Jay’ et elle tournèrent simultanément à l’angle. Il n’y avait personne. Ils s’entre-regardèrent.

- Il est parti !, s’enflamma Jay’.
Ils fouillèrent les pièces adjacentes, en vain pendant de longues minutes. Jusqu’à ce que Jay’ ouvre une porte, et qu’elle se referme derrière lui.

- Jay’ ! Il est là !
Le groupe rappliqua pour forcer la porte. Des bruits de lutte se faisaient entendre. Lorsque le battant céda, le monstre déboula dans la lumière chiche, et disparut de nouveau dans le couloir.
- Il ne peut pas être bien loin. Oliana, attrappe-le !
Celle-ci s’assura d’abord qu’on s’occupât de Jay’, inconscient dans la pièce adjacente, et avança à son tour à la place de l’éclaireur. Elle appela son loup démon qui retroussa ses babines en foulant le sol. Les quelques rebelles qui ne l’avaient jamais vu reculèrent derrière Effrik. Comme ils avançaient toujours, la démone se rendit compte de l’aura sombre qui se dégageait du plafond. Le soleil qui venait du carreau devant elle ne devait-il pas éclairer aussi au-dessus de sa tête ? Avant qu’elle n’ait le temps de lever les yeux, la bête tomba du plafond au milieu des cris des rebelles, et se jeta sur le loup guerrier.
Oliana, fatiguée, maintint le contact aussi longtemps que possible, mais son manque d’exercice en invocation ces temps derniers fut fatal à sa création qui finit par repartir d’où elle était venue, dans la fumée. La démone ne trouva alors comme seul salut que de se cacher derrière un meuble. La créature vermeille brisa les rangs des rebelles, et s’attaqua aux hommes. Emilrya et Effrik la tenaient à distance, mais elle parvint néanmoins à blesser d’autres membres. Ce jusqu’à ce que la bête s’arrête brusquement, flairant l’air hors de portée des lames. Emilrya y vit une percée et fendit l’air à sa rencontre. Elle fut évitée prestement, et le démon se précipita au travers des rebelles dans le couloir et disparut à l’opposé de leur direction.

- Que s’est-il encore passé par le Reflet ? Bon sang !
A bout de nerf après une traque si peu fructueuse, Emi’ hurla sa colère au couloir qui lui répondit en écho. Oliana choisi ce moment pour sortir de derrière de son meuble, et épousseta sa robe. Où le monstre avait-il bien pu aller ? C’était comme si il était reparti vers l’étagère et que…
-Tibara…
Emilrya franchit en une fraction de seconde l’espace qui la séparait d’Oliana. Elle la prit d’une main par l’épaule et la secoua vivement.
-Tu vas me dire ce qui se passe avec ton crétin de protégé ?
Oliana manqua lui répondre vertement d’aller demander à une pierre plus loin si elle était plus au courant qu’elle, mais elle préféra lui hurler au visage :
- QUAND JE L’AI VU PRES DE LA BÊTE IL CHERCHAIT QUELQUE-CHOSE ! Maintenant, il a pu y retourner et si tout ça est lié… le démon est parti le chercher.
Effrik renvoya aussitôt le groupe dans l’autre sens, prenant de ce fait la tête de leur équipe. Ils ne tardèrent pas à retrouver l’abominable chose qui avait en effet remis la main sur le musicien en fuite. Un nouvel affrontement sanglant eu lieu. Un membre de la rébellion finit égorgé dans la poussière. Emilrya et Effrik à eux deux ne parvenait pas à contrôler le monstre qui se déplaçait tel un feu follet.
Alors, comme venant de nulle part et de partout à la fois, la musique surgit, enfantine et claire. La bête se replia sur elle-même, souffrant milles douleurs. Emilrya en profita. En une courbe à la force prodigieuse son sabre s’abattit sur l’épaule du démon, trancha muscles, clavicule, pour finir sa course dans le thorax. Effrik n’attendit pas que la bête ait touché le sol pour partir en direction du musicien.

*Il va passer un sale quart d’heure*, devina Oliana, mais comme elle était responsable de lui, elle suivit Effrik pour rejoindre son protégé.
-Je pense que nous devons parler, Valmir.
Le présumé ne pouvait qu’approuver. Le chef l’entraîna vers l’extérieur. Oliana, enfin débarassée de sa peur du monstre, les suivit de loin. Elle crut entendre un filet de voix sur son chemin, fronça des sourcils, se retourna, mais chassant ce fait de ses pensées, poursuivit sa route.
Ils se retrouvèrent bientôt tous trois dans les quartiers juste installés du chef de la rébellion. La démone allait et venait sur la pointe de ses pieds, de nouveau perturbée, par son chef cette fois.

- Un personne de ma connaissance a eu beaucoup d’ennuis par le passé en accordant sa confiance à des gens qui ne le méritaient peut-être pas. Je ne suis pas de ces gens-là. Vous envoyez du courrier du convoi Valmir, vous avez des amis externes aux rebelles chez qui marchander des informations ? Vous vous servez de nous comme rempart pour récupérer quelque-chose ? Ca ne se passe pas comme ça, ici. Vous ne sortirez pas de cette tente vivant tant que vous ne m’aurez pas dit ce que vous fabriquer. Je veux tout savoir dans le détail. Et pas d’entourloupe. Sinon croyez-moi, je le saurai. »
Le Marionnettiste força le musicien à s’assoir grâce à ses pouvoirs et se tint face à lui, paré à l’écoute et tout autant à le faire parler. Olian avala sa salive dans son coin et se tint tranquille.

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 33
Date d'inscription : 10/11/2013
Age : 24

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Humains
Classe: Barde
En général: A l'écoute.
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Sam 10 Jan - 19:26           
.................................................................................................................................................................................................................................

La blessure encore fraîche de Tibara lui faisait mal.La brutalité qu'avait fait preuve Effrik envers lui avait intensifié la douleur. Le Musicien prit un moment de réflexion avant de répondre. Il ne pouvait pas révéler sa véritable quête, mais il devait convaincre la personne en face de lui de le garder dans le groupe. *Omettre des informations n'est pas mentir, Papa m'a toujours dit ça…* Pensa le musicien.

« -Je suis à la recherche d'objets magiques. Comme je vous l'ai dit, l'impératrice Dextae possède un objet qui m’intéresse. Mais ce n'est pas la seule. Le propriétaire du manoir en avait également un : la partition... »

La suite de sa phrase fut un mélange de mensonge et de vérité :

« -… Malheureusement, elle a disparu avec le démon. Elle devait être piégé par je ne sais quel sceau magique. Avant que vous me fassiez la morale, je sais que ce n'est pas bien de toucher aux choses qui ne nous appartiennent pas, mais je ne pouvais pas laisser un esprit non averti avec une telle puissance dans son manoir. Imaginez que ce fut un autre musicien qui active la partition. Ceci aurait pu avoir de plus amples conséquences tragiques. »

Tibara choisissait bien ses mots. Pour le moment, Effrik semblait l'écouter. Il regarda également l'assistance. Jay venait de rejoindre sa subalterne : Oliana. Il décida alors de cesser de se justifier et de se mettre plus en avant :

« -Mais laissez moi vous parler un peu plus de mes compétences. Cela pourrait vous être utile si vous voulez me connaître non ? (il eut un petit sarcasme pour lui-même) Même si je ne pense pas que l'on va devenir ami. (Le Musicien regarda dans la direction de Jay) Votre soldat ici présent connaît ma valeur au combat. Mais je pense qu'une démonstration vaut toutes les phrases du monde. (il sentit les battements de cœur d'Effrik et Jay s'accélérer légèrement) Sachez que je n'ai aucune mauvaise intention. Je suis pleinement conscient que je n'ai aucun échappatoire en étant auprès de vous monsieur Effrik. »

Ils sortirent de la tente. Le Musicien retrouva son instrument et demanda à un soldat de se mettre en garde, épée au clair. Tibara changea d'embouche pour avoir son instrument parallèle à ses épaules. Il joua un rapide morceau : celui de l'Endo-Foudre. La lame du garde se mit à scintiller de nombreux éclairs. Tout le monde fut surpris, certains de crainte, d'autres d'admiration. Le garde, peureux, lâcha son épée avant de reculer. Tibara soupira avant de dire :

« -Elle n'est pas dangereuse pour vous, ni pour tous ceux que je considère comme mes alliées. »

Le Musicien alla ramasser l'épée et prit la lame à pleine main. Il s'adressa à l'assistance, toujours impressionné, et à Effrik particulièrement :

« - Vous voyez ? »

Il la lança aux pieds du chef pour qu'il puisse juger par lui-même. Son attitude pouvait paraître insolente, mais il n'en avait rien à faire. S'il voulait être accepté dans le groupe il fallait qu'il fasse ses preuves. Il continua son explication :

« -Le « sort » que j'ai jeté à cette épée est ce que l'on appelle un Endo. Ceci permet, pendant un laps de temps, d'ajouter des effets élémentaires aux armes. Ceci est la première utilité de ma musique. La seconde est un peu plus… agressive. En utilisant mon autre embouche, je peux jouer une musique qui donnera la nausée à mes ennemis, les rendre somnolant... »

Il croisa le regard de Jay. Le Musicien ne pouvait pas omettre de dire qu'il avait une capacité qui faisait tordre de douleur. Mais il ne pouvait pas dire que c'était le Requiem de Ragenarok. C'était trop dangereux.

« -...ou faire tordre de douleur mes ennemis. » Conclu-t-il.

Le petit groupe retourna ensuite dans la tente, Effrik avait encore des questions pour Tibara. Ce dernier y répondit du mieux qu'il pouvait :

« -La lettre que j'ai envoyé et pour mon meilleur ami, mon frère d'arme au village. J'ai voulu me lancer seul dans cette quête fort difficile. C'est pourquoi je lui ai demandé son aide. C'est un jeune chasseur, certes, mais le meilleur de sa génération. Lorsque nous chassons tous les deux nous formons un duo remarquable. Je ne vous l'ai pas précisé plus tôt mais notre village est composé de chasseurs et de musiciens. »

Tibara ne parla pas des femmes de son village qui étaient guérisseuses, ni des alliances politiques qu'il entretenait avec les autres royaumes. Il ne parla pas non plus de sa famille. Le Musicien ne voulait pas se cacher derrière la réputation de son père ou de son grand-père. Pendant qu'Effrik délibérait, l'humain de Toal attendait dans la tente avec deux gardes. Il regarda son tatouage sur son poignée droit. Il s'était légèrement déformé de façon à pointer dans une direction : celle du tatouage jumeau à celui-ci. Il eut alors un sourire discret. *Même si la lettre n'arrive pas à son destinataire, Ziak doit déjà être en route pour me retrouver. Vu que je suis blessé, son tatouage a dû viré à l'orange. Tant que j'ai cette blessure, Ziak saura ma position exacte sur le continent…* Pensa Tibara.
Effrik revint à ce moment-là dans la tente. Le Musicien crut apercevoir dans l'ouverture Ila et Luna, les seules visages amicaux qu'il ait dans le convoi. Il vit également Oliana, collée aux basques d'Effrik.
*Elle par contre, elle n'a pas dû être tendre sur mon cas… Croisons les doigts…* Pensa le Toalien. Ce dernier croisa le regard du chef, attendant la sentence.

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 34
Date d'inscription : 31/03/2012

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Démons
Classe: Invocateur
En général: Révolutionnaire. À bas Kerdéreth !
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Dim 15 Mar - 14:51           
.................................................................................................................................................................................................................................

Effrik écouta la totalité du discours avec attention, tout en sondant l’esprit du musicien. A chacune de ses provocations, il sentait Emilrya qui s’était faufilée non loin se moquer de lui mentalement, ce qui l’excéda bien plus que les défis successifs du magicien. Au fil de ses démonstrations, il convainc de deux choses. Tout d’abord, cet homme n’agirait jamais pour leur compte, mais toujours pour le sien. Deuxièmement, il était une arme, surprenante. Il se rappela de son ami Daniel, qui misait toujours tout sur la surprise. C’était, en combat, ce qui réussissait le mieux. Prendre de court, abattre les cartes en premier, donner l’impression de contrôle. Pour cette raison-là en particulier, le chef de la rébellion devait se garder le musicien sous la main.
 
Pour cela, il n’avait pas beaucoup de possibilités. Il fallait que cet homme lui accorde sa confiance, et qu’il s’intègre dans ce groupe. Il ne semblait pas sournois, s’il tissait des liens avec les rebelles, alors il finirait par les aider. Il suffisait que les personnes les plus proches de lui soient de leur côté.
A la fin de la  démonstration, et alors qu’il avait obtenu toutes les réponses qu’il désirait à ses questions, il demanda à parler à Jay’, Emi’ et Oliana. Il laissa patienter le musicien un petit moment, et les tira vers l’extérieur où le silence reprit enfin ses droits sur la pagaille.

 
« Jay’, le musicien assure que la partition était très importante, et qu’elle a disparu. Je veux que tu ailles voir le propriétaire du manoir, et que tu l’interroges sur le sujet. Je veux savoir tout ce qu’il sait. S’il te ment, je retournerai m’en occuper moi-même. Je veux aussi savoir d’où vient le monstre.
Il laissa le rebelle s’éloigner avant de tirer Emi’ à l’écart, laissant Oliana seule souffler sa perplexité.
- Nous sommes face à un musicien très doué qui doit, plus que d’intégrer le convoi, faire partie des nôtres. Je n’avais jamais vu de pareilles aptitudes. La surprise sur l’ennemi face à lui sera totale.
La princesse le jaugea du regard, tout en réfléchissant à ses paroles. Ils faisaient les cents pas, non loin de l’endroit où ils avaient laissé la démone.
- Très bien, qu’est-ce que tu attends de moi en particulier ?, avança-t’elle.
-Tu es mon bras droit. Tu es l’un des piliers de la rébellion. Ce Valmir le sait. Si on le laisse entouré des hommes, il s’intégrera peut-être, mais il ne fera pas partie des nôtres si on l’y invite pas clairement. Alors je veux que tu t’occupes de lui. Je veux que tu le renseigne. Le danger n’est pas qu’il nous trahisse, tu peux donc lui raconter beaucoup de choses sur nous, selon ta volonté, je te laisse seule juge. Mais après cela, il doit être membre de la rébellion, et ses amis avec.
- Tu veux que je lui serve d’animal de compagnie ?, traduisit-elle.
- Je veux que tu lui serves d’amie, et de point de repère. Je n’ai pas de temps à donner pour ça.
Après quelques maigres réflexions, la rebelle accepta. Elle était d’accord avec son chef, et avec ses idées. Tibara n’allait s’attendre à cela d’eux, et quand bien même il s’y attendait, si elle réussissait, les liens qu’elle aurait tissés seraient suffisants pour le garder parmi eux.
 
Oliana en avait assez d’attendre, aussi fît elle mine de les ignorer lorsqu’ils revinrent.

- Nous avons délibéré. Ton petit protégé reste avec nous. Par contre, tu le surveilles encore mieux. Tu peux lui dire que tu l’espionnes de ma part, pas de soucis. Je veux savoir tout ce qu’il fait dans la journée, où et quand, avec qui, pourquoi. Tu ne le lâches pas d’une semelle. »
 
Il avait repris l’air de celui qui sait se faire respecter, aussi Oliana trouva-t-elle bon d’obtempérer. Ils revinrent donc tous les trois vers le musicien.
« Monsieur Valmir, je souhaite vous garder parmi nous. J’ai confiance en vos dires. Et vous serez notre allié. En revanche, vous finirez par intégrer qu’ici, rien ne se fait dans mon dos. Oliana restera chargée de votre surveillance. Et je vous confie à Emilrya, qui tachera de vous en dire un peu plus sur nous. Nous allons régler cette histoire de partition. Pour l’instant allez, mais nous reparlerons dans quelques temps. »
 
Sur ce le groupe se dispersa, et Emilrya entraîna le musicien en dehors de la tente, elle lui fit traverser une partie du convoi, jusqu’à ce qu’ils atteignent l’infirmerie.
« Nous allons d’abord vous faire soigner.
On s’occupa de lui jusqu’à ce qu’il soit de nouveau opérationnel.
- Vous avez votre référente dans le convoi, mais pour toute question, vous pourrez maintenant vous adresser à moi. Si Effrik m’envoie vers vous, c’est qu’il pense que vous devez en apprendre un peu plus sur nous. Et je suis mieux placée qu’Oliana pour ce genre de chose. Je fais partie de ce convoi depuis mes 17 ans, et j’ai été le bras droit des deux chefs successifs de la rébellion. Je sais tout sur tout ici, presqu’autant qu’Effrik. Alors si vous avez besoin de savoir quoi que ce soit, pensez à me le demander.
Elle fit une pause et lui tendit la main, toujours très droite, face à lui.

- Je crains que nous n’ayons pas été présentés en très bons termes. Je suis Emilrya, Guerrière aux ordres de la rébellion, Naléï, originaire d’une contrée lointaine. Je n’ai pas mon pareil au combat alors je vous conseille de ne jamais me défier comme vous avez pu le faire avec les gardes, où je ferai de vous de la bouillie. Et vous pouvez me tutoyer, et m’appeler Emi’, comme tout le monde. »

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 33
Date d'inscription : 10/11/2013
Age : 24

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Humains
Classe: Barde
En général: A l'écoute.
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Jeu 14 Mai - 11:10           
.................................................................................................................................................................................................................................

Tibara serra la main qui se présenta devant lui. La poignée de main fut franche : ceci indiqua au musicien que son voyage venait de prendre une toute autre tournure. Le convoi venait de guérir sa blessure, ce qui n'indiquait plus à Ziak sa position. *Je crois en ses qualités de chasseurs pour me retrouver…* Espéra le musicien. Ce dernier sortit de la tente et prit l'air frais. Emi' le suivait toujours.
« -Dis-moi… Que vous a fait cette reine pour nécessiter autant de haine dans vos cœurs ? » Demanda le Toalien.
Il écouta patiemment la réponse puis se dirigea vers une partie du convoi qu'il commençait à connaître. La petite Luna vint à sa rencontre.
« -Qui est-ce la dame qui te suit ? »
Tibara ne voulait pas se lancer dans des explications que la fillette n'allait certainement pas comprendre.
« -C'est une amie. Future amie, j'espère. Elle vient d'une autre partie du convoi. » Expliqua-t-il.
Satisfaite de la réponse du musicien, elle le tira gentiment vers un feu de camp. L'heure du repas avait sonné. Les adultes avaient évidemment reconnu Emilrya et furent très surpris de la trouver dans une partie reculée du convoi.
Le musicien vu un messager reporter quelque chose au bras droit d'Effrik. Ayant une bonne ouïe, il put distinctement entendre ce que le messager était venu dire à Emi' :
« -La partition avait été récupérée par le propriétaire du manoir lors de sa construction. Elle était posée sur un vieil autel et, aux dires du propriétaire, semblait « magnifique ». Il a alors décidé de la garder, mais jamais elle n'avait manifesté une quelconque affinité avec la magie. »
L'explication soulagea le musicien. Cette partie d'histoire était vraie et semblait convenir à Emilrya. Tibara sentit une seconde présence, devenue familière, l'épier. Il comprit rapidement que c'était Oliana. *Il faudra que je me penche sur son cas, elle m'intrigue. Elle résiste au requiem de Ragenarok…* Je ne sais toujours pas pourquoi, pensa-t-il. Il se rappela qu'elle avait invoqué un animal lorsque le monstre était sortit de la partition. *C'est une magicienne,* déduisit-il. *Avait-elle pu dresser une sorte de protection magique lors de l’exécution du morceau ? Bonne question…* Réfléchit-il.
Ne voulant pas se prendre la tête pour la soirée, il se promit de remettre cette réflexion à plus tard. Il profita de Luna et de Rila. La petite posait plein de questions à Emilrya, comme si elle était une étrangère. Ceci amusa Tibara un moment. Il se leva ensuite discrètement du feu pour s'isoler. Sa blessure, à présent soignée, l'avait fatigué. Le convoi étant encore en plein ébullition, rendant le repos dans une tente difficile. Le musicien marcha entre quelques arbres et profita de la fraîcheur de la nature. Il se trouva un coin confortable et écouta son environnement. Tout était paisible. Il tomba alors comme une masse.
Ce ne fut que les rayons du soleil levant qui le réveillèrent et une bonne odeur à proximité. Il se releva sur ses coudes et aperçu Emilyra, lui tendant un bol.
« -Vous faites cela avec chaque personne du convoi ? » plaisanta le musicien.
Il accepta avec plaisir le bol et se restaura. Il alla se rafraîchir au point d'eau le plus proche avant de demander à Emi' :
« -Que puis-je faire pour me rendre utile dans le convoi ? »
Tibara savait bien qu'il devait travailler comme les autres s'il voulait pouvoir continuer à voyager avec ces gens. Il savait plus au moins pourquoi Effrik l'avait gardé : il était une arme. Le genre d'arme qui pouvait surprendre l'adversaire. Ce ne fut qu'après plusieurs jours de marche que Tibara réalisa une chose sur le convoi : il n'y avait que très peu de magiciens. *Est-ce que les soldats de cet Alidane Dextae seront eux aussi que de simples soldats ? Cela m'étonnerait…*
Un jour, alors que le convoi marchait de son pas lourd et écrasant en Kerdéreth, Luna, qui était sur les épaules de Tibara, aperçue un fort au loin dans les montagnes. *Serait-ce… La frontière ?* Pensa Tibara.

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Messages : 34
Date d'inscription : 31/03/2012

---------------

Voir le profil de l'utilisateur
 

 

Carnet de Voyage
Race: Démons
Classe: Invocateur
En général: Révolutionnaire. À bas Kerdéreth !
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui   Jeu 28 Mai - 18:55           
.................................................................................................................................................................................................................................

Oliana désespérait de plus en plus. D’abord, il avait fallu qu’elle se coltine le nouveau. Ça, c’était déjà une sacrée affaire, dont elle n’avait pas réellement envie de s’occuper. Elle-même était nouvelle, elle avait l’impression de ne pas servir à grand-chose, ni dans le convoi proprement dit, ni auprès de son protégé. Mais maintenant, encore pire ! voilà qu’Emilrya la supplante dans son rôle auprès du Musicien. C’était visiblement la goutte de trop pour la démone, qui suivait d’un air morne l’échange qui avait lieu entre la rebelle et Tibara. Elle se montrait si… sympathique, par rapport à l’accoutumée que ça ne pouvait paraître que suspect aux yeux de l’Invocatrice. Elle les suivit à quelques pas de distance, sans se faire remarquer, mais les yeux toujours vissés sur eux. Et surtout, elle tendait les oreilles. Jamais on ne lui avait donné l’opportunité d’en apprendre plus que cela sur le mouvement. Alors qu’à présent on servait à la nouvelle recrue toutes les informations sur un plateau d’argent. C’était tout simplement injuste. Néanmoins, pour l’instant, elle écoutait pour ne perdre aucune miette d’information. Elle se vengerait plus tard de cette inégalité. Ainsi entendit-elle la première question de Tibara, qui lui fit hausser un sourcil.

« Tu ne sais pas ? Tu as dû être très isolé ces 15 dernières années pour ne pas être au courant des agissements de la reine. Eh bien sache que depuis son couronnement, le jour de ses 18 ans, elle sème la terreur partout, non seulement dans son pays, mais en plus elle menace aussi les contrées avoisinantes. Ses lois sont arbitraires, elle souhaite anéantir les autres nations, et pour cela, elle forme ses soldats à tuer tout ce qui bouge. Cela implique aussi tuer son propre peuple quand cela s’avère nécessaire. Elle n’a de pitié pour personne. J’ai un jour croisé un Conteur qui disait qu’un homme dont elle était un jour follement amoureuse l’avait abandonné en lui arrachant le cœur, la laissant sans autre sentiment qu’une haine persistante. »

Après ces quelques mots, Emilrya se laissa entraîner à l’arrière du convoi. Là, le Toalien se mit à discuter avec une petite fille. Ce fait la rassura quant à leur nouvelle recrue : un homme armé de mauvaises intentions n’aurait jamais pris le temps de se lier d’amitié avec une enfant. De plus, il semblait très attentionné à son égard, ce qui ne pouvait que la rassurer plus encore. Elle adressa un sourire à la petite, et partit avec le musicien chercher son repas. Elle resterait avec lui pour la soirée, avant de rejoindre Effrik pour un bilan réciproque. Cette pensée ne la réjouissait pas. Elle ne savait jamais quand le chef de la rébellion allait de nouveau lui donner un ordre… et elle n’en pouvait plus de lui obéir. Cela faisait 8 ans qu’elle le suivait, et même si elle lui était redevable pour quelques petites choses, rien n’effaçait dans son âme le départ de leur ancien chef, dont Effrik ne manquait jamais de raviver le souvenir.
Plusieurs personnes la reconnurent. Elle alla les saluer et en profita pour échanger avec eux les nouvelles. Elle alla ensuite chercher son repas et rejoignit le musicien à table. Elle passa alors la soirée en sa compagnie, ainsi que celle de la petite qu’ils avaient croisée un peu plus tôt et de sa mère. L’enfant la harcelait de question. Toutefois, à son grand étonnement, elle répondit à tout avec amusement. Elle se surprit à sourire une fois ou deux. Heureusement, son foulard masquait son sourire, quoique ses yeux aient pu la trahir. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas recherché la discussion avec quelqu’un. Les seuls échanges qu’elle avait en ce moment se résumaient en les rixes quotidiennes qui l’opposaient à Effrik.

Elle reçut un message qu’elle rangea dans un coin de sa mémoire. Rien d’inquiétant pour le moment. Puis le Toalien décida d’aller se coucher. Oliana le suivit mais Emilrya resta en arrière. Elle se leva et se rendit sous la tente du chef d’un pas décidé. Celui-ci semblait l’attendre, assit près d’une table sur laquelle elle ne distingua qu’une maigre pile de missives. Il les lisait d’un œil distrait, éclairé par les flammes de quelques bougies, une chope de bière à moitié vide non loin sur la table. Elle le regarda d’un œil critique. Il avait tant changé depuis qu’elle l’avait rencontré…

« Du nouveau du côté de Monsieur Valmir ? Viens t’asseoir plutôt que de rester là à ruminer le passé.
Elle se crispa. Elle connaissait très bien cette réaction, si familière, que lui provoquaient les piques d’Effrik. Elle le fixa lourdement en allant se tirer une chaise pour s’asseoir, puis éloigna d’un mouvement de bras le courrier qui traînait sous ses yeux.
-Je ne suis pas venue pour que tu lises dans ma tête.
-Ce n’est pas ce que je comptais faire, mais c’était bien la première fois que j’y avais accès aussi nettement. Alors, du nouveau ?
Elle resta encore quelques secondes muettes.
-Oses encore lire dans mes pensées et tu le regretteras. »
Le chef de la rébellion lui jeta un œil provocateur, qu’elle ne releva pas. Elle finit par accepter la discussion et tous deux échangèrent sur la soirée.

Lorsqu’Oliana s’éveilla le lendemain, le soleil était déjà levé. Le temps qu’elle s’en rende compte et s’étire copieusement, elle profita de son repos bien mérité. Avant de s’asséner une claque mentale. Tibara !
Emilrya, elle, n’avait pas attendu le levé du jour pour se réveiller. Elle avait pris le dernier tour de garde à l’avant du convoi depuis 4h du matin. Ainsi, le soleil dépassant la limite du Continent à l’Est, elle put abandonner son poste au garde suivant et passer par les cuisines. Elle arriva à l’endroit où Tibara s’était assoupi avec un grand bol de lait. Elle l’avait remarqué un peu plus tôt en survolant la zone sous sa forme de faucon. A la remarque qu’il souleva en ouvrant les yeux, elle répondit :

« Non, ça c’est juste pour vous. »
Elle-même avait pris de quoi manger et ils déjeunèrent, avant de se séparer pour aller faire leur toilette. Le convoi entier se rendait alors à la rivière, les hommes d’un côté et les femmes de l’autre, pour respecter la pudeur de chacun. Jay’ dévisagea Tibara lorsqu’ils se croisèrent près du cours d’eau, avant de partir chercher Oliana. Celle-ci s’était levée en toute hâte, s’était rendue à la rivière, et en revenait à la vitesse de l’éclair pour retrouver le nouveau venu.
« Tu as perdu ton protégé ?
-Oui, il m’a filé entre les doigts…
-Rattrape-le, il est parti par là »,indiqua-t-il.

Pendant les jours qui suivirent, Emilrya expliqua son rôle au musicien, sous l’étroite surveillance d’Oliana. Elle l’accompagna quand il devait aider à l’installation du camp, à son démontage, aux gardes, aux entrainements (sans jamais se battre contre lui toute fois), aux cours parfois dispensés sur la Magie, le Continent et autres… Elle ne le laissait que lorsque son devoir l’appelait ailleurs. Et un beau jour, elle aperçut de nouveau, à l’Ouest, le pays qu’elle avait quitté depuis déjà plusieurs années. Là s’étendaient les Infranchissables, et plus loin au nord, les montagnes. Au sud les plaines devenaient steppes. Kerdéreth était de nouveau à portée de main. Elle frémit d’expectative, une main sur son sabre, l’autre sur la bride de son cheval.

« Nous allons passer la frontière au nord pour ne pas être vus. »
Ils ne parvinrent à la frontière qu’à la fin de la journée. D’un côté il y avait un bastion de Jasdéràn qui les laissa passer, de l’autres les étendues de Kerdéreth. Une tour de mire se dressait dans les montagnes à quelques kilomètres, qui les repéreraient sans tarder s’ils ne s’enfonçaient pas dans les montagnes. A ce moment, ils étaient encore masqués par quelques frondaisons. Ensuite, ce serait le désert. Ils campèrent au pied des montagnes la nuit, avant de se diriger vers les roches. Le convoi ne tarda pas à être très ralenti. Effrik et Emilrya connaissaient les montagnes, ce qui n’empêchait pas les chemins d’être impraticables. Pour ne rien gâcher, une tempête s’abattit sur eux deux jours plus tard, et il neigea le troisième. Le convoi fut forcé à l’immobilisation la plus totale. On posa le camp.
Dans la soirée, tout le monde se trouvait à table sous une grande tente commune dressée pour l’occasion. On se réchauffait comme on pouvait sous d’épaisses peaux. Oliana ne craignait pas le froid et n’était pas très handicapée. Accompagnée de Jay’, elle montait la garde à l’extérieur. Celui-ci était moins résistant qu’elle. Cela ne l’empêchait pourtant pas de faire son travail. Alors qu’ils surveillaient les environs, des bruits leur parvinrent. Ils se dirigèrent à la source. Là ils trouvèrent, étendu face contre terre, un autre des gardes. La neige autour de lui était tentée de rouge. Il semblait avoir subi de nombreuses morsures, d’une gueule qui ne pouvait qu’être imposante. Des traces de pas s’éloignaient des lieux, petit à petit recouvertes de neige.

« Un loup ?, interrogea la démone.
-C’est bien plus gros. Un loup garou je dirais. Il faut prévenir les autres.
Ils coururent à l’intérieur. Jay’ cria :
-Il y a un loup garou près du camp. Il a tué un de nos hommes.
Emilrya se leva et tira son sabre. Effrik répondit :
-Que chacun vérifie que tout le monde se trouve bien sous la tente. Il faut mettre tout le monde en sécurité. Ensuite, nous nous occuperons de la bête. »

Revenir en haut Aller en bas
 
Contenu sponsorisé,

 

---------------

 

 
MessageSujet: Re: Rebelle malgré lui              
.................................................................................................................................................................................................................................


Revenir en haut Aller en bas
 

Rebelle malgré lui

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Les malgré elles
» Mathilda de Cologne ϟ « Le temps malgré tout a trouvé la solution malgré toi. »
» L'histoire d'une rebelle, perturbée par une vie douloureuse. - Essalia Dreawan.
» Selenore Seeran : Padawan rebelle ou futur sith ?
» Alice Lucy Wilson. ~Être rebelle c'est refuser l'idée que le monde est figé.~ {Terminée}

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Lost Heaven ::  :: L'Oeil du dragon et ses alentours :: L'Oeil du dragon (lac et île)-